dimanche, 08 novembre 2009
Facile à dire!
Ils me disent tous la même chose: prends de la hauteur ma fille! Travaille ton lâcher-prise! (Comme si c'était un planté de bâton!) Même le magazine Psychologies que je ne lis jamais sauf ce mois-ci : je fus, dans un moment de faiblesse, gagnée par l'envie de passer un week-end à légumer! (après 10 jours de vacances, faut bien ça pour se remettre!)
En fait sur la 1ère de couv j'ai été interpellée par ce titre "Que faire de nos émotions" et le test qui va avec "Qu'est-ce qui vous met en colère?". Alors naïvement je me suis dit que c'était une bonne occasion, ludique de surcroit, pour trouver le début de certaines réponses...
J'ai fait le test. Je l'ai fait une première fois mentalement et comme c'était trop compliqué pour moi d'additionner des ronds, des triangles et des losanges ( voui! 10 jours de vacances que j'ai eu juste avant!) j'ai recommencé avec un crayon! Verdict: je ne suis pas en colère contre moi-même (ça aurait pu!) ni même contre les autres (le suspense est à son comble!), je suis en colère contre le monde et la société! Oui m'sieur dame! Rien que ça! Et comme ça ne suffit pas, on m'explique que plein de choses m'"énervent" (ça, je crois que mon entourage proche le sait déjà!) et me "révoltent" (ils savent ça aussi!!!): "la violence envers les faibles, l'injustice (oui! ça je confirme! je suis une vraie môme quand il s'agit de réagir devant une injustice!) et la bêtise sous toutes ses formes".... Ok... jusque là, je suis d'accord, mais qui ne le serait pas?!
Je poursuis et tombe sur ces cinq mots: "Est-ce de l'idéalisme?" Tiens eux aussi ont déniché en moi ce côté Emma Bovary... C'est suspect... Je continue malgré tout, avide de conseils avisés... C'est bien de constater, mais comment agir? Que me préconisent-ils donc?! "Vous voyez la colère comme un outil pour changer le monde." Hum... "Cette colère peut être saine, mais à condition de canaliser très vite son énorme énergie en action pour que le monde change- et non en vociférations internes ou externes." (Les miennes sont plutôt externes!)
"Que faire? (Alléluia! Nous y sommes!) Il faut de tout pour faire un monde! (hum...) Essayez d'accepter la "psychodiversité" chez les êtres humains (comprendre: les cons, les menteurs, les tricheurs, les fouteurs de gueule en tous genres en somme?!) comme vous acceptez la biodiversité dans la nature (je préfère quand même les abeilles aux cons!). Car accepter, ce n'est ni approuver ni se résigner: c'est se préparer à mieux agir, sans débordements ni gesticulations inutiles. En réinvestissant de la colère en motivation et en engagement." Voilà. C'est tout. Je deviens juste intolérante, voire acariâtre, mais ce n'est pas plus grave que ça! Non je ne me résigne pas, je poursuis donc la réflexion...
Que dois-je donc comprendre?... Réinvestir la colère en engagement et en motivation???!!! Cela signifie-t-il que je dois fonder une association contre le foutage de gueule?! (Avis aux intéressés!!!) Mais moi si je ne gueule pas justement, si je me tais, je meurs, je m'éteins, gueuler pour moi est tout simplement une question d'équilibre... Bien sûr que si je gueule tout le temps personne ne m'écoute plus! Mais si ça me fait du bien à moi?! La question serait donc plus: comment je fais pour gueuler efficace?! (peut-être prendre un chapeau de fée pour amplifier la voix???!!!)
En tout cas, parce que quand même je ne suis pas un monstre ( merci de confirmer!), pour ne pas gueuler je recours à une thérapie efficace (à court terme en tout cas!) je lis... Je lis... je lis... et... je lis...
Et là je viens de finir le dernier Delerm qui me laisse un sentiment si confus que j'attends de prendre un peu de hauteur (hahaha!!!) pour vous en parler! Toujours est-il que du coup j'ai envie de lire le Bartleby d'Herman Melville dont le héros semble être un adepte de la résistance passive avec son "I had rather not", qui se traduit soit par "je préfèrerais pas " ou "j'aimerais mieux pas" (les traducteurs ne sont pas tous d'accord!), leitmotiv auquel celui qui a Quelque chose en lui de Bartleby fait référence...
Du coup, j'ai aussi découvert l'existence de la chick lit... mais ça j'en parlerai une fois que j'en aurai lu!
15:52 Ecrit par Rouge dans Cabinet particulier | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : recul, hauteur, lecture, delerm, melville, bartleby, chick lit
vendredi, 06 novembre 2009
Un p'tit coin d'paradis

C’était à l’occasion d’une de ces si belles journées à la sortie de l’hiver, une de celles qui annoncent le printemps. T’en souviens-tu ?
Nous n’en pouvions plus de cette grisaille qui n’en finissait pas. Tu m’avais rejointe pour le week-end et comme à notre habitude nous savourions ces moments-là : nous sortions de sous la couette juste pour boire notre tasse de café. Un peu de musique, et puis nos mots qui se mêlaient au bruit de la pluie sur les carreaux. Et quand enfin l’envie nous prenait, nous sautions dans notre jean et filions à toute allure en direction du lieu convoité. Ainsi il y avait eu nos escapades à la mer, des galeries d’expo, nos virées à Paris, des concerts, de jolis coins… Chaque fois le plaisir était renouvelé, chaque fois l’envie variait, mais toujours nous avions ce désir de faire un truc à deux… tous les deux…
Alors quand ce jour-là nous avons perçu la chaleur du soleil qui cognait au carreau, nous avons été pris subitement du désir ineffable de boire un grand bol d’air. Comme toute envie subite, il y avait une sorte d’urgence dans notre volonté d’accéder au plaisir : dix minutes de voiture grand maximum. Nous avions donc paré au plus pressé : la forêt la plus proche. En même temps, nous ne l’avions encore jamais fréquentée de près, c’était l’occasion rêvée de faire sa connaissance.
Nous stationnâmes le long de la route, et empruntâmes les bords de Seine sans trop savoir où nous allions. Le soleil se reflétait dans l’eau, les bruits de la ville se taisaient peu à peu, seules nos voix répondaient aux premiers chants des oiseaux. Nous marchions dos au soleil pour ne pas être éblouis. Ses rayons nous chauffaient le dos : nous progressions sereinement. Aussi, quand nous devinâmes, à travers les jeunes feuilles des arbres, une vieille masure qui semblait abandonnée, nous ne pûmes nous empêcher de céder à notre curiosité : nous bifurquâmes à gauche en sa direction. Nous nous interrompîmes rapidement : un grillage éventré nous fit hésiter à poursuivre cette entreprise audacieuse. Cette vieille demeure était-elle réellement abandonnée ou bien en avait-elle juste l’air ? Elle était encore belle en dépit des traces du temps : les volets en bois gris manquaient de tomber, les herbes folles dansaient au milieu des broussailles, la nature semblait avoir repris ses droits depuis quelques années déjà.
Et toujours pas âme qui vive.
Nous décidâmes alors de longer ce qu’il restait du grillage pour voir où il nous conduisait. Le silence était profond, nous nous sentions seuls au monde. Seul le crissement de nos pas sur le sol, et de temps en temps nos murmures interrompaient la quiétude environnante. Notre curiosité crut enfin se satisfaire quand nous nous retrouvâmes face à un grand portail en piteux état : mais il était fermé. Une sorte de déception vint gâter cette belle après-midi ensoleillée. Nous avions ce sentiment exécrable qu’au moment où nous nous apprêtions à toucher un trésor réservé à peu d’élus, on nous claquait le couvercle de la boîte sur les doigts. C’était très énervant. Les épaules basses, comme deux mômes à qui on vient de confisquer un nouveau jouet, nous embrassâmes du regard la forêt et cherchâmes sur quel nouveau sentier nous hasarder.
C’est à cet instant qu’une voix au loin nous interpella. Nous pivotâmes instantanément dans sa direction et découvrîmes une vieille femme qui nous faisait signe d’entrer. Le sourire nous dévora le visage, nos regards s’illuminèrent, et main dans la main nous pénétrâmes enfin dans ce lieu improbable. L’aïeule nous accueillit chaleureusement et nous invita à découvrir ce que nous ne pouvions pas voir depuis l’autre côté du grillage. La vue était dégagée et en son centre : la vue d’un lac s’offrait à nous. C’était magnifique. L’endroit avait quelque chose de céleste. Un petit paradis avait jailli au cœur des bois à quelques minutes seulement des rumeurs de la ville. La nature ici était reine. Rien ni personne ne venait perturber son équilibre précaire. Une sorte d’hôtel cinq étoiles pour volatiles désireux de voir du pays avait été aménagé quelques dizaines d’années plus tôt. Une histoire de père en fille. Et les cygnes et autres oies sauvages étaient accaparés par les préparatifs des naissances prochaines : ils fabriquaient leur nid et se battaient pour savoir qui aurait cette année le privilège de s’installer sur l’île plantée au beau milieu, l’endroit le plus stratégique pour mettre à l’abri des prédateurs les petits. Nous nous jurâmes de revenir à la saison des éclosions : notre promesse resta vaine.
Néanmoins, conservé bien à l’abri des regards, cet endroit magique continue sûrement d’accueillir la naissance de jeunes oisons ou autres cygneaux. Et si je ne peux pas l’affirmer, c’est qu’à chaque fois que j’y suis retournée, la grille était fermée et jamais plus aucune vieille femme ne parut au loin ni ne me fit signe de la rejoindre.
A croire que l’accès au paradis est limité à une fois par personne et par vie !
by Rouge pour Kaléidos-Coop
22:55 Ecrit par Rouge dans Cabinet d'histoires | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : oiseaux, paradis, lac, soleil, forêt, nouvelle, histoire, écriture
lundi, 02 novembre 2009
Toute Première Fois
En réponse à un tag de Manu au sujet de LA première fois...
Il ne sera question ni de mes premiers patins à roulette (ils étaient jaunes avec des roulettes rouges et me venaient droit du ciel via les cloches!) ni même de ma première cigarette (fumée au fond d'un parc dans lequel une partie de ma vie s'écrivit bien plus tard...) mais bien de ma première fois...
Bel exercice de style (auquel j'ai tenté de me soumettre avec sincérité et sans pirouettes) qui consiste à te livrer, Ami Lecteur, ce que j'ai de plus intime quand je m'applique, depuis des lustres, à écrire ici tout et n'importe quoi, SAUF ce que j'ai justement de plus intime!
...
Trève de bavardages: Je me lance!
...
La première fois c’est d’abord les mots d’avant. Il y avait deux écoles : celle d’être super amoureuse ou bien celle de ne l’être pas. J’ai opté pour la première.
La première fois c’est ensuite une rencontre, à l’occasion d’un stage BAFA, je n’avais pas mes dix-huit ans… Lui en avait un peu plus… Assurément il était pour moi le plus beau, le plus intelligent, le plus envoûtant, le plus intimidant… Indubitablement, pour lui, j’étais la plus jolie, la plus vive, et la plus gaie avec ce drôle de rire qui l’intimidait mais qui l’attirait… Il nous fallut une semaine pour nous convaincre que nous ne pouvions pas nous quitter ainsi… Il nous fallut quelques semaines supplémentaires pour nous connaître, au sens biblique, cela s’entend.
La première fois, ce sont ces picotements dans le bout des doigts et dans le fond du cœur à l’instant même où nos lèvres se sont approchées l’une de l’autre… La flèche de Cupidon sans aucun doute…
La première fois, c’était l’année du bac… Et je ne l’eus pas cette année-là…
La première fois ce fut l’attente, l’impatience, les coups de fil pour combler le vide et la distance qui nous séparait, les lettres que je déchirais, les jours de la semaine que je comptais…
La première fois, ce sont les cours que j’ai passé à rêver, les longues conversations avec les copines, autour de ce seul sujet de prédilection : lui…
La première fois c’est aussi ce coup de fil de mes parents aux siens : il leur fallait vérifier qu’une autre chambre que la sienne m’accueillerait pour dormir. Sa mère s’empressa de me la montrer sitôt arrivée : je n’y remis jamais les pieds.
La première fois c’est aussi cette image : sa chambre à lui avec (comble du bon goût!) son lit en mezzanine avec un matelas qui gisait à terre.
La première fois ce fut aussi une douleur vive, une tâche de sang, son regard rassurant…
La première fois, ce furent des gestes tendres que seuls deux amoureux peuvent échanger dans leur intimité, ce sont aussi des murmures soufflés dans le creux de l’oreille… De ceux qui n’appartiennent qu’à ceux qui se les sont échangés…
La première fois c’est aussi cette mayonnaise préparée par ma mère le lendemain midi et que je ne pus jamais avaler !
La première fois, c’est un visage, un prénom, un nom, une ville, qui se retrouvent gravés profond dans la mémoire, en lettres vermeil…
La première fois, c’est la première de toutes les autres premières fois, de celles qui comptent, et de celles qui ne comptent pas…
Parce que la première fois, c’est aussi parfois la dernière fois… Alors il y aura d’autres premières fois…
Mais de toutes les fois, la plus déchirante, pour moi, ce ne fut pas une première mais bien une dernière fois, parce que justement je savais qu’elle serait la dernière…
***
Règle du jeu oblige: à mon tour de taguer Ash et El Desdichado puisque Gi l'a été par Oh91! ... Quant à Cloudy elle annonce son départ mais peut-être que, et Lolivier a mis (une nouvelle fois) la clef sous la porte sauf si... Et puis si toi aussi, Lecteur, tu souhaites évoquer ta première fois, mais que tu n'as pas d'espace pour, tu peux le faire dans les commentaires ci-dessous...
14:49 Ecrit par Rouge dans Cabinet particulier | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tag, première fois, blog, journal intime
jeudi, 29 octobre 2009
Bienvenue à Tire-Larigot!
- Ah?!T'es contorsionniste?
-Non! J'suis le bac à légumes!
J'aime pas faire la queue au cinéma... arrrggghhhh! ça m'énerve!... par contre j'aime bien quand il y a la queue devant la porte de la salle d'à côté!
J'aime pas arriver dans une salle déjà pleine... par contre s'il y a deux places au milieu pas loin de l'écran ça me va!
J'aime pas les pubs en général... mais au cinéma j'aime bien parce qu'elles sont souvent inspirées... D'ailleurs souvent j'aime les pubs de parfum, alors quand j'ai vu celle de Jeunet pour Chanel, je me suis dit "Chouette! c'est la pub de Jeunet!" et puis tout de suite après j'ai ajouté "Zut! il y a la Audrey..."
J'aime bien les génériques qui invitent à s'installer dans l'ambiance du film, un peu comme les trois coups au théâtre ramenaient le silence dans la salle, et j'aime encore plus quand le générique, il copie celui des vieux films en noir et blanc américains...
J'aime bien les films qui me font hurler de rire, et j'aime aussi ceux qui me font pleurer... Et je dois avouer que la fille qui hurlait de rire hier soir dans la salle 2, bah c'était moi! Par contre j'aime pas quand, le mec derrière, il hurle de rire aussi fort que moi, mais pas aux mêmes moments, ça me déconcentre!
J'aime bien le cinéma qui fait rêver, j'aime aussi la surenchère du burlesque qui provoque ce gros rire gras qui allège tant... et puis j'aime bien quand ce sont les gentils malins qui clouent le bec des vilains méchants... ça change de la vraie vie, et ça fait du bien...
J'aime les films qui dès le début me disent "Ouvre bien tes yeux et tes oreilles ma fille, il ne faut pas en perdre une miette!": je bois tous les dialogues comme du petit lait, et je grignote l'image comme un petit beurre en commençant par les oreilles... Je ressors de là mon panier qui déborde de plaisirs minuscules...
J'aime les personnages attachants, parfois ils me rappellent des gens que je connais... Et quand cette bande de chiffonniers, façon cour des miracles, accomplit bien des exploits, je pense à un genre hybride entre la BD, l'album pour (grands) enfants et James Bond... Vous ne voyez pas du tout à quoi ça peut ressembler? Alors je ne peux que vous encourager à y aller!
Il y en a des qui diront peut-être que MicMacs à Tire-Larigot c'est du grand n'importe quoi! Bah c'est justement ce pourquoi j'aime ce cinéma...
N.B: Texte écrit d'après "Foutaises" de JP Jeunet, un court-métrage réalisé en 1989 (20 ans déjà!) et forcément je l'ai mis en ligne ci-dessous! Bonne découverte!
09:11 Ecrit par Rouge dans Cabinet noir | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, jeunet, court-métrage, sorties en salle, plaisirs minuscules










