jeudi, 04 février 2010

Des nouvelles du front...

ardoise.jpgJ + 8 = heure du bilan! (pour les résultats faudra attendre approximativement J + 60!)

Une semaine plus tard (donc) difficile de dire ce qui a été le plus rude (parce que vous avez beau cherché: rien ne vous semble aisé depuis).

Est-ce d'affronter le "syndrome de l'étudiant " ou autre "trou noir" qui vous souffle dans le creux de l'oreille tout ce qu'il vous reste à voir... tout ce que vous ne savez pas (et que vous ne saurez sans nul doute jamais!) et tout ce que vous n'aurez plus le temps de faire?

Est-ce ce voyant rouge qui s'est allumé la veille et qui vous a hurlé "stop!" (parce que quoi que vous lisiez plus aucune information ne parvenait à votre cerveau meurtri)?

Sont-ce les nuits de plus en plus courtes, de plus en plus agitées, de moins en moins réparatrices?

Est-ce de mettre le réveil à sonner à 5h45? (rien que ça, c'est une torture!)

Est-ce de vous lever à 5h45? (avouez que le plus difficile est de se lever parce que dès 5h50 ça va déjà moins mal... quoique...)

Est-ce d'affronter cette foule d'automates qui se déverse du train tel un monstre marin dégueulerait une colonie de poissons pilotes? (même pas cadencé, même rythme, même regard absent... un truc super flippant!)

Est-ce la ligne de RER que vous deviez justement prendre et dont la rame s'est retrouvée à être vidée sur ordre de la police? (et la voix dans le micro qui n'articulait pas...)

Est-ce la montée des marches (5 étages) (même pas à Cannes! ni même avec des cannes! oups! pardon! ce sont des séquelles!)  qui vous conduisent vers une salle devenue familière au fil des ans (j'ai compté: je me suis rendue 23 fois à la maison des exams depuis le début de ma carrière, réparties sur huit années! bel aveu d'échecs!!! belle obstination persévérance performance!!! Qui dit mieux?!) (ouais, j'avoue, dit comme ça, c'est flippant!)

Est-ce la cure de désintox accélérée ou l'enfermement sept heures durant? (ou les deux à la fois?!)

Est-ce le fait de se soumettre aux mêmes contraintes le lendemain? (En y repensant: faut quand même une bonne dose d'inconscience!!!)

Ou bien est-ce la trouille de voir sa môme dégouliner les escaliers en hurlant parce qu'elle vient de s'ouvrir le crâne? (ou bien d'avoir ce drôle de réflexe de la remercier d'avoir choisi le soir du deuxième jour, parce que la veille vous auriez pris ça pour un mauvais augure...) (et encore si vous aviez été en état de réagir, parce que ça, ce n'est même pas gagné!)

Alors forcément tout n'est pas si négatif!

Deux jours durant vous avez appartenu à cette France qui se lève tôt (ce qui n'a fait que confirmer que ce n'est pas votre truc!) .

Vous avez retrouvé votre petit café habituel au même endroit (nouveauté de l'année: vous avez pris une table dans l'autre salle).

Et puis vous vous êtes décrassé les méninges (tel était l'objectif initial! à 6% de réussite vous restez lucide!).

Vous avez même réussi l'exploit de sortir contente de vous (facile à dire à J - 60 des résultats!!!!) (c'est pour ça, mieux vaut l'écrire maintenant!) .

Après il y a eu la période "grosses crises de doutes" sur les choix opérés, mais vous abordez désormais la période "j'oublie tout"... même l'idée de vous mettre à préparer l'oral s'éloigne de vous!  Le sommeil revient peu à peu, la fatigue finira sans doute de s'estomper d'ici la fin du week-end (enfin, vous l'espérez! le week-end certes! mais aussi que la fatigue finisse par s'estomper!).

Et ça tombe plutôt bien, parce que des tonnes de copies vous attendent impatiemment... D'ailleurs, vous y retournez... Avec enthousiasme!

Décidément, la prochaine fois que vous serez petite, vous rêverez d'avoir un chien!

dimanche, 17 janvier 2010

Nos amies les bêtes...

I. Définition

    L’agrégative est un genre de mammifère qui présente de nombreux points communs avec l’espèce humaine dont elle est une variante.

Elle a juste décidé, un bon matin, de s’inscrire à un concours pour de bonnes et/ou mauvaises raisons. La bonne est de vouloir aller au bout d’un rêve de gosse à défaut d’avoir la certitude de le réaliser. La mauvaise pourrait se résumer en ce précepte antisarkosiste au possible « Travailler moins pour gagner plus » et réciproquement. De toute évidence l’agrégative n’a cure des dimensions économiques qui l’environnent.  D’ailleurs, elle souhaite avant tout se nourrir intellectuellement.

silence.JPGA propos de nourritures, l’agrégative est carnivore, mais elle se nourrit aussi, à certaines périodes de l’année,  de compléments vitaminiques, de magnésium en comprimés ou bien de chocolat noir sous toutes ses formes. Elle boit aussi plus de thé vert que de coutume. Ce qui  lui cause comme désagrément passager d’aller plus souvent fréquenter les lieux d’aisance. Son sommeil est irrégulier et laisse la place bien souvent à des rêves étranges. Elle affectionne, par ailleurs, tout particulièrement le silence.

L'agrégative est aussi reconnaissable à ses drôles de manies : elle se ronge les ongles (même en public ou devant une comédie!) et passe ses journées à se mordre l'intérieur des joues et des lèvres (pour les oreilles elle attend qu'elles poussent encore un peu), ce qui lui donne, comble de l'élégance et de la bienséance, l'air de faire des grimaces à longueur de temps.

L’agrégative est donc un animal, doté d'au moins deux doigts qui lui permettent de rédiger des notes très égocentriques (celle-ci en est un bon exemple) à des fins peu louables (comme les encouragements espérés secrètement  ci-dessous en commentaires). Ce qui nous conduit à étudier son comportement social.

 

II. Comportement social

     En société, l’agrégative manifeste son caractère particulier de deux manières distinctes.

Elle peut devenir impatiente voire odieuse envers son entourage : elle adopte alors un tempérament capricieux fort difficile à appréhender. Reconnaissons lui la qualité de s’en rendre compte à défaut de pouvoir la féliciter pour tout autre trait de caractère. Elle a tendance à espérer que le monde va se mettre à tourner autour d’elle et force est de constater que sa nature agrégative, elle l’a voulue, personne ne la lui a imposée, et c’est bien de sa propre responsabilité à elle si elle s’est fichue dans de tels draps ! Il est donc tout à fait logique que son entourage ne s’arrête pas de vivre pour les raisons ci-dessus énumérées.

Saluons malgré tout les efforts de ses proches qui serrent les dents en attendant que « ça passe » et qui ne se formalisent pas de toutes ses petites jérémiades incessantes du type « je suis fatiguée », « j’ai mal au crâne » ou encore «  je vais jamais y arriver »…

silence2.jpgElle peut à l’inverse, plutôt que d’exposer au regard des autres son mal-être existentiel et relatif, se cloitrer dans son espace et éviter le regard social. Elle se réfugie alors derrière son blog bureau encombré par des documents, prises de notes et livres en tous genres. Dans ce cas, elle accepte difficilement le bruit et encore moins les jérémiades quand bien même elles viennent de sa propre progéniture. Elle exige alors qu’on veuille bien lui fiche la paix, elle ne souhaite qu’une chose : qu’on l’oublie jusqu’à s’enterrer vivante au milieu des mots d’auteurs morts… Pour peu qu’elle ait le cheveu gras, l’agrégative devient alors exactement l’inverse de ce que l’espèce humaine appelle communément une « femme ».

 

III. Conclusion

     Quand on lui demande les raisons pour lesquelles elle a des cernes, elle ne peut s’empêcher de répondre que l’  « agrég’ » (et non la grég')  approche à grands pas avec le stress qui l’accompagne. Et à celles et ceux qui lui rétorquent qu’elle a bien du courage, elle répond que c’est plutôt de l’inconscience. Parce que s’inscrire à l’agrégation ne requiert qu’une démarche administrative et donc n’illustre en rien une leçon de courage (à moins de prendre en compte les deux jours où il lui faudra se lever bien trop tôt pour attraper un train qui passe à l’heure où elle se lève habituellement et difficilement et composer dans la foulée deux dissertations de sept heures chacune dont la réussite tient à cette p*** de problématique qui est la clef ultime à décrocher !).

Bref, en un mot comme en cent, à l’heure qu’il est, elle se demande bien pourquoi elle s’est inscrite ? Pourquoi elle perd son temps à écrire plutôt qu’à réviser ? Pourquoi elle se montre aussi ingrate ? Pourquoi tout court ?

Parce qu’il faut croire que les rêves de mômes nous rattrapent toujours, et quand il est encore temps… ben faut y aller ! Parce que regretter c’est trop facile ! …

Et pour conclure, citons l’un de ses auteurs favoris (celui-ci est vivant !) : "Allez ma fille ! Sors –toi les doigts du cul et fonce !!!" 

 

***

 

(La prochaine fois, quand je serai petite,

je rêverai d'avoir un chien!)  

 

mercredi, 13 janvier 2010

46 ans du matin...


"J'ai tellement parlé de la mort, que j'ai cru la noyer, la submerger de ma vie, l'emmerder tant et tellement, qu'elle abandonne l'idée même de m'emmener avec elle. J'ai tout essayé, j'ai peint, j'ai hurlé, j'ai pénétré le pays entier. Je lui ai dit c'est pas possible, je suis trop petit pour mourir..."

Mano Solo, "C'est plus pareil".

samedi, 09 janvier 2010

Leçon de vie!

pigeon.gif

- Il va mourir... ça ne sert à rien... J'ai déjà essayé tant de fois, et chaque fois il est mort...

- Oh! S'il-te-plaît?! Laisse-moi essayer à mon tour?!

- Ok et après?!

- S'il meurt, je l'enterrerai dans le jardin et il ne sera pas mort tout seul dans la neige et le froid...

- Mmmm... il doit être plein de parasites! Ne le touche pas avec les mains...

- Ne t'inquiète pas! Je vais l'enrouler dans mon keffieh...

- ...

- S'il- te-plaît?!

- D'accord! Mais c'est toi qui t'en occupes... tu en deviens responsable!

- Promis!... Tu m'aides?!

- Non Mademoiselle! Tu te débrouilles!

(10 minutes plus tard, dans la voiture)

- Il est mort non?!

- Tu crois? Non! Il bouge encore!

- Non je crois qu'il est mort...

- Mouais je crois que tu as raison...

- Ce n'est pas grave, tu as fait ce que tu as pu... Et puis il n'est pas mort tout seul... il était dans tes bras... au chaud... (un sourire) La relève est assurée!

- Comment ça?!

- Je dis juste que la relève est assurée!!!

- Ce qui veut dire?

- Que tu es bien la fille de ta mère... On en fait quoi de ce pigeon?

- Je vais l'enterrer dans le fond du jardin!

(Le sol est gelé, la neige épaisse d'au moins 10 centimètres )

- Tu l'as enterré profond?

- Euh... non!

- Ce sera beau demain! Quand un chat sera passé par là: il y aura plein de plumes grises sur la neige...


Illustration: Respect the pigeons