mercredi, 25 novembre 2009

De la vraie vérité du métier de prof

cafe-1.jpgMercredi matin: grand luxe de la semaine, pas de réveil qui sonne. N'empêche que le rythme hebdomadaire impose malgré tout un réveil  trop matinal. Du coup: se retrancher sur le second luxe de cette journée qui s'annonce et prendre le temps de lire le quotidien avec sa tasse de café sans regarder la montre. Le luxe du mercredi se résume donc en une non activité: celle de ne pas regarder l'heure. Parce que la vie d'un prof c'est un peu celle du crocodile de Peter Pan qui a avalé un réveil et qui se déplace en faisant tictac tout le temps dans sa tête (tant que ce n'est pas toctoc tout va bien me direz-vous!).

Aussi les mercredis et week-end (et les vacances scolaires! soit!) est-il vraiment jouissif de ne pas être interrompu par cette sonnerie qui retentit toutes les heures. Vous étiez en pleine étude de Rimbaud, et voilà qu'après avoir traversé un couloir vous vous retrouvez à évoquer Voltaire. Vous corrigiez un devoir sur table (oui parce que parfois on peut rédiger son devoir sur son lit ou dans sa baignoire!) et hop! sonnerie! vous voilà deux minutes plus tard en train de lire à voix haute et expressive un poème de Baudelaire Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible/ Dont le doigt nous menace et nous dit...  , un conte créole ou encore de faire une tête au carré à l'affreux qui est tellement intelligent mais tellement convaincu du contraire qu'il ne fait plus rien. Vous savez M'dame, j'ai des difficultés, c'est pô d'ma fôte! je redouble! Et vous tentez avec vos pauvres moyens d'adulte, parce qu'adulte (peut-être même vieille?!) il vous voit quoique vous disiez/fassiez!!! Et là vous partez avec un handicap terrible parce que les adultes justement, il n' a plus confiance en eux! Entre ses parents qui ne le sécurisent pas suffisamment, ses profs précédents qui l'ont rabaissé... Ajoutez à ça une petite amie qui vient de le larguer, pour peu qu'un divorce soit dans l'air du temps, ou qu'une grand-mère ait la mauvaise idée d'être en train d'agoniser seule sur un lit d'hôpital... ( et je vous jure que c'est à peine caricaturé!) Vous voyez, vous partez avec un handicap sérieux! Alors vous rusez, vous jouez de stratégies diverses et variées, vous devenez créative en restant le plus possible bienveillante... Et vous voilà à vous improviser Joëlle Mazart alias Véronique Jannot alias Pause Café (tout en restant le crocodile de Peter Pan, cela va de soi!).


 

 

Donc le mercredi ce qui vous réjouit plus que tout est de n'avoir pas cette foutue sonnerie qui sonne (bah voui! une sonnerie sonne, c'est assez logique pour le coup!) toutes les heures: vous pouvez donc en toute sérénité... vous mettre à jour dans votre travail!!!

Vous avez démarré la journée raisonnablement vers 9h. Et deux heures plus tard, vous levez le nez pour vous apercevoir que vous venez d'y passer deux heures quand même! Restent donc quelques copies: deux ou trois heures à prévoir. Et jusque là tout irait bien si vous n'aviez pas plus ou moins décidé de rédiger un devoir vous-même. Sauf que pour ça, en conditions réelles, il faut prévoir sept heures consécutives. Et que si vous maintenez votre décision il vous faudra poursuivre jusqu'au coeur de la nuit. Sauf que demain le réveil sonne de nouveau.

Alors bien sûr, vous pouviez vous dispenser de rédiger cette note futile et déjà votre paquet de copies aurait un peu fondu. Mais justement. Ce que vous supportez difficilement en ce moment c'est ce manque de temps pour la futilité. Même vos week-ends sont sclérosés par ces p*** de copies. Vous vous surprenez alors de rêver d'une vie d'employée de bureau qui rentrerait après sa journée sans rien ramener à la maison. Oui, vous savez, vous détesteriez ce job, n'empêche! Vous rêvez de week-end de 48h passées en famille, à jouer avec les enfants (sans la culpabilité de ne pas être en train de bosser), à vous balader en forêt (sans la culpabilité de ne pas être en train de bosser), à regarder un film sous la couette (sans la culpabilité de ne pas être en train de bosser),  à lire au coin du feu (sans la culpabilité de ne pas être en train de bosser), à écrire des notes futiles (sans la culpabilité de ne pas être en train de bosser),  à faire des trucs de week-end quoi (sans la culpabilité de ne pas être en train de bosser!!!). Au lieu de ça, vous savez déjà que vendredi soir, une trentaine de copies supplémentaires viendront polluer votre temps libre et qu'une fois de plus vous maudirez ce jour où vous priiez pour avoir des copies à corriger, ce qui voulait dire, pour vous, à l'époque,  que vous aviez enfin réussi à décrocher votre CAPES!

Le seul espoir qu'il vous reste désormais (et en même temps vous y croyez de moins en moins) c'est de devenir en plus du Crocodile et de Pause Café, Sophie Marceau dans L'Etudiante et de décrocher cette p*** d'agrég pour bosser moins (illusoire!)  et gagner plus (tu parles!)!

Bref!

Vivement les grandes vacances!

dimanche, 08 novembre 2009

Facile à dire!

Consulter-le-sommaire_imageWidth80.jpgIls me disent tous la même chose: prends de la hauteur ma fille! Travaille ton lâcher-prise! (Comme si c'était un planté de bâton!) Même le magazine Psychologies que je ne lis jamais sauf ce mois-ci : je fus, dans un moment de faiblesse, gagnée par l'envie de passer un week-end à légumer! (après 10 jours de vacances, faut bien ça pour se remettre!)

En fait sur la 1ère de couv j'ai été interpellée par ce titre "Que faire de nos émotions" et le test qui va avec "Qu'est-ce qui vous met en colère?". Alors naïvement je me suis dit que c'était une bonne occasion, ludique de surcroit, pour  trouver le début de certaines réponses...

J'ai fait le test. Je l'ai fait une première fois mentalement et comme c'était trop compliqué pour moi d'additionner des ronds, des triangles et des losanges ( voui! 10 jours de vacances que j'ai eu juste avant!) j'ai recommencé avec un crayon! Verdict: je ne suis pas en colère contre moi-même (ça aurait pu!) ni même contre les autres (le suspense est à son comble!), je suis en colère contre le monde et la société! Oui m'sieur dame! Rien que ça! Et comme ça ne suffit pas, on m'explique que plein de choses m'"énervent" (ça, je crois que mon entourage proche le sait déjà!) et me "révoltent" (ils savent ça aussi!!!): "la violence envers les faibles, l'injustice (oui! ça je confirme! je suis une vraie môme quand il s'agit de réagir devant une injustice!) et la bêtise sous toutes ses formes".... Ok... jusque là, je suis d'accord, mais qui ne le serait pas?!

Je poursuis et tombe sur ces cinq mots: "Est-ce de l'idéalisme?" Tiens eux aussi ont déniché en moi ce côté Emma Bovary... C'est suspect... Je continue malgré tout, avide de conseils avisés... C'est bien de constater, mais comment agir? Que me préconisent-ils donc?! "Vous voyez la colère comme un outil pour changer le monde." Hum... "Cette colère peut être saine, mais à condition de canaliser très vite son énorme énergie en action pour que le monde change- et non en vociférations internes ou externes." (Les miennes sont plutôt externes!)

"Que faire? (Alléluia! Nous y sommes!) Il faut de tout pour faire un monde! (hum...) Essayez d'accepter la "psychodiversité" chez les êtres humains (comprendre: les cons, les menteurs, les tricheurs, les fouteurs de gueule en tous genres en somme?!) comme vous acceptez la biodiversité dans la nature (je préfère quand même les abeilles aux cons!). Car accepter, ce n'est ni approuver ni se résigner: c'est se préparer à mieux agir, sans débordements ni gesticulations inutiles. En réinvestissant de la colère en motivation et en engagement." Voilà. C'est tout. Je deviens juste intolérante, voire acariâtre, mais ce n'est pas plus grave que ça! Non je ne me résigne pas, je poursuis donc la réflexion...  

Que dois-je donc comprendre?... Réinvestir la colère en engagement et en motivation???!!! Cela signifie-t-il que je dois fonder une association contre le foutage de gueule?! (Avis aux intéressés!!!) Mais moi si je ne gueule pas justement, si je me tais, je meurs, je m'éteins, gueuler pour moi est tout simplement une question d'équilibre... Bien sûr que si je gueule tout le temps personne ne m'écoute plus! Mais si ça me fait du bien à moi?! La question serait donc plus: comment je fais pour gueuler efficace?! (peut-être prendre un chapeau de fée pour amplifier la voix???!!!)

En tout cas, parce que quand même je ne suis pas un monstre ( merci de confirmer!), pour ne pas gueuler je recours à une thérapie efficace (à court terme en tout cas!) je lis... Je lis... je lis... et... je lis...

Et là je viens de finir le dernier Delerm qui me laisse un sentiment si confus que j'attends de prendre un peu de hauteur (hahaha!!!) pour vous en parler! Toujours est-il que du coup j'ai envie de lire le Bartleby d'Herman Melville dont le héros semble être un adepte de la résistance passive avec son "I would rather not", qui se traduit soit par "je préfèrerais pas " ou "j'aimerais mieux pas" (les traducteurs ne sont pas tous d'accord!), leitmotiv auquel celui qui a Quelque chose en lui de Bartleby fait référence...

Du coup, j'ai aussi découvert l'existence de la chick lit... mais ça j'en parlerai une fois que j'en aurai lu!

lundi, 02 novembre 2009

Toute Première Fois

En réponse à un tag de Manu au sujet de LA première fois...

 

tag2.JPGIl ne sera question ni de mes premiers patins à roulette (ils étaient jaunes avec des roulettes rouges et me venaient droit du ciel via les cloches!) ni même de ma première cigarette (fumée au fond d'un parc dans lequel une partie de ma vie s'écrivit bien plus tard...) mais bien de ma première fois...

Bel exercice de style (auquel j'ai tenté de me soumettre avec sincérité et sans pirouettes)  qui consiste à te livrer, Ami Lecteur, ce que j'ai de plus intime  quand je  m'applique, depuis des lustres, à écrire ici tout et n'importe quoi, SAUF ce que j'ai justement de plus intime!

...

Trève de bavardages: Je me lance!

...

 

La première fois c’est d’abord les mots d’avant. Il y avait deux écoles : celle d’être super amoureuse ou bien celle de ne l’être pas. J’ai opté pour la première.

La première fois c’est ensuite une rencontre, à l’occasion d’un stage BAFA, je n’avais pas mes dix-huit ans… Lui en avait un peu plus… Assurément il était pour moi le plus beau, le plus intelligent, le plus envoûtant, le plus intimidant… Indubitablement, pour lui, j’étais la plus jolie, la plus vive, et la plus gaie avec ce drôle de rire qui l’intimidait mais qui l’attirait… Il nous fallut une semaine pour nous convaincre que nous ne pouvions pas nous quitter ainsi… Il nous fallut quelques semaines supplémentaires pour nous connaître, au sens biblique, cela s’entend.

La première fois, ce sont ces picotements dans le bout des doigts et dans le fond du cœur à l’instant même où nos lèvres se sont approchées l’une de l’autre… La flèche de Cupidon sans aucun doute…

La première fois, c’était l’année du bac… Et je ne l’eus pas cette année-là…

La première fois ce fut l’attente, l’impatience, les coups de fil pour combler le vide et la distance qui nous séparait, les lettres que je déchirais, les jours de la semaine que je comptais…

La première fois, ce sont les cours que j’ai passé à rêver, les longues conversations avec les copines, autour de ce seul sujet de prédilection : lui…

La première fois c’est aussi ce coup de fil de mes parents aux siens : il leur fallait vérifier qu’une autre chambre que la sienne m’accueillerait pour dormir. Sa mère s’empressa de me la montrer sitôt arrivée : je n’y remis jamais les pieds.

La première fois c’est aussi cette image : sa chambre à lui avec (comble du bon goût!) son lit en mezzanine avec un matelas qui gisait à terre.  

La première fois ce fut aussi une douleur vive, une tâche de sang, son regard rassurant…

La première fois, ce furent des gestes tendres que seuls deux amoureux peuvent échanger dans leur intimité, ce sont aussi des murmures soufflés dans le creux de l’oreille… De ceux qui n’appartiennent qu’à ceux qui se les sont échangés…

La première fois c’est aussi cette mayonnaise préparée par ma mère le lendemain midi et que je ne pus jamais avaler !

La première fois, c’est un visage, un prénom, un nom, une ville, qui se retrouvent gravés profond dans la mémoire, en lettres vermeil…

La première fois, c’est la première de toutes les autres premières fois, de celles qui comptent, et de celles qui ne comptent pas…

Parce que la première fois, c’est aussi parfois la dernière fois… Alors il y aura d’autres premières fois…

 

Mais de toutes les fois, la plus déchirante, pour moi, ce ne fut pas une première  mais bien une dernière fois, parce que justement je savais qu’elle serait la dernière…

 

***

 

Règle du jeu oblige: à mon tour de taguer Ash et El Desdichado puisque Gi l'a été par Oh91! ... Quant à Cloudy elle annonce son départ mais peut-être que, et Lolivier a mis (une nouvelle fois) la clef sous la porte sauf si... Et puis si toi aussi, Lecteur, tu souhaites évoquer ta première fois, mais que tu n'as pas d'espace pour, tu peux le faire dans les commentaires ci-dessous...

mercredi, 30 septembre 2009

Que du bonheur!!!

grippe a.jpgJ’aurais voulu écrire un truc drôle, à la manière d’une musique à contretemps… Vous raconter comment depuis la fin de l’été les uns et les autres se retrouvent à vivre des situations cocasses.

J’aurais pu, pour commencer, parler d’une école où, attendant désespérément l’installation de sèche-mains électriques, après suppression radicale des serviettes en coton qui macéraient dans leur jus pendant une semaine,  vous vous retrouvez à vous essuyer les mains après les avoir scrupuleusement lavées avec du savon…  sur les fesses de votre pantalon (que vous ne pouvez pas empêcher d’avoir trainer un peu partout !) ! Et comment, lorsque vous entrez en classe, vous vous interrogez sur la manière dont cela est perçu par ces trente paires d’yeux qui ne regardent que vous et donc qui ne doivent voir que ça : vos fesses avec vos mains dessinées dessus ! Que du bonheur !

Autre exemple que j’aurais pu citer, toujours emprunté à l’école, celui d’une maîtresse qui accompagne ses petits élèves quatre fois par jour dans le couloir pour qu’ils se badigeonnent les mains de gel hydro- alcoolique mis à disposition par une  municipalité préventive (ou alarmiste ?) devant chaque classe : les enfants bénis gagnent un répit d’un quart d’heure fois quatre, soit une heure par jour, sans pour autant que la maîtresse, bénie elle aussi,  ait trente paires de chaussures à lacer ! Que du bonheur !

Encore un autre ? Celui-ci aussi se déroule dans les toilettes, mais cette fois d’une grande entreprise : à la fin de l’été ont été retirées les portes qui séparaient les toilettes des dames  de celles des hommes ! Plus de porte : plus de poignée! Voici le fruit d’une laborieuse réflexion à la logique implacable ! Les femmes ont désormais vue imprenable sur les pissotières des hommes, voire sur ces messieurs eux-mêmes en train de pisser !  Que du bonheur ! Peut-être s’agit-il aussi d’une stratégie d’entreprise qui veut développer la connivence entre ses salariés ?  Comme j’ai moi-même posé la question, je vous livre d’emblée la réponse : non, les portes des toilettes des femmes n’ont pas été retirées ! Ces messieurs n’ont donc pas la même chance que ces dames ! (Dommage ? Pas si sûre !!!) En tout cas, elles n’ont désormais plus qu’une seule poignée à serrer au lieu de deux ! Quel progrès !

La petite histoire ne dit pas si dans cette entreprise, ou ailleurs, la tendance de l’hiver sera aux manches très longues qui permettent de s’en servir comme gants pour saisir n’importe quelle poignée ou autre instrument  dont la vocation est d’être tenu par des dizaines de mains différentes?! Mais peut-être assisterons- nous, notamment dans le métro, à un défilé de pantins désarticulés dont les bras descendront plus bas que de coutume ? Comme je ne le prends qu’exceptionnellement,  je compte sur vous pour prendre des clichés si vous voyez les manches des pulls pousser !

Voilà, j’aurais voulu écrire un truc drôle, à la manière d’une musique à contretemps… mais toutes ces anecdotes n’ont à mes yeux rien de très amusant… Un nez qui coule, une quinte de toux et tout de suite les regards s’interrogent… Pour la première fois de ma carrière,  il m’a fallu prévenir mes élèves que je tousse depuis que je suis enfant et que je ne suis pas contagieuse…

Et donc non, je ne mettrai pas un masque même si les comédiens de l’Antiquité savaient déclamer à travers les amphithéâtres grecs affublés de cet accessoire. Je ne prétends pas avoir leur talent, et j’imagine d’ici la scène : le prof inaudible devant une classe endormie (dans le meilleur des cas !). Quitte à être ridicule, je préfère encore un nez de clown, et pas seulement parce qu’il est rouge !

Vraiment, nous vivons une époque formidable !

By Rouge pour Kaléidos-Coop

 

mercredi, 16 septembre 2009

Hé! du con!

      éducation.jpg        

   Avant la saison des châtaignes, il y a celle de la rentrée des classes… Selon les années elle joue les prolongations plus ou moins longtemps. Pour certains, même si elle ne date pas encore,  elle est déjà datée : en un seul jour un nouveau calendrier viendra désormais rythmer la vie de la nouvelle année à la manière d’un balancier, calendrier assorti d’un nouvel emploi du temps plus ou moins confortable, auquel s’ajouteront diverses contraintes, des loisirs aux rendez-vous hebdomadaires divers et variés…Pour les autres, cette rentrée, aux conséquences dévastatrices,  se prolongera encore sur quelques semaines pour que leur biorythme tente de s’harmoniser avec la cadence effrénée comme une course contre la montre conjuguée à une épreuve d’endurance…Oh ! Les beaux jours que voici ! Un premier janvier qui tombe quelque part entre l’été et l’automne, avec comme il se doit son lot de nouvelles « bonnes résolutions » qui fusent dans tous les sens… Côté femmes : Je me mets au sport, Je poursuis  mon  régime, Je prends du temps pour moi,  Côté hommes : Je prendrai les enfants plus régulièrement à la sortie des classes, Je rentrerai moins tard du bureau, Je consacre plus de temps à ma famille,  Côté ados : J’arriverai à l’heure en cours, J’obéirai à ma mère, Je travaillerai régulièrement cette année…

Non mon (ma) chéri(e), tu ne travailleras pas, cette année non plus… (Ah ?!)) Mais par contre, tu étudieras (ha…)… Quant à savoir si ce sera régulier, il ne tiendra qu’à toi ! En effet, le travail est lié à la notion de salaire, et quand bien même ton argent de poche ferait office de salaire, quel travail fournis-tu en retour ? Ranger ta chambre ? (Tu parles ! ne peut s’empêcher de rétorquer une voix ironique) Mettre la table ? Débarrasser ? Je ne vois pas de travail ici mais juste une manière de participer à la vie de la maison… Comment ça, je suis injuste? Je ne te demande pas encore de faire les courses, de repasser le linge ou bien de passer la serpillère…quand bien même je te le demanderais, serait-ce un travail vraiment ? C’est un échange de bons procédés, voilà tout ! En tout cas, jamais je n’ai mis dans la balance tes résultats scolaires… Il est loin le temps des carottes qui faisaient avancer les ânes affublés d’un bonnet… De temps en temps, tu essayes bien de me rétorquer que je te fais du chantage… Et j’assume, je reconnais t’en faire parfois… Tu iras à ta soirée si cette semaine se passe bien… Implicitement comprenez  Si tu ne mets pas le feu à la maison, si tu n’as pas poignardé l’un de tes profs, ou bien Si tu n’as pas amoché ta sœur… Et c’est au quotidien que je tente de te forger une éducation. Je t’apprends les mots que l’on dit et ceux que l’on ne dit… Je t’apprends à distinguer les gros mots, les mots d’amour, les mots de la fin et les mots-valises…   Je t’apprends aussi avec qui l’on peut dire ceci et qui cela… Je t’apprends à faire attention à toi, à préserver ton intégrité, à décider de ce qui est bon pour toi, et ce qui ne l’est pas… Je t’apprends à respecter les autres et à te respecter toi-même… tout en essayant de te dire comment me respecter moi (mais ça, c’est un autre débat !). J’use d’armes légales et parfois moins, comme le chantage, je fais comme je peux avec les moyens que j’ai (quand j’en ai), parfois avec incohérence. Je me débats moi-même avec mes conflits intérieurs et malgré tout je t’accompagne sur cette route parsemée d’embûches qu’il m’a fallu jadis surmonter moi-même, avec plus ou moins de succès, avouons-le ! car je suis moi-même le fruit d’une éducation que mes propres parents ont tenté de m’inculquer… Tiens d’ailleurs ?! Y sont-ils parvenus ? Comment puis-je le savoir moi-même ? Comment trier ce qui était bon pour moi de ce qui ne l’était pas ? Peut-être de manière spontanée quand je reproduis certains de leurs discours… et que j’ai l’impression d’interpréter le rôle qu’ils ont eux-mêmes sans doute interprété après l’avoir vu interprété par leurs propres parents… Une sorte d’héritage, au détail près qu’il est si implicite qu’on ne peut pas le refuser ! Il est gravé en nous, et c’est à notre tour de nous démerder ave, (et plus tard ce sera à toi de jouer) ! Une sorte de poison injecté dans mes veines au fur et à mesure de l’enfance… puisque je suis aujourd’hui moi-même formatée selon des valeurs que l’on m’a transmises et que je transmets à mon tour…

Je sais que je me plante parfois,  mais où ? Comment mesurer les bénéfices de cette éducation avec laquelle moi-même je navigue à vue ? J’ai appris les règles de politesse puis celles de grammaire et d’orthographe, j’ai appris mes tables de multiplication (à défaut des tables de la loi), ou encore les grandes dates de l’Histoire. J’ai subi l’épreuve des dictées, des interrogations, le calcul mental, les questionnaires auxquels il me fallait répondre… J’ai su quelles erreurs je commettais, souvent je savais aussi pourquoi je les avais commises… L’oubli d’un cahier dans ma case, celui de la mention de l’interro sur mon agenda, ou bien la faute à une déception qui m’aura contrariée, ou bien à des amours déçues… Comment savoir désormais que l’éducation que je tente de t’insuffler est la bonne ? Pas d’évaluation ni même d’école des parents… Je dois me débrouiller et savoir de manière innée comment agir avec toi ?

Je me souviens d’avoir pataugé quand tu venais de naître… J’entendais autour de moi, de nous… Ah mais tu l’allaites encore ? Tu n’as pas peur qu’elle reste dans tes jupes en grandissant ?  Parfois quelques minutes plus tard : C’est bien d’allaiter longtemps, ça les protège mieux… M’adressant au pédiatre, je finis par oser lui poser la ridicule question : Combien de temps faut-il allaiter ? Tant que vous le souhaitez, avait-il répondu aussitôt ! Oui mais ça, ça fait combien de jours ? de mois ? d’années ? Il me raconta qu’en Afrique on pouvait allaiter plusieurs années pour mettre les enfants à l’abri de la famine… Alors là-bas personne ne trouverait indécent de mettre son enfant au sein alors qu’il a des dents, des cheveux, la parole ? Finalement je tranchai et fis comme bon me semblait… et continuai à tenter d’ignorer les sarcasmes… apprenant du même coup les prémices de l’éducation…

C’est dingue ! En France si tu n’allaites pas tu n’es pas une bonne mère, si tu allaites plus de trois mois tu deviens suspecte… Les années passent, on finit par oublier si tu as allaité ton enfant (ou pas !),  tant qu’il se porte bien, qu’il grandit bien, on te fout la paix… Et c’est au tour de la maîtresse (puis des profs !) de se mêler de son éducation: parfois elle décide même de te convoquer !  Comme ce mot est vilain, une manière de vous dire « Madame, estimez-vous heureuse ! Aujourd’hui c’est moi, mais demain ce sera peut-être la police ! » Et là, vous assistez impuissante à un réquisitoire concernant  la chair de votre chair, votre tout petit que vous revoyez encore au sein (ou au biberon !) : Il s’amuse, Il ne fait rien, Il s’ennuie, Il baye aux corneilles, Il fout le bordel, Il vous faut mieux le tenir/le dresser/l’élever… On ne vous l’a pas dit exactement dans ces termes mais vous avez bien saisi le message… Et vous avez rongé vote frein pour ne pas gifler cet inquisiteur qui pénètre dans votre intimité avec autorité… Les lèvres vous ont brûlé mais vous vous êtes retenue de lui dire qu’il n’a qu’à faire son boulot correctement, que ses cours sont sinistres, qu’on ne maltraite pas les élèves en les traitant de bons à rien,  que le respect doit être mutuel… et que c’est à lui (elle) le (la) prof, oui le(la) prof,  de se remettre en question ! Et non à vous, la mère de cet enfant, qui faites ce que vous pouvez avec les moyens que vous avez (quand vous en avez)…

Et finalement, vous devez admettre, à force de vous remettre ne question, de culpabiliser, de douter de tout,  que ce dont vous êtes sûre, (peut-être est-ce la seule certitude qui vous habite concernant cette putain d’éducation dont vous êtes responsable ?), c’est que l’amour que vous éprouvez pour votre enfant est le seul qui doit guider vos pas maternels… et les siens… Et que ceux qui vous chient dans les bottes, vous les emmerdez !

 

By Rouge pour Kaléidos-Coop

dimanche, 06 septembre 2009

Telle est prise qui croyait prendre...

eastpak.jpgUne connexion internet retrouvée après l'avoir perdue une fois de plus (je déteste les nouvelles technologies qu'on se le dise! enfin surtout l'addiction qu'elle développe en moi!!!) ,

Une rentrée échelonnée plus tard (mardi que les profs, mercredi les grands, jeudi les petits, et vendredi tous en même temps! Tous ensemble! Tous ensemble! Hé! Hé!... Une sorte de répétition générale avant d'attaquer "pour de vrai" demain! ),

Les réunions parents/profs qui se profilent déjà, celles qui consistent surtout à montrer votre tête pour les rassurer ou bien au contraire les entendre dire, juste à travers leur regard:  "Mon Dieu! Mais à qui confions-nous nos enfants???!!! (A ce propos: note pour moi-même: oublier de mettre mes kicker's ces jours-là... ils passent plus de temps à vous donner un âge qu'à vous écouter énumérer vos exigences  lire un passage de Comme un roman de Pennac... hahahaha!!!)

Rien ne saurait vraiment distinguer cette rentrée plutôt que les précédentes...

Au détail près, peut-être, de tous ces nouveaux visages, que vous vous êtes efforcée à détendre, voire faire sourire... comble du bonheur et  véritable encouragement pour la suite! (merci!...)

De toute façon, désormais votre réputation vous précède (le prix à payer de ce qu'on appelle l'expérience?!), vous découvrez derrière des noms déjà connus, des prénoms puis des visages, des regards qui vous rappellent un(e) tel(le) que vous aviez l'an dernier (parfois bien avant!)... Vous vous demandez aussi comment dans la famille Bidulle, ils vont gérer le fait que Madame Rouge enseigne dans la classe du petit ET de la grande (ou vice-versa!)... surtout que l'année dernière, Mademoiselle Bidulle a déjà passé l'année avec Madame Rouge!!!  Alors, si Madame Rouge a les oreilles qui sifflent, elle saura d'où ça vient!!!

Et puis Madame Rouge attaque fort cette année... Lorsqu'elle a déclaré vendredi "Vous prendrez votre agenda pour lundi..." Déjà ça sentait le roussi!... Aussi quand elle a donné la consigne... on s'est tous retrouvés perplexes... Bienvenue en Troisième les gars!

Mais c'était sans compter sur l'une d'entre nous... une discrète qui était attentive mais ne laissait rien transparaître de ses ressentis, ni sourire, ni même regard hostile... juste ce regard qui dit "je t'observe, je t'écoute, j'apprends à te connaître juste à travers ces quelques petites minutes qui nous sont offertes aujourd'hui"... un regard franc et honnête... patient... et cette petite voix à quelques petites secondes de la fin du cours: "Vous le ferez aussi Madame?"

...

"- Euh!... Ce n'était pas prévu mais si tu me le demandes, oui, je peux le faire! 

- Alors je vous le demande!

- Très bien, c'est noté demoiselle! Je le ferai aussi mais je ne passerai pas en premier!"

Sourires de satisfaction et/ou premiers pas vers une relation de confiance... seule la suite nous le dira...

Finalement, cette rentrée 2009 sera elle aussi marquée de sa pierre blanche...

lundi, 24 août 2009

Du fétichisme

Suite à la lecture d'un billet posté par Gi, je me suis retrouvée à faire la malotrue en rebondissant sur un commentaire qui faisait écho au mien que je reproduis ici fidèlement; en effet,  une amorce de dialogue avec Steph s'est  installée et pour ne pas gêner les lecteurs de Gi, je pousse un peu les bouquins, non je ne renverse pas la tasse da café (elle est vide!) et voilà, la place est nette:

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Un billet qui finit de me convaincre que j'aimerais aller là-bas!
Je n'ai pas (encore) lu ce Zweig, mais il sera l'occasion de faire connaissance avec Marie Stuart... Néanmoins, si vous ne les avez pas lus je vous conseille: les troublantes "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme ", la subtilité de "La Confusion des sentiments" et l'inédit "Voyage dans le passé" qui vient seulement d'être publié...
Une note qui évoque à la fois l'Ecosse et Zweig... non je ne regrette pas d'être passée!

Ecrit par : Rouge | 24 août 2009

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Alors là, il vient de m'arriver une petite chose très amusante... j'allais écrire mon petit commentaire quand me vint l'idée de lire celui qui me précédait... quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu'il reprenait les termes presque exacts de ce que je voulais écrire!!! Une ôde à Stefan Zweig!

Cette impression laissée par des objets, je l'ai moi même ressentie ce WE au musée d'art moderne de la ville de Paris devant 2 Modigliani. Bien sûr, il y avait l'image en elle-même, le style magnifique, cette couleur indescriptible des yeux sans pupilles bref, l'art. Mais j'ai été touché aussi par l'objet en lui-même. Me disant qu'il restait peut-etre quelque part une empreinte digitale de ce peintre, que le coup de pinceau, la signature étaient de lui. Que ce tableau, maintenant protégé par des capteurs si tu t'en approches trop, a surement trainé dans des ateliers ou des chambres immondes. C'est toute cette histoire qui m'a ému. Peut-être un peu comme vous devant ce lit....

Ecrit par : Steph | 24 août 2009

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Gi> ça ne se fait pas de rebondir sur un commentaire sur un blog autre que le sien?! non, je crois bien que non... mais tant pis soyons folle je le fais quand même! une fois n'est pas coutume!( Non Gi, rassurez-vous, je n'irai pas jusqu'à quémander une tasse de thé, loin de moi l'idée d'abuser!) j'espère que vous saurez me pardonner...

Steph> c'est drôle dans ce que vous écrivez (oui chez Gi le vouvoiement est de rigueur! et même si je tape l'incruste je respecte les règles de l'hôtesse de maison!!!) parce que j'ai ressenti précisément la même émotion devant deux tableaux de Van Gogh au National Galery de Londres (dont une version des Tournesols)... les couches de peinture épaisses m'ont fait monter les larmes aux yeux... je pensais à ses lettres à Théo... j'ai senti sa présence, j'ai imaginé ses doigts sur la toile... il était là!

Ecrit par : Rouge | 24 août 2009

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Gi> je ne suis pas La Madame de Rotschild du "bien se comporter" dans un blog mais je crois que ça ne se fait pas de rebondir sur le rebondissement sur un commentaire dans un blog autre que celui qui est l'auteur du rebondissement sur un blog qui n'est pas le sien... (on reprends sa respiration... :-) ) mais vous m'aviez gentiment invité à revenir quand je le veux alors je me permets de le faire en espérant que vous saurez me pardonner cet écart

Rouge> cette anecdote que vous racontez me comble d'aise, vraiment. Ce sentiment m'était apparu un peu "fétichiste". Je ne le suis donc pas.... cela me rassure. Après tout, c'est cela qu'on va voir dans un musée. L'original, celui que le peintre a touché!

Ecrit par : Steph | 24 août 2009

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Steph> à moins que nous ne le soyons toutes deux ... "fétichistes"! Allez savoir! (pour en débattre, si vous le souhaitez je vous propose de nous retrouver "chez moi"! il suffit de cliquer sur mon pseudo!)

Gi> non merci douce Gi, je ne mets pas de sucre dans mon thé! hihihi!!!

Ecrit par : Rouge | 24 août 2009

Pour recentrer le débat, il s'agirait donc de savoir si le fait d'être ému(e) (aux larmes) devant une oeuvre originale (en l'occurrence un tableau) relèverait du fétichisme?! Est-ce bien cela Steph?!

 

samedi, 22 août 2009

Je est une autre

Je est une autre. Souvent quand  je regarde ces photos de moi qui date de quand j’étais petite, je me demande ce qu’il reste de l’enfant que j’étais. Facile, me répondra qui me connaît, il te reste tes joues ! Et puis tes yeux, ton regard, ils n’ont pas vraiment changé. Et pourtant je ne peux pas regarder cette petite fille sans mesurer la distance parcourue. Bien sûr qu’elle n’est pas devenue une étrangère, je suis tout de même animée par ce sentiment de l’avoir toujours connue !, mais j’ai beaucoup de mal à me convaincre que je fus ce « moi » là.

Ce sentiment, je le ressens aussi quand je regarde seulement quelques années en arrière. J’identifie certaines constantes essentiellement liées à mes traits de caractère (bien trempé pourrais-je ajouter ?!) mais c’est comme des tranches de vie juxtaposées dans lesquelles j’aurais joué un premier rôle chaque fois différent. Je serais donc chaque fois un peu la même et chaque fois un peu différente… N’est-ce pas cela que nous nommons l’évolution ? Comme ce terme est moche, on a l’impression que je parle de l’évolution de l’espèce, mais en quelque sorte oui, puisqu’il s’agit de mon espèce à (de ?) moi…  

Quand j’étais petite on m’aurait répondu que je grandissais tout simplement mais aujourd’hui comment le dire ? Bien sûr, passé un certain âge, âge auquel nous cessons de grandir d’un point de vue morphologique, nous disons « vieillir »…Or dans notre société ce verbe revêt soit une connotation péjorative, mise en exergue dans cette oxymore ridicule « vieillir jeune » qui traduit une véritable régression sociétale, soit une connotation méliorative, évoquant l’accès à la sagesse tant convoitée…Mais quand je me regarde dans la glace, si je me dis que j’ai vieilli , c’est que je focalise sur l’image que je renvoie, et notamment sur les ridules qui marquent mon front (et ce ne sont pour la plupart que des rides d’expression, puisque j’ai toujours mes joues de petite fille !). Et là je mesure de nouveau la distance entre ce que je suis en dehors de moi et que j’expose au regard d’autrui et ce que je suis au- dedans. Et je me perds sur le chemin parcouru sur ces dizaines d’années (presque quatre en tout !) et je me demande, mais qui suis-je vraiment? Suis-je cellenerval.gif d’aujourd’hui tout en étant celle d’hier ou bien suis-je déjà celle de demain ? Et là, je flirte gentiment avec la schizophrénie à un stade déjà avancé ! Pourtant j’ai beau faire, je ne renie rien de ce que je fus ou ai été, mais je ne suis pas toujours sûre de bien me (re)connaître… "Je suis l'autre" inscrivit Nerval sous son portrait...

 

Aussi lorsque j’entendis le 13 juillet dernier une interview de Marie-Christine Barrault sur RTL, pour la chronique « Parlez-moi d’amour », animée par Alain Duhault, je me dis enfin que je devais être simplement « quelqu’un comme elle »…

« Pour moi, dit-elle, l’amour,  c’est une seule chose dans la vie d’un être humain, enfin en tout cas pour quelqu’un comme moi, c’est un seul mouvement : c’est un peu comme une symphonie ou une sonate, il y a différents mouvements et c’est la même musique qui continue. Et  là où on s’arrête avec un mouvement, c’est là qu’on reprend le mouvement suivant […]. »  Et la vie c’est un peu ça aussi non ?  « une même musique qui continue » à laquelle chaque jour apporterait sa propre note, son propre rythme : des blanches pour les journées qui n’en finissent pas, des demi-croches pour les journées trop remplies… Et puis évidemment il y aurait la gamme qui se jouerait selon les sentiments éprouvés, en clé d’ut pour ma part s’il -vous-plait…   Mais tendons l’oreille, elle poursuit : «  C’est ce qui fait aussi ma fidélité à tous les gens que j’ai aimés. C’est-à-dire que je ne peux pas les oublier ou les faire disparaitre de ma vie ou même de ma mémoire simplement puisque, de toute façon, c’est eux qui m’ont menée là où le suivant m’a pris par la main. Donc il est très très important que je puisse tisser cette toile qui m’a menée jusqu’à aujourd’hui […].  » Serait-ce là la réponse ? Serais-je enfin l’essence même de cette toile tissée par les rencontres que j’ai faites, par les souvenirs que j’ai gardés en mémoire, ou pas, par les sourires que je revois les yeux fermés, par ces phrases que j’ai retenues, par ces promesses (non) tenues… cette toile qui se tisserait subrepticement sur mon visage… ?

 Et là je m’interroge de nouveau…  Comment nommerait-on cet art divinatoire qui consisterait à lire les lignes de nos visages ? La Ridomancie ?!  

 

NB : Pour entendre l’intégrale de la chronique : ici 

jeudi, 20 août 2009

Notule noctambule

Hep, toi là-bas ! Oui, toi ! Non, ne te sauve pas ! Dis- moi toi ?! Oui toi là ! Approche… Tu crois que je ne t’ai pas vu avec tes yeux  posés sur moi comme des abeilles sur le pot de confiture ? 

Tu me déshabilles de ton regard, tu m’observes et me parcours. Certaines fois tu ne fais que m’entrevoir, d’autres tu t’attardes ou tu reviens… Des fois tu vas directement rendre visite à ma voisine et tu m’ignores complètement. De quoi me sentir telle une paire de chaussures dans une vitrine, convoitée par certains et invisible pour d’autres…  

Alors cette fois comme je te tiens, je voudrais que tu restes un peu, que tu me parles, que tu me fasses la conversation… Dis-moi ce qui t’a conduit vers moi ? L’habitude ? Le hasard ? Un intérêt particulier ? Peut-être venais-tu pour quelque chose de précis ? Et dans ce cas, ai-je répondu à ta demande ? Si tu ne me le dis pas, je ne peux pas savoir… Et puis entre nous, pas de manières, il ne manquerait plus que ça ! Tu sais bien que ce que tu me confieras ne sortira pas d’ici…

En plus, je me suis faite présentable pour toi, je me suis faite toute proprette, j’ai même aéré un peu pour que tu puisses te sentir à l’aise… Je n’irais pas dire que je me suis faite belle parce que je sais rester modeste, mais je ne suis pas venue devant toi comme si je sortais de mon lit, toute froissée !

Attention, je ne dis pas que je suis là pour te séduire, non pas que tu ne me plaises pas (en même temps, moi je ne te vois pas !),  mais sache que je suis toute à toi, offerte, libre et disponible… Tu pourrais presque faire de moi ce que tu veux… J’ai dit « presque » !... N’y vois pas de proposition indécente, jamais je n’oserais, je me contente de dire les choses telles qu’elles sont…

Bien sûr, j’embellis un peu, c’est mon défaut majeur ; en même temps, puisque je m’expose, il faut bien que je fasse un effort, non ?  Si j’arrivais devant toi comme au saut du lit, une haleine de poney, échevelée et les impressions des draps sur moi, je sais bien que tu détournerais le regard aussitôt ! Nous manquons d’intimité toi et moi pour partager cela ! Quoique… avec le temps… peut-être arriverai-je un jour devant toi, aussi naturelle qu’une tomate de ton jardin (ah ? tu n’as pas de jardin ? un balcon peut-être ? un rebord de fenêtre ?)…

Je viendrais avec mes mots à moi, sans artifice, mais je ne suis pas sûre de parvenir à faire autrement que de les mettre par ordre alphabétique… Je crois bien que je ne suis pas encore assez grande pour me passer de mon auteure… Par contre toi lecteur, si tu me lis, alors peut-être peux-tu aussi m’écrire….

 

Notule inspirée par le lecture étonnante de mes statistiques!

mercredi, 15 juillet 2009

En bref ou presque!

J'aurais voulu écrire plein de choses, mais je renonce officiellement à le faire dans les détails... Alors en quelques mots souverains qui m'aideront à me souvenir quand je serai si vieille que la mémoire me fera défaut...

Le retour en Terre promise fut salvateur en dépit des températures qui m'obligèrent à "légumer" en compagnie de Fred Vargas (ô le douloureux supplice!) , dont je viens de finir l'excellent Sous les vents de Neptune (il me faudra le relire pour en extraire toutes ces délicieuses expressions québéquoises), après m'être langoureusement égarée Dans les bois éternels (oui je sais, je les ai lus pas dans l'ordre!).

Et puis un mot, très bref (d'où le titre de cette note!ou presque!), sur cette satisfaction, à rebours, d'être allée au-delà de ce dont je me croyais capable , à savoir, gravir les sentiers escarpés du massif de Belledonne, découvir la linaigrette dont j'ignorais l'existence même,  et atteindre son refuge de la Pierre du Carre (ils méritent un coup de pub!) ) l'accueil chaleureux, ses toilettes sèches et sa gastronomie issue de produits montés à dos d'ânes... Exit de ma mémoire, les averses et autre brouillard qui s'accroche aux crêtes... A l'heure d'aujourd'hui n'en reste que le doux souvenir d'un moment hors du temps... Un vrai luxe, par les temps qui courent...

u21.jpgA peine redescendue de ma montagne (pas à cheval!), prendre un virage à 360° (oui je sais! pas logique! mais c'est pour le jeu de mots!) et prendre le plus beau bain de foule de ma vie d'audieuse: U2 au Stade de France, comment dire?...  ça déchire!!! Et quand près de 100000 personnes chantent en choeur, c'est juste magique (et tant pis si je dégouline de sensiblerie, j'assume ça aussi!!!), et du coup, d'une bien autre manière, on redécolle en quittant le plancher des vaches (tarines, cela va de soi!)!

 

 

Et depuis, je suis rentrée...

Et je bosse...

J'apprends de nouveaux mots...

Je vais lire et étudier des auteurs morts,

J'ai même découvert que je serai cette année "agrégative"!

Le mot est un peu fort,

mais comme  je ne suis pas prête de modifier le suffixe,

j'me la pète avec le radical!!!

Du coup, quand je ne suis pas là, silencieuse et lointaine, c'est que je suis en train de souffrir sur toute cette somme de connaissances qu'il me faudra acquérir en un temps record... J'abandonne partiellement le clavier pour un bon vieux stylo, des jolies pages douces et doubles couvertes de lignes bleu transparent (ça s'appelle des copies, je sais!), avec des trous perforés à gauche... et cette fois j'écris en bleu et en noir... ça change du rouge! Je n'ai pas la moindre idée de quand je posterai une nouvelle note, mais parfois je m'octroie ce plaisir délicieux de passer chez vous, juste voir s'il y a de la lumière, à pas feutrés, comme la Josette de Fred Vargas (néanmoins je suis pieds nus sous mon bureau!), et si j'ai un peu plus de temps, je prendrai même le temps de vous lire, et peut-être même (comble du luxe!) de vous laisser un message...!!!

Un regret (et oui! pourtant pas dans ma nature!): l'image de kaléidos-coop est d'enfer et je ne suis pas sûre d'être dans une tournure d'esprit apte à écrire en ce moment...

J'avais 10 ans sur les crêtes, 17 au concert de U2, cet été, et jusqu'à l'hiver, j'en aurai 26, ce sera ma seule consolation!!!

Bien à vous,

Lili Rouge.

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