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vendredi, 18 avril 2008
Bon voyage Monsieur Césaire...
Le soleil le bourreau la poussée des masses la routine de mourir et mon cri de bête blessée et c'est ainsi jusqu'à l'infini des fièvres la formidable écluse de la mort bombardée par mes yeux à moi-même aléoutiens qui de terre de ver cherchent parmi terre et vers tes yeux de chair de soleil comme un négrillon la pièce dans l'eau où ne manque pas de chanter la forêt vierge jaillie du silence de la terre de mes yeux à moi-même aléoutiens et c'est ainsi que le saute-mouton salé des pensées hermaphrodites des appels de jaguars de source d'antilope de savanes cueillies aux branches à travers leur première grande aventure: la cyathée merveilleuse sous laquelle s'effeuille une jolie nymphe parmi le lait des mancenilliers et les accolades des sangsues fraternelles.
Aimé Césaire,
Les armes miraculeuses, 1946 (extrait)
P.S.: Etrange date, quand même, pour passer de l'autre côté du miroir et rejoindre la jolie nymphe effeuillée Monsieur Césaire...
20:49 Publié dans Un petit vers de...?! | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note







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