jeudi, 30 octobre 2008

Invitation personnelle

Ou comment inviter les mots de Dame Gicerilla ici... suite à un jeu de commentaires...

 
 
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samedi, 25 octobre 2008

ELLE - Rencontre titanesque

"Elle pleure des larmes de sang.

Son visage dégouline. Ses mains tentent d'endiguer le flot mais tout poisse son visage et ses yeux brûlent sous le mélange du khôl et du sang qui colle ses cils. Elle avance quasi à tâtons. Lumière entre chiens et loups. Comment a-t-elle fait pour se retrouver au milieu de la forêt ? Sa mémoire vacille comme elle sur ses jambes qui la soutiennent à peine. Une extrême faiblesse l'oblige à s'appuyer aux troncs râpeux que ses mains rencontrent. Autant de cannes géantes pour ne pas tomber. Que fait-elle là, comme enivrée ? Ah, oui ! Elle n'a pas vu la flaque d'eau dans le virage. La lumière déclinante et l'averse torrentielle l'ont occultée à sa vue. Elle se souvient maintenant. Des images neigeuses comme privée d'antenne reviennent en vrac. Ca grésille dans sa tête. L'aqua-planning, ses cris stridents, désespérés, alors qu'elle freine au lieu de décélérer. Il lui avait toujours dit d'utiliser le frein moteur, comme sur le verglas. Elle est partie en spirales, infinies, violentes. Et puis ses cris qui l'assourdissent, sa peur panique, non je ne veux pas mourir, pas maintenant...

La pluie a cessé mais ses vêtements sont détrempés. Et puis ce mal de crâne. Et puis tout ce sang qui coagule sur son visage comme un masque de boue. Vite, trouver quelqu'un. Trouver un chemin. Et puis cette faiblesse constante, les jambes en guimauve, le cœur qui bat trop vite, le souffle qui s'affole dans ses poumons. "Calme-toi, mais calme-toi nom de nom !" Elle s'assoit un instant sur un tronc. Il fait de plus en plus gris et elle doit plisser les yeux pour saisir le peu de lumière qui reste. Des hululements au loin la font sursauter. Son cri a fusé qui l'effraie elle-même. Sa main sur son cœur. A fleur de peau, elle écoute la forêt qui frémit.

Subitement, un craquement. Elle se lève brusquement, se plaque contre le tronc de l'arbre le plus proche, aux aguets comme une biche acculée. Un sanglier ? Oh, non, pas ça ! L'ouïe tendue saisissant le moindre souffle. Ca craque, des pas. Ca avance vers elle. La nuit qui tombe assombrit les alentours. Devant elle l'ombre s'étend. Une silhouette gigantesque englobe dans son ombre les arbres autour d'elle. C'est impossible. Une hallucination. Un homme titanesque vient vers elle à pas lourds. Elle lève la tête pour le voir mais il semble qu'il est bien trop grand et sa tête se perd dans la nuit qui tombe trop tôt.

Il est affreusement velu et sa peau semble noire tant elle est recouverte toute par d'un poil dru. Ses membres sont tordus comme des ceps de vignes et en dépit de leur difformité les muscles sont saillants et puissants. Son visage est inondé de poil et seuls ses yeux étonnamment clairs et enfoncés dans des cavités oculaires dignes de Cro-Magnon éclairent son visage. Il respire en ronflant comme une espèce de chaudière infernale. Elle se plaque plus encore, priant de devenir aussi rugueuse et sombre que l'écorce mais sa peau blanche tranche sur le fond foncé. Elle retient son souffle. Ses yeux glissent du front à son torse gigantesque puis à son ventre suivant la ligne de poils denses qui semble scinder en deux son ventre. Là, un cri d'effroi étouffé, sa main sur sa bouche, ses yeux qui partent en vrille pour ne plus voir. Entre ses cuisses, un sexe immense qui bat la cadence au rythme de ses pas.  Pendule colossal et démesuré dont la vue la tétanise. Il grogne et renifle l'air. Il l'a sentie, il la voit maintenant. Elle en est sûre. Il s'approche d'elle.

Des relents d'eau croupie et de goémon l'accompagnent qui assaillent ses narines. Elle veut courir, fuir mais elle ne voit plus rien et lui semble nyctalope. Il n'est plus qu'à 5 mètres, planté en arrêt devant elle. Un éclat brillant, un reflet sous la lune. Dans sa main droite, une serpe aux reflets bleutés. Une serpe ! Elle se voit morte. Elle ne peut s'empêcher de crier. Son cri ricoche, strident, l'épouvante en vocalise. Il se fige, étonné. Il regarde le ciel, sa tête tourne dans tous les sens. Il porte ses mains à ses oreilles comme incommodé. Elle crie toujours mais son souffle s'épuise et ses cordent vocales se brisent.

Le silence retombe avec le désespoir sur ses épaules. Elle s'écroule au pied de l'arbre alors qu'il s'approche encore et s'accroupit. L'air qui se déplace à ses mouvements est comme une brise violente qui glace l'eau sur sa peau frissonnante. La terre tremble quand ses deux genoux touchent terre. Elle, elle voudrait se terrer comme un animal, disparait sous terre, descendre aux Enfers, tout mais pas ça. Il tend sa main gauche vers elle. De l'index il touche sa tête et elle hurle encore. Il va l'écraser comme un moucheron, c'est sûr, alors elle crie encore plus fort alors qu'elle n'en peut plus. Il arrête et la regarde, agacé. Il fronce les yeux. Quel est cet insecte capable de lui vriller ainsi les tympans ? Il faut en finir. Elle sent le danger. Son bras droit se lève, immense comme une colonne de temple et au bout de sa main la serpe géante. C'est la fin. Il va frapper, elle va mourir. Et la serpe argentée s'abat. Plus rien. Le silence...

Le silence règne. La forêt a cessé de vivre et de vibrer. Le soleil se lève lentement sur un ciel bleu délavé. Plus un nuage ne tache l'horizon. Un mal comme un étau qui lui serre les tempes. Elle ne sait plus où elle est. Le front sur le volant. Elle est dans sa voiture. Le sang collé aux cils, une douleur lancinante dans tout le corps. Où est-elle ? Ah, oui l'accident ! Mais alors, cette nuit... Un cauchemar. Mais oui, c'est ça, son dernier cours de mythologie aux enfants avant de prendre la route. Cronos le titan avec sa serpe qui envoie dans les ondes le sexe de son père. Ce sexe qui éjacula le début de l'humanité. Tout se met en place doucement.

Elle sourit, elle est en vie… "

Gicerilla.

 

PS: Vous feriez une compagne idéale pour les plaisirs polyplumes ma chère Gi...

Avec tous mes remerciements d'avoir joué ce jeu... j'en deviens votre humble servante,

ainsi,

si vous le désirez,

vous pourrez à votre tour me lancer un défi, je serai entièrement vôtre! ;-)

Bien à vous ,

 

Lili

 

 

 

C'est reparti pour un tour!

Quoi de plus logique que la fête des morts pour ressusciter?! Ou comment mettre un terme à une longue pause estivale (surtout que l'été indien, ça semble mal barré pour cette année!) en revenant de plus belle là-bas?!

Donc nous revoilà sur le pied de guerre cherchant pour nous prêter main forte d'autres aventuriers des mots, cascadeurs en émotions fortes, ou autres magiciens jouant des sentiments comme de cartes à jouer... La plupart des textes publiés ici ont écrits par ce biais (rubrique plaisirs polyplumes), et même si l'hôte des lieux recourt à un langage cru et sans détours, vous verrez que si vous l'approchez c'est un gentil, primate certes, mais gentil!!!! N'est-ce pas Ash?! ;-)

Je pense à certain(e)s d'entre vous dont les mots seraient les bienvenus... et puis même si vous n'avez pas de blog, le maître des lieux, je crois, n'est pas très regardant!!!

Donc rendez-vous là-bas dès les 1er novembre... d'un côté ou de l'autre de l'interface! Parce que définitivement plus on est de fous... plus on... prend de plaisir... Et vous le savez, ce qui est pris... n'est pas à rendre!

Sinon: autre plaisir minuscule de saison, le musical et poétique Magique qui offre à Cali son premier rôle au cinéma... un film doux comme un plaid en polaire qui couvre les pieds en ces soirées fraîches automnales... de très belles images à la Tim Burton... Je me suis régalée...

Je retourne à mes lectures suédoises... paradoxalement, elles me nourrissent et me réchauffent de l'intérieur... Pour certains c'est la choucroute, d'autres la luminothérapie ou encore les chaussettes en laine tricotées par maman... A chacun ses plaisirs et/ ou ses manques... Moi je me noie dans les mots des autres, en attendant que les miens surgissent de nouveau...

 

 

Prenez soin de vous,

Au plaisir de vous lire bientôt

Lili

mercredi, 29 octobre 2008

Automne monotone (1)

... ou petit plaisir antidéprime...

En le voyant partout dans les vitrines des libraires, sur les rayons des supermarchés, avec sa grosse couverture de polar noire et rouge... et puis son titre racolleur, je m'suis dit nombre de fois: "Non mon vieux, toi tu n'auras pas l'occasion de fréquenter ma chambre à coucher, n'y pense même pas!" Paraît que c'est mon côté snob, mais j'avoue cultiver un penchant pour les auteurs non vampirisés par les médias... Et puis, un jour, j'vois une collègue qui l'a dans les mains. Sur un ton sans doute presque ironique, je lui demande: "Alors? c'est si bien que ça?" Sans hésiter, elle me répond qu'elle est complètement scotchée au bouquin. On envisage vaguement qu'elle me le prête. Mais ça n'a rien d'urgent. Le week-end arrive. Mon frangin me fait part qu'un bouquin qui l'empêche de dormir: il reste plongé dedans jusqu'à deux heures du matin. C'est lui!

Alors forcément... mil2.jpg

Je cède!

Et j'avoue.

Autant le premier laisse à désirer du point de vue du style. Mais à la limite, on s'en fout! Les personnages et l'histoire se suffisent.

Quant au second, non seulement il est aussi bien mais en plus, on l'attend...  Lisbeth Salander, nous livreras-tu ton secret?!  Et mil1.jpgen plus la traduction est meilleure (et je ne m'en fous pas!) .

La bonne nouvelle c'est qu'il y en a un troisième...

... et qu'il me reste une semaine de vacances!

mil3.jpg

 

& Millenium sera finalement passé par moi aussi!!!

 

Baudelaire

Harmonie du soir

....

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;

Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;

Valse mélancolique et langoureux vertige !

.

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige;

Valse mélancolique et langoureux vertige !

Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,

Un coeur tendre,qui hait le néant vaste et noir !

Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;

Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

 

Un coeur tendre,qui hait le néant vaste et noir,

Du passé lumineux recueille tout vestige!

Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige ...

Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Charles Baudelaire, in Les Fleurs du Mal.

jeudi, 16 octobre 2008

Plaisir minuscule du jour

the1.jpg- Une Pause avec un thé?!

- Bah nan! Y a pas d'T dans pause...

- Dans Sakura non plus d'ailleurs! Et pourtant il est délicieux... avec son arôme fleuri de Malabar pétales de fleurs de cerisier... Symbole de la beauté éphémère de la nature au Japon et étroitement associé aux samouraïs et aux bushi parce que la vie était considérée comme belle et courte, un peu comme une fleur de cerisier. (source Wikipédia)

Un thé épicurien, symbole des guerriers?!... Pas étonnant que je l'apprécie tant!!!

 

mercredi, 15 octobre 2008

Incasable

q Célibataire q Marié(e) q Divorcé(e) q Séparé(e) de fait q Séparé(e) légalement q En couple q Pacsé(e) q Veuf(ve )… ???!!!

Qui suis-je ? Je suis installée sur la table de la cuisine, mâchouillant le capuchon de mon stylo. Rien que le fait de télécharger puis d’imprimer ce formulaire m’ennuyait déjà profondément. Mais alors là, maintenant, debout dans la cuisine, je le contemple et m’interroge. Qui suis-je ? En fait, sur le coup, j’ai rempli mécaniquement : nom, prénom, date de naissance, nouvelle adresse… et j’ai coché tout aussi mécaniquement x Célibataire. Depuis huit mois je paye mon loyer toute seule. Je choisis mon programme tv toute seule. Je ne mange rien aussi parce que toute seule. Je ne m’épile plus, parce que je suis toute seule. Alors forcément, mécaniquement, j’ai coché cette case –là. Et puis seulement après, j’ai vu la seconde case que j’ai cochée : x  Divorcé(e) ! Avec deux enfants à charge c’est plus moral ! Mais, avant d’être  x Divorcé(e), j’étais x  Séparé(e). En tous cas, il me tarde de cocher de nouveau q Marié(e) mais avant je ferais bien un détour par q Pacsé(e) ! Exotisme moderne sauce C.A.F. Mais dans ce cas on dit comment alors ? « Je vous présente mon ami/ mon compagnon/ mon conjoint/ ma moitié d’orange ? » En fait non,  ça ne change rien… qu’on se le dise ! Les mots restent les mêmes… à l’exception près de ceux communément attribués aux époux : ma femme, mon mari… Et encore, aujourd’hui même ceux-là ne sont plus vraiment respectés : ma meuf, mon homme, ma femme…Même à quinze ans, je peux être la femme de… ?!Et surtout, ça ne choque personne ! Cherchez l’erreur ! Je m’égare, ce formulaire est beaucoup plus drôle que je ne l’imaginais. Tiens si je cochais aussi celle-ci q Veuf (ve ) ? Juste pour voir l’effet que ça fait?! Je connais tous les états de la vie à deux, même à une, mais pas celui-ci !  (Note pour plus tard ! Oh ! Quelle horreur ! Vilaine !)

Autre question : si je me mariais de nouveau (on peut toujours y croire ! l’espoir fait vivre non ???!!!), est-ce que je devrai cocher toutes les autres ? Ou bien les pendules sont-elles remises à zéro ?

Toujours est-il qu’en attendant, je suis x Célibataire, avec deux enfants à charge, un loyer à payer et ce formulaire à remplir. J’ai encore la voix de cette hôtesse d’accueil, qui – soit dit en passant- n’en avait que le titre, me disait qu’avec mon salaire, je ne devais pas m’attendre à grand-chose… Encourageante, optimiste et néanmoins garce la fille, non ?! Ils auraient de quoi financer mon aide au logement, si seulement ils cessaient de m’envoyer tous les trimestres cette enveloppe oblitérée avec ce courrier me demandant si le petit dernier est encore en nourrice… J’ai pourtant veillé à le retourner au départ, informant que non, le petit dernier irait à l’école comme les autres enfants de son âge… Trois ans l’âge de la socialisation. Six ans l’âge de l’alphabétisation. Seize ans, l’âge de toutes les passions. Bref… Je m’égare de nouveau… Revenons à nos moutons… Tiens, d’ailleurs des moutons, il y en a plein sous le lit, il faudrait que je fasse du ménage dans cet appartement minuscule et hors de prix…  Ah, ça y est je divague encore… Reste concentrée ma fille ! C’est bientôt fini !

Donc qui suis-je ? Une demandeuse d’allocation, ça se dit ça ? Je suis dans une situation familiale nouvelle tendance encore instable. Et ce formulaire me le rappelle, des fois que mon bol de café du matin pris en tête à tête avec moi-même n’y suffise pas. Une chance me sourit quand même, et pas la moindre. J’ai mes deux anges. Je me suis imaginée la voisine de palier remplir ce satané formulaire. Vieille fille. Le grand amour de sa vie est mort au champ d’honneur avant qu’ils n’aient eu le temps de se marier. Sans enfant. Pas mariée, pas consommé.  Orpheline. Tant qu’à faire. Et toute cette solitude résumée en un seul mot :  x Célibataire?

Au moins en étant x Divorcé(e), je me suis accordée, enfin pas toute seule,  le droit de vivre cette expérience si enrichissante sur moi-même. La vie de couple a ce quelque chose de démesurément ordinaire tout en relevant du miracle. Une sorte de montagnes russes des sentiments. Je t’aime, je te déteste. Je te chéris, tu m’emmerdes. Autant de témoignages divers et variés d’affection, ou presque, avec toutes ses nuances. Une vraie palette des sentiments la vie à deux… Et autant de cases différentes à cocher par la suite sur des formulaires. Et puis, le mariage c’est aussi, et surtout,  une première étape avant la maternité. Enfin bien souvent. Quand on est de la vieille école. Parce qu’il y a aussi celles et ceux qui font d’abord des enfants et qui se marient, ou pas, par la suite. Il y a aussi ceux qui se marient en moins de quinze jours parce que le verdict est tombé. Le cancer de monsieur gagne du terrain, il faut veiller au grain, et surtout au capital.  Et là vous souriez jaune. Un mariage comme ça ne vous fait pas rêver. D’ailleurs, le mariage continue-t-il de faire rêver une fois qu’on l’a connu une fois ? Grande question. Qui nous éloigne de nouveau de ce formulaire à la con. Ah oui au fait ? Qui suis-je ? Madame ou mademoiselle ? Madame ex-Truc ou mademoiselle Bidulle ? Mademoiselle ?! C’est très rock’n roll sur les chéquiers, ou sur les ordonnances du toubib ! Tu te sens plus jeune… comme si tu recommençais ta vie au début… les rides en plus… les capitons aussi ! Dommage ! En même temps, c’est avec beaucoup de tendresse que je l’ai retrouvé ce nom… celui de mon père, de mon arrière-grand-père… Petit morceau de moi avec lequel j’ai plaisir à cohabiter de nouveau, comme si nous ne nous étions jamais quittés... Aujourd’hui, les enfants ont le droit de porter les deux noms : celui de papa et celui de maman. Ils le regretteront amèrement le jour où ils apprendront à l’écrire. Mais, en même temps, comme pour compenser, est venue la mode des prénoms courts. N’empêche qu’au moins,  madame aura la satisfaction de porter la moitié du  nom de ses enfants ! Et tout pareil pour monsieur ! Et toc ! Ca vous aidera à avaler la pilule quand monsieur choisira de repeindre l’appartement que vous vouliez redécorer depuis cinq ans, précisément au moment où vous avez rendu vos clefs. A peine vos cartons emballés, déménagés et déballés. A croire que vous occupiez trop l’espace… Comme quoi vous avez bien fait de partir… Bien sûr, vous vous cherchez toutes sortes de bonnes raisons… sans jamais être vraiment sûre… ça vous mine… Mais beaucoup moins depuis que monsieur s’affiche avec cette fille que vous trouvez vulgaire, et ce, en toute objectivité ! Quant à savoir si elle est aimable ou pas, vous attendrez, pour vous prononcer, l’avis de vos enfants… Bien sûr ça vous irritera au plus profond de vous-même s’ils l’apprécient, s’ils en parlent, s’ils rient avec elle. Elle qui sait si bien s’y prendre avec ses sucettes, ses tours de manège ou ses blagues de carambar. Bien sûr, jamais elle ne haussera la voix, elle restera en retrait, elle aura le beau rôle. Et vous à qui incombe le devoir d’éduquer, de gronder, de punir, de crier, vous vous sentirez moche. Mais vous vous habituerez. Vous êtes souple d’esprit. Si souple d’ailleurs que vous avez coché toutes les cases ! Vous n’avez plus qu’à télécharger un nouveau formulaire et tout recommencer. Mais au fait ? Qui suis-je ? Nom… Prénom… Date de naissance… Adresse… Situation familiale ? « Maman », aujourd’hui c’est mercredi, et je veux juste être « maman » mais il n’y a pas de case prévue pour…  Pas de cases prévues non plus pour les blessures, les cicatrices, les vieilles rancœurs…

Zut avec tout ça la poste va fermer ! Allez file !

« x Je suis partie à la poste. x Je reviens tout de suite !

x Soyez sage !

x Bisous mes amours que j’aime ! »

x signé « Maman » avec un grand M comme dans le verbe « aimer ». 

mardi, 14 octobre 2008

Il n'y a rien d'éternel...

Il est de funestes nouvelles qui nous laissent indifférents...

Et puis il y a les autres...

Des fois on sait bien pourquoi...

Des fois on ne sait pas...

Cette fois je crois que je sais...

Il n'avait que 37 ans... Et à 37 ans on est comme à 10... On a l'avenir devant soi... Des rêves pleins la tête... Des projets même... Un album qui ne verra jamais le jour par exemple...  

Et devant mon café noir du matin, je n'ai pas pu faire autrement que de me dire...  ça pourrait être moi... ça fait flipper...

Piqûre de rappel: La Vie est courte... Profite ma Belle...

Et toi Guillaume... bon voyage de l'autre côté du miroir... tu as certainement des retrouvailles à fêter... pour combler "ces heures, ces jours, ces secondes" qui te tiendront éloigné...

 

Il n'y a rien d'éternel... rien qui ne résiste au temps... et la mémoire est cruelle...

Je voudrais que tu me jures de ne jamais m'oublier...  

jeudi, 09 octobre 2008

Sado-mado (version 2)

Sado-Mado

     J’ai rencontré Marie à la fac, en première année de licence d’histoire. Quand j’ai su son prénom, ça m’a fait sourire. Et puis elle en avait un de joli sourire, Marie. Un sourire généreux qui donnait du baume au cœur, comme un rayon de soleil en plein hiver. Je crois bien que je suis tombé amoureux d’elle tout de suite, mais je ne le savais pas encore. Quand les premiers mois d’automne ont fini de s’écouler, nous appartenions au même cercle d’étudiants. Et le jour où elle m’a dit qu’elle adorait le prénom au charme désuet qui était le mien, j’ai compris que tous les deux on allait pouvoir réécrire l’Histoire à notre manière. Joseph, je m’appelle Joseph. Alors forcément Marie et Joseph ça faisait marrer les copains de fac. Et nous aussi d’ailleurs. C’est elle qui a fait le premier pas, un soir  après les cours. Nous prenions le métro ensemble, elle descendait une station avant moi.  Et ce soir-là,  avant de sortir de la rame, elle s’est tournée vers moi, m’a embrassé et s’est sauvée. Sacrée Marie.  Il a fallu attendre le lundi matin que je la revoie pour qu’à mon tour j’ose me jeter sur elle. C'est avec maladresse et gaucherie que je l’ai embrassée à pleine bouche. Inutile de vous raconter comment ça s’est terminé. Dans les toilettes près de l’amphi. Ce jour-là je devenais un homme, un vrai. Et c’était dans les toilettes des filles ! Joseph et Marie. Le couple de l’année. Nous ne nous quittions plus. Je dormais chez elle. Elle dormait chez moi. Nous révisions  ensemble. Nous formionsune fière équipe. Comble du bonheur, ma mère l’adorait. Quand nous nous retrouvions dans l’intimité, nous échangions sur tout et n’importe quoi. Nous pouvions aussi rester silencieux des heures durant à nous regarder l’un l’autre chacun plongé dans nos bouquins. Et de sa voix douce elle chuchotait parfois « J’adore te regarder, tu as la beauté d’un ange. La beauté du beau mec qui ignore totalement  qu’il l’est. Peut-être ce côté timide et  réservé que tu as… » Et moi forcément j’adorais quand elle me disait des trucs comme ça. Marie, elle savait y faire pour gonfler mon ego à bloc. Alors quand Marie s’est enfuie avec la grande gueule de la promo, je n’ai pas compris. Et mon ego lui, il est rentré dans sa coquille. Six mois que je dors avec l’oreiller imprégné de son odeur. Pas eu le courage de changer les draps. Six mois que je repense presque chaque soir aux toilettes des filles, à tous ces endroits insolites dans lesquels nous avons fait l’amour. Six mois que ma seule compagne pour m’vider les couilles c’est celle que les hommes délicats appellent « la veuve Poignet ». Et pour la première fois, depuis six mois, j’ai envie de connaître de nouveau l’odeur d’une femme, de caresser les courbes d’un corps de femme, d’entendre au réveil le son d’une voix de femme, et ça, ça me rend triste. Marie ne reviendra plus. Ce ne sera plus jamais elle. J’en crève.

Alors Fred, avec qui je partage tout depuis les années lycée, il m’a dit que je ne devais pas m’engluer dans cet état de pseudo- déprime. « Un beau gosse comme toi, t’as pas l’droit » qu’il a dit. Depuis que Marie est partie, c’est lui qui essaye de regonfler mon ego. Mais avec Fred, nous nous connaissons trop bien pour savoir tous les deux qu’il n’a aucune chance d’y parvenir.  Mais il s’obstine le bougre. Au nom de la sacro-sainte amitié qu’il dit aussi. Alors je lui donne l’illusion qu’il y parvient, parfois. Je tente un sourire, une vanne, et je commence à tenir mon rôle à la perfection. Du coup, il me lâche un peu. Et je peux déprimer tranquille, parfois.

C’est comme ça qu’hier il est arrivé à la fac en brandissant un sourire qui lui bouffait le visage. « J’ai un super plan pour demain soir. Une soirée à laquelle je suis invité, et je peux venir avec qui je veux, alors tu viens aussi ! » Aucune option possible pour refuser. Ainsi était-ce décidé. J’ai hoché de la tête pour signifier d’accord. Et je n’ai posé aucune question. Les supers plans de Fred sont toujours des plans foireux. Mais je ne pouvais pas le laisser y aller seul. Il se ferait encore plus chier ! Il a juste ajouté : « Faut y aller bien sapé… » Le comble du subjectif. Je ferai le maximum. Je choisirai parmi les fringues que Marie m’a achetées. Comme ça j'éviterai de flirter avec le mauvais goût !

Fred a passé sa journée excité comme un môme. Il a refusé de m’en dire plus. J’ai continué de m’abstenir à poser des questions. Mais j’avoue que sa bonne humeur m’intriguait quand même un peu. Après les cours, il m’a juste dit : « Je passe te prendre à 21h. Fais-toi belle ! » Marie, elle m’aurait dit que j’étais toujours beau. Mais Fred, ce n’est pas Marie… Alors je me suis contenté de sourire. Je suis rentré, j’ai pris une douche, repassé une chemise blanche, enfilé mon jean le moins usé de tous, ressorti un pull à rayures à col V que Marie m’a offert pour une Saint-Valentin, donné un coup sur mes pompes pour les dépoussiérer, mis un peu de gel sur le bout des doigts pour me « coiffer »… Et puis comme j’étais prêt en avance, j’me suis allongé sur mon lit et j’ai mis de la musique. Forcément quand il est arrivé, ma chemise était toute froissée mais avec le pull par-dessus on u verrait que du feu. J’ai enfilé mon cuir, fermé la porte à clef, mis les clefs dans ma poche. Et je l’ai suivi. Il était garé juste devant l’immeuble. Ca tombait bien, il pleuvait ! Ca commence fort me suis-je dit intérieurement. Mais je n’ai rien dit !

Il a mis la musique à fond, le dernier Dionysos : « Tais-toi mon cœur… » A croire qu’il le faisait exprès… mais là non plus je n’ai rien dit. De toutes façons, il chantait à tue-tête, il ne m’aurait pas entendu !

Et puis au bout de 45 minutes de musique assourdissante, mais débordante d’énergie faut le reconnaître, il s’est garé. Une ruelle sombre. La pluie avait cessé. Une grande porte métallique peinte en noir. Aucune inscription visible. Putain, Fred, c’est quoi ton plan foireux ? Je commençais à avoir les foies mais je souriais. Je le tiens désormais à la perfection mon rôle du mec bien dans sa vie, bien ses pompes. Il a sonné. Il a montré le bout de son nez au videur planqué derrière la petite ouverture dans la porte. J’ai pensé à la patte blanche du loup qui veut rentrer chez le petit cochon, je ne sais pas pourquoi. La porte s’est ouverte. Nous sommes entrés. Bienvenue dans une soirée privée. Il était trop tard pour lui demander comment il avait obtenu ce plan. Les décibels interdisaient toute forme de communication orale. Trop compliqué à demander par gestes. Question reportée à plus tard.

Je le suivais de près, me sentant bizarrement l’ange déchu tombé droit aux enfers… C’est l’effet que ça m’a fait… Des filles (trop) légèrement vêtues… Des mecs qui leur faisaient des regards de braise. Génial. Content d’être là. Merci Fred. Vraiment. Et moi avec mon pull à rayures et ma chemise blanche qui ne faisaient pas raccord. Deux trois verres de vodka plus tard je finirai torse poil. Je sais m’adapter quand je veux ! Et c’est à cet instant que je l’ai vue. De dos. D’abord je n’ai pas compris ce que je voyais. Elle avait un lacet comme celui qui noue le dos des robes de mariées. Sauf que là, le ruban était noir. Et puis elle n’avait pas de robe de mariée. Pas de robe du tout en fait. Discrètement je me suis approché d’elle pour comprendre. Pure curiosité. Des anneaux qui lui rentraient dans la peau faisaient office d’œillets. Comme si un corset lui était brodé à même la peau. C’était… étrange… pas vilain non… mais en fait, le sentiment premier que ça m’inspirait c’était « Putain ça doit faire mal ???!!! » Forcément, c’est à cet instant-là qu’elle s’est retournée vers moi. Un mec planté derrière elle à examiner son dos ne pouvait pas passer longtemps inaperçu. Elle a eu un regard amusé en lisant la douleur dans mon regard. « T'inquiète, m’a t-elle dit, ça ne fait mal que si on y touche et qu’on tire dessus ! » Et elle s’est retournée. Je me suis dirigé vers le bar. Je me suis enfilé deux verres de vodka pour me mettre dans l’ambiance. Mais je ne pouvais détacher mon regard de son dos. Je l’imaginais allongée. Dans quelle position,  cette fille pouvait-elle donc dormir ? Pas sur le dos ?! Inenvisageable. Trop douloureux. Et puis à force de l’imaginer allongée, déjà qu’elle était à moitié nue, j’ai commencé à avoir envie d’elle. Là comme ça. J’ai ressenti un drôle de truc. Une boule dans le ventre. Une dans la gorge aussi. Je n’avais pas eu envie d’une fille depuis le départ de Marie. Alors forcément ça remue. Je me suis approché d’elle. Elle était seule. En train de boire une vodka elle aussi. Elle m’a regardé de son air amusé et m’a demandé mon prénom. Elle a explosé de rire. Mais avant que je n’ai eu le temps de me vexer elle s’est présentée à moi : «  Madeleine, mais tout le monde m’appelle Mado. » Je suis tombé sous le charme de son prénom désuet. Elle avait la beauté de ces filles qui ne savent pas qu’elles sont belles. J’ai alors été pris de l’envie subite de dénouer son ruban avec les dents. Mais comme c’était gonflé, je me suis contenté de l’embrasser dans le cou. Elle s’est laissée faire. Tremblant de désir, j’ai parcouru ses courbes de mon index droit et fébrile… Elle s’est laissée faire… Je l’ai alors embrassée à pleine bouche… Et là, elle m’a pris la main, m’a fait comprendre que je devais la suivre… Nous sommes passés dans un petit salon aux fauteuils de velours rouge… Des rideaux nous isolaient… sans vraiment nous isoler… Mais j’m’en foutais… Madeleine… Je ne voyais qu’elle… Rien d’autre ni personne n’existait à cet instant… Et j’ai pu commencer à dénouer tout doucement, très doucement ce ruban qui m’excitait tellement… J’ai commencé avec les mains et quand le plus délicat fut fait, j’y suis allé avec les dents… Je crois bien que j’ai éjaculé une première fois dans mon boxer tellement j’étais excité… Mais quand enfin ce putain de ruban de velours noir rendit les armes, ce fut à son tour de me déboutonner ma chemise blanche… Et nous baisâmes comme jamais je ne l’avais fait… Assis, debout, à même le sol… Jusqu’à ce que nous n’en puissions plus… Je me sentais revivre du plus profond de mon être… Ô Madeleine… Et quand nous avons jeté un oeil à l’heure, il était près de cinq heures du matin !…

- « Merde ! s’est-elle écriée, j’vais être à la bourre à mon cours ! Faut que je repasse chez moi, me changer !!!»

- «  Etudiante ? », m’enquérrai –je.

- «  Non ! Prof de compta en lycée pro. Je sais ça casse le mythe !...  Faut vraiment que j’y aille. Désolée de me sauver comme une voleuse…  Merde j’ai froid en plus! »

Je lui ai tendu mon pull. Elle a d'abord refusé, et puis elle a fini par accepter quand je lui ai aussi filé mon numéro de portable pour qu’elle puisse me joindre et me le rendre.

Je viens juste de rentrer.

Fred je te déteste.

Ecrit by Rouge.

(Publié la première fois ici le 13 avril 2008

Version revue et corrigée aujourd'hui)

C'est trop d'la balle!

Ils ont applaudi!

Reste à savoir s'ils sont tous juste bien polis?!...

En tous cas, ils n'étaient pas obligés d'applaudir hein???!!!

Chuis trop contente! (et à peine fière!!!)

 

mercredi, 08 octobre 2008

Grand sondage de l'automne!

Est-il envisageable de publier des notes sur un blog en sortant de l'anonymat?

Je me tate et me retate en me posant toujours cette même question: puis-je confier le lien vers ce blog aux personnes qui m'entourent? Sans même savoir la raison profonde qui me retient de le faire? Est-ce la peur de défier leur regard exhibant une part de moi-même qu'ils ignorent? Est-ce la crainte que mes mots ne les touchent pas? Le poids du tabou qui repose sur les "blogs", mode de communication pas tout à fait encore entré dans les moeurs, et en tous cas en marge avec le métier que j'exerce? Ou bien est-ce une façon de préserver ce qu'il me reste de jardin "secret" pas si secret que ça pourtant?

Vous qui connaissez (un peu) les lieux... voyez-vous quoique ce soit dont je pourrais avoir honte?!

Avis modérés s'abstenir. Soyez sans état d'âme!

Merci de votre réponse.

Lili

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