jeudi, 30 avril 2009
Ou comment je me suis prise une gifle...
07:11 Ecrit par Rouge dans Plaisirs audieux | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : soan, mots bleus, musique
mercredi, 29 avril 2009
Du Plaisir d'offrir
C'est arrivé comme ça par hasard (pas totalement, comme toujours). Au détour d'un lien hypermédia qui m'expédie d'un clic sur la planète Deezer (idéale pour réveiller en douceur mes neurones englués encore de sommeil) , je me retrouve à écouter le morceau d'un mec dont, parfois, j'ignorais l'existence même quelques secondes auparavant... La rapidité du voyage et la facilité d'accès à cet espace s'assimilent désormais , et à tort, à une activité routinière et doucement j'en oublie de m'émerveiller sur cet horizon sonore et infini... Sauf quand...
Alors que j'écoute Un Homme bien d'Astonvilla... (Pour faire pareil y a juste à cliquer en- dessous!)
Mon regard tombe sur l'image ci-dessus, immédiatement séduit, par cette chevelure féérique, habitée d'oiseaux de contes de fées... Je sommeille encore un peu, je ne demande qu'à replonger dans un univers onirique, je m'envole dans cette pagaille capillaire... Je ne connais pas l'artiste mais j'adore la pochette de son album... Je vais donc d'un cliquetis supplémentaire mettre une voix sur ces cheveux. Et là... consternation... j'ai beau fouiller, écouter l'intro de plusieurs de ses chansons, rien ne me plait... Je suis déçue... Autant que lorsque je me penche sur une rose épanouie dans le jardin et que je ne sens rien... j'ai beau enfouir mon nez au plus profond de son coeur... rien... Elle ne sent rien. Sa robe est belle, mais elle est sans parfum, sans sensualité, sans personnalité même. Ciel! Une rose insipide, quelle horreur! Je crie à l'hérésie!
Et ici c'est la même chose... Je devinais une princesse des eaux et des forêts... J'espérais, naïvement, qu'elle m'introduise dans sa cour de Palais d'argent, et je me heurte brutalement à une image photoshopée, à la plastique certes très belle mais sans saveur aucune... Sa voix ne m'émeut pas, ses textes ne me touchent pas, seule la photo de sa pochette est magnifique... et ça ne suffit pas...
Je me sens déçue comme l'accro du shopping {Pour quelle Barbie tu risques? Que veux-tu que j'te dise?} qui passe devant une boutique à la vitrine si séduisante qu'elle s'engouffre à l'intérieur prête à dégainer sa carte bleue, sauf qu'il ne s'agit que d'articles de second choix de la saison dernière... et encore, en y regardant bien, il y a peut-être même des articles qui datent de deux ans!...{Si j'avais plein d'argent, Je saurais quoi t'offrir, Je t'offrirais du temps...}
L'enfant qui sommeille en moi préfère décidément le moment où elle déballe le paquet cadeau...{Et je m'accroche au rêve...},
Toujours est-il que ce détour virtuel aura eu la bonne idée de m'émerveiller un peu, de me décevoir beaucoup mais tout ceci en compagnie d'Un Homme bien...
{Qu'est ce que tu veux qu'je dise? Ta gueule..... Je t'aime...}
Ce n'est pas si mal pour commencer la journée!
09:20 Ecrit par Rouge dans Cabinet particulier | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : astonvilla, deezer, musique, sentiment, rose
mardi, 28 avril 2009
Plaisir minuscule et découverte du jour
Rentrer un peu en miettes... après seulement deux jours de reprise... oui et alors?! (Qui s'est donc permis de critiquer dans la salle?!) et découvrir avec plaisir une nouvelle voix (de fille.. ça change...) chez Manu au hasard (improbable) de mes voyages immobiles sur la blogosphère....
Trouver ça chez eux et le poster ici... parce qu'il paraît que tout le monde connaît, mais moi, une fois de plus, j'étais passée à côté...
L'erreur est donc réparée...
A votre tour:
et puis, ce soir dans un autre genre: concert et variations autour d'une viole, accompagnée d'une voix de contre-ténor et d'une danseuse hip-hop qui se retrouvent sur scène... et moi je serai dans la salle! Chouette!
16:55 Ecrit par Rouge dans Plaisirs audieux | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, diving with andy, viole
dimanche, 26 avril 2009
Bach et moi...
Une longue, très longue, très très longue histoire débordante de passion voit le jour...
A mon avis ça va durer au moins jusqu'en... juin! (voire septembre! soyons folle!)
Parce qu'il me faudra bien au moins tout ce temps pour que j'arrive à savoir jouer ça:
Ceci était un petit intermède musical (pas trouvé la version à la viole... et c'est promis juré craché par terre, je ne vous posterai pas la mienne... à moins que vous ne cherchiez à faire déménager vos voisins!!!!)
21:03 Ecrit par Rouge dans Cabinet particulier | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : viole, bach, menuet
vendredi, 24 avril 2009
Banana Spleen (3)
1ère partie ici
2nde partie là
3
Elle s’est mise à me parler à travers la porte. « Voyons mon chéri, tu ne dois pas te mettre dans un état pareil… Tu dois passer au-dessus de tout ça. Elle t’a appelé hein c’est ça ? Et vous vous êtes encore disputés. Vous êtes deux enfants tous les deux. C’est à celui qui aura le dernier mot. A croire que… Non, rien, j’allais dire une bêtise, oublie… Tu pleures ? Dis ? Tu pleures ? Je t’entends pleurer, non ? Sors de là mon chéri… »
J’étais assis là par terre, la tête au dessus de la cuvette des chiottes, les spasmes se calmaient, s’espaçaient doucement, et les larmes coulaient sur mes joues… La voix de ma mère derrière la porte, moi comme un con le cul par terre à chialer comme un môme… J’avais six ans, comme quand mon ami d’enfance m’avait juré les yeux dans les yeux, « J’suis plus ton copain » tout ça parce qu’il voulait que je lui donne le super mécano que ma mère venait de m’offrir pour mon anniversaire ! Et ma mère m’avait retrouvé là, exactement au même endroit, la tête dans les genoux, en train de pleurer toutes les larmes de mon corps. Sauf que le lendemain c’était fini, on était partis faire les quatre cents coups ensemble et c’était reparti comme en quarante. Là, on en est loin ! Trop loin… A des années lumières même !
C’est ça qu’il faut que je te dise Maman… J’ai essayé de le prendre sur un ton rieur ce soir en arrivant, et je me suis étranglé. Je pensais qu’on saurait tous les deux se convaincre mutuellement que c’est une bonne idée. Et je ne t’en ai même pas encore parlé ! Je ne suis pas sûr que tu vas trouver ça très avisé d’ailleurs ! Je t’entends déjà me dire « Alors c’est pour ça que tu pleures ? Parce que tu vas me quitter ? Me laisser là toute seule… Et à qui vais-je faire à manger moi maintenant ? Et ton linge, hein, ton linge, qui va s’en occuper ? J’aimais bien moi laver ton linge, j’étais sûre comme ça que j’allais te revoir très vite ! J’ai si peur pour toi depuis ce fameux jour où j’ai dû envoyer la police te chercher… Comment je vais savoir moi, si tu es loin, comment tu vas ? » Je l’entends déjà me déchirer le cœur, ou plutôt ce qui me fait office de cœur, parce que je crois bien que l’original s’est désintégré dans un gros nuage de fumée, combustion spontanée, pièce à usage unique totalement hors service. Et ça fait un drôle de bruit quand elle me dit ces choses-là… Comme un bruissement de papier journal que l’on chiffonne avant de le jeter au feu… Je n’aime pas te faire souffrir… Tu mérites tellement mieux…
La porte s’ouvre tout doucement, elle passe une tête penchée, un œil, deux yeux, ton sourire m’apparaît… « Allez relève-toi maintenant ! Tu n’as plus six ans ! Et moi je suis une vieille dame maintenant, je ne vais quand même pas m’assoir par terre comme je l’avais fait dans le temps ! Je n’arriverais par à me remettre sur mes pieds. Allez, viens… » Elle me tend la main, elle me sourit, elle est magnifique ma mère, avec ses yeux bleus et son teint pâle. Je me redresse, et niche mon nez dans son cou, elle sent divinement bon. Comment vais-je pouvoir me passer de cette odeur rassurante, de ce sourire apaisant, de ces yeux qui me disent « Tiens toi droit, tu dois garder la tête haute, sois fier de toi mon fils, en toutes circonstances. Mais attention, hein ! Rester digne ne veut pas dire écraser les autres.»
Je vais partir, ai-je lancé brutalement dans un murmure, je vais… partir… Je me cachais toujours dans son cou, je suis sûr qu’elle m’a entendu. J’attends sa réaction, elle n’en a pas. Elle ne s’effondre pas. Rien. Je me redresse et plonge mon regard tendrement dans le sien. Elle acquiesce. Juste de son regard, elle acquiesce. Elle est forte. Un sourire lui échappe. Mon regard devient interrogateur. J’entends le tic tac de la pendule qui résonne dans ce silence solennel. Pas la moindre idée de l’heure qu’il est. Le temps s’est suspendu à ses yeux. « Dans ce cas, je pars avec toi, dit-elle. Je vends la maison, et je te suis, de toutes façons si tu vois les enfants plus souvent, tu auras besoin de temps pour toi, je serai là pour te les garder. Et mes petits enfants ont aussi besoin de voir leur grand-mère de temps en temps, et je suis bien trop vieille pour prendre le train. Donc je pars avec toi. »
Merde, je n’avais pas prévu ça. Prendre les enfants sous le bras, et les emmener loin, ça me paraissait illusoire, périlleux voire même injuste. J’y avais renoncé depuis des lustres. Mais avec ce coup de fil de trop, ces plaintes récurrentes et infondées avaient fait germer en moi une nouvelle certitude teintée d’espoir. Sauf que huit cent bornes, c’est trop loin pour mettre la machine en branle. Je refusais d’admettre l’idée de m’éloigner de toi Maman, je pensais que tu n’aurais jamais quitté cette maison dans laquelle tu m’as vu grandir, dans laquelle tu as passé toute ta vie, avec les affaires de Papa dans son bureau que tu n’as jamais voulu ranger dans des boîtes en carton, comme s’il allait rentrer demain par le dernier vol. Je ne voulais pas t’infliger ce choix-là. Et là, tout à coup, tous les possibles s’offrent de nouveau à moi. Tu me proposes de venir avec moi. Tu verras Maman, je te trouverai une petite maison au bord de la mer. Nous viendrons les enfants et moi te rendre visite chaque week-end, tu nous feras des tartines de confiture à la fraise pour le goûter, et les enfants t’entendront leur dire « Non, je n’ai pas de Nutella dans mes placards, inutile de chercher ! Votre vilaine grand-mère n’achète pas ces cochonneries-là ! » Et tu sortiras, d’un bocal, des bonbons à la violette pour te faire pardonner. Un immense sourire leur bouffera le visage, ils s’enfuiront courir dans le jardin, ou bien nous demanderont d’aller à la plage faire des châteaux de sable… Nous serons heureux, enfin… Heureux et unis… Comme une vraie famille…
Je vais dormir ici ce soir. Je me lèverai tôt pour passer chez moi demain matin me changer. Je vais en profiter pour dire au revoir à tous ces souvenirs. A ma chambre d’adolescent, au bureau de mon père dans lequel je le rejoignais parfois silencieusement avec un livre, juste pour l’épier en train de travailler et profiter de sa présence. La règle était simple : il ne fallait pas parler, mais je pouvais entrer dans son antre à ma guise. Je vais dire au revoir aussi à ce papier peint fané. Et je dormirai d’un sommeil profond, celui de l’enfant insouciant que j’étais. La journée sera longue demain. J’ai des coups de fil à passer.
Tiens au fait ? Tu m’as dit que tu avais des bananes… J’ai un petit creux, j’en mangerais bien une maintenant s’il- te -plait… Merci Maman…
11:24 Ecrit par Rouge dans Cabinet d'histoires | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle, écriture, espoir, récit, enfants
jeudi, 23 avril 2009
De l'insoutenable légèreté de l'être...
Le grand défi de la semaine: être venue à bout de toutes p*** de copies (une grosse centaine) avant de reprendre le chemin des écoliers! Je croyais pourtant avoir grandi mais il faut croire qu'il me manque encore quelques centimètres de caractère pour savoir dire non! Et là, du coup, j'ai dit oui... peut-être...( pour garder une porte entr'ouverte au cas où je faillirais à ma tâche!) Mais comme à chaque fois que je dis oui (même si j'avais ajouté un peut-être!) , je marque un point d'honneur à respecter mes engagements. Donc, je corrige (quand je n'écris pas!), je corrige (quand je ne vais pas me balader!), je corrige (quand je ne joue pas avec mes photos!) et recorrige (non, ça c'est faux parce que je ne pratique pas de double correction! Faudrait quand même pas exagérer non plus!)... et je sature!
Il fait beau. Et j'en suis à me réjouir de n'avoir point arrêter de fumer pour pouvoir profiter ponctuellement de ma marche qui donne sur le jardin. Les pétales du pommier viennent de finir de tomber de l'arbre (alors que j'avais à peine eu le temps de savourer le plaisir de voir le cerisier neiger sur l'herbe tendre).
Je me réjouis aussi de vous lire, de vous découvrir aussi pour certains, et que certains d'entre vous ( qui cherchez peut-être aussi à honorer vos engagements dans le labeur et la souffrance) réagissent... Je me sens terriblement moins abandonnée à mon funeste sort face à ces silencieuses pages trop rarement blanches à mon goût! (oui, je sais cette dernière remarque est d'une futilité féroce, d'où le titre d'ailleurs!)
Alors je continue de me réjouir de n'avoir pas cessé de bloguer, d'en faire presque une boulimie blogosphérique (ça donnerait quoi une indigestion virtuelle?), en me disant que la semaine prochaine, je serai contrainte et forcée de revenir à un usage normal et modéré de ce vaste univers, cette immense commode aux tiroirs escamotés! Alors carpe diem... Je profite, entre deux séances de correction qui m'anesthésient les neurones de pire en pire (oui, je me doute que ça se devine au contenu improbable de cette note), de vos mots, parfois de vos maux aussi... Je réalise que les blogs que je lis se distinguent en deux catégories bien distinctes que je vous laisserai identifier de vous même si vous êtes curieux (ou si vous vous ennuyez, ou bien les deux! soyons fous!)...
Et j'entends déjà la voix du mec qui m'habite depuis dimanche me souffler la suite de son histoire... Incroyable... Mon personnage s'est installé dans ma tête avec un incroyable sans -gêne... Je ne sais pas pour combien de temps il pense rester, mais vous serez sans doute les premiers au courant! J'avais déjà des fantomes pleins les poches, me voici avec un être imaginaire dans la tête! Mon Dieu! Pourquoi ai-je accepté toutes ces copies?! Je deviens folle!!! (de là à ce que je sois l'ex de mon personnage... il n'y a qu'un pas! Sauf que je prends pas les enfants en otage, moi! je les vends pour pièces détachées Pardon c'est une vieille blague... Il ne se reconnaitra pas en plus, puisqu'il ne me lit pas!)
Je vais donc cesser ici ce soliloque qui frise la logorrhée (symptôme probable de l'indigestion virtuelle?!)...
Bien à vous,
Lili Rouge.
PS: Dans cette catégorie Je = "Rouge" (qui n'est pas "moi" >>> cf. rubrique "A propos" pour de plus amples détails!)
17:17 Ecrit par Rouge dans Cabinet particulier | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : soliloque, logorrhée, addiction
Banana Spleen (2)
le début c'est ici
2
« Entre mon fils, entre… , ça c’est la douce voix de ma mère, ça n’a pas l’aller fort ? Tu as une toute petite mine. Tu manges au moins, hein ? Tiens, tu en profiteras pour emporter les restes de ce soir, je crois que j’en ai fait pour un régiment ! » Elle dit ça sur un ton, comme si elle ne l’avait pas fait exprès, mais je sais bien que si. A chaque dois, elle me fait le coup ! Je repars avec des boîtes en plastique pleines des petits plats que je préfère. Je fais semblant de ronchonner, Maman, tu sais bien que je ne suis plus un enfant, je sais me faire à manger, tu sais. Elle répond qu’elle sait, qu’elle sait, mais qu’elle aime bien cuisiner pour moi, elle a l’impression de servir encore à quelque chose. Ô Maman, comme si tu avais besoin de cuisiner pour moi pour être utile. Si tu savais combien tu comptes pour moi, combien tu m’as manqué aussi tout à l’heure, juste avant que je ne t’appelle.
Mais non, je ne te dirai rien, tu as le visage si fatigué aujourd’hui, tu es pâle comme un linge de lin blanc, comme ces draps sur lesquels tu m’installais dans le jardin quand j’étais petit. Comme je suis heureux de te voir, ton sourire me fait du bien, ta voix me réchauffe, pas comme la voix de l’autre conne… Bref, n’y pensons plus. « Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? » ai-je lancé d’une voix faussement enthousiaste, ça sonne faux, je n’y arrive pas, pas avec toi, je ne sais pas jouer la comédie. De toutes façons ça ne sert à rien, tu devines les choses, tu les sens, comme si nous n’avions jamais coupé le cordon ombilical. Et cette voix dure qui me revient de plus belle « Ah ! Ta mère ! Parlons-en de ta mère ! Quand vas-tu enfin lui expliquer que maintenant c’est avec moi que tu vis hein ? Mille fois déjà je t’ai demandé de lui parler, mais tu ne trouves pas les mots, me dis-tu ? Je vais lui parler moi, tu vas voir ! » La dernière fois, j’avais eu droit en prime à ce « Et bien tu vois, finalement, ta mère a gagné ! Elle va t’avoir pour elle toute seule maintenant ! » Après une semaine à l’hôtel, je m’étais résigné, j’étais allé m’installer chez elle. « C’est provisoire, hein Maman, » avais-je insisté.
Le provisoire avait duré six mois, le temps d‘y voir clair, le temps aussi que la procédure se fasse. Je rentrais le soir, à ramasser à la petite cuillère, épuisé, anéanti, vidé, piétiné… Quand j’allais chercher les enfants, je récupérais des sacs avec mes affaires jetées en vrac dedans : des fringues, des livres, des cd… A la fin je ne regardais même plus ce qu’il y avait dedans, je les mettais directement dans le local à poubelle en bas de chez elle. Ce « chez elle » qui avait toujours été notre « chez nous » jusqu’à ce que… Elle avait gardé l’appartement, les enfants, les photos… De notre vie, il ne me restait des fringues, des bouquins, des cds… et les enfants aussi. Un week-end sur deux, drôle de partage. J’ai cru que j’allais en mourir. Et puis, le jour où elle m’a annoncé qu’elle changeait de boulot, qu’elle partait en province, qu’elle refaisait sa vie… c’est comme si une avalanche m’avait emporté. Je n’avais pas de balise sur moi pour qu’on me retrouve. Il suffisait que je me laisse engourdir par la douleur, je m’endormirais, et oublierais de me réveiller. Ce serait plus simple, trop simple. Il est bien plus facile de mourir que de vivre. Et c’était sans compter sur ma mère. Quand elle a vu que je ne répondais pas au téléphone, elle a demandé aux flics de venir vérifier que tout allait bien. Sur le coup, ils avaient refusé, et puis elle avait invoqué sa santé précaire, elle avait pris sa voix douce, ils n’avaient pas pu le lui refuser. Aussi quand ils avaient tambouriné à la porte, je m’étais abstenu de répondre. Mais le voisin leur confia qu’il m’avait vu deux jours avant, que je faisais peine à voir, que j’avais l’air vraiment pas bien.
Alors ils avaient insisté, j’avais fini par ouvrir, pour qu’ils puissent rassurer ma mère, au moins. Elle m’avait alors imposé de revenir chez elle, ce n’était pas une bonne idée de vivre seul, chacun de son côté, ça l’empêchait de veiller sur moi, et moi sur elle. Allez ouste, aucun droit de réponse, tu reviens à la maison, et tu m’obéis, je suis ta mère après tout ! J’étais bien trop las pour lutter, alors je l’ai rejointe. Je pouvais bien le faire pour elle, si je ne le faisais pas pour moi. Je lui expliqué les raisons pour lesquelles je m’étais emmuré vivant. Pfiou, ne t’inquiète pas, avait-elle rétorqué, les enfants vont grandir, et eux sauront faire la part des choses ; dans deux trois ans, tu verras, c’est eux qui t’appelleront pour s’inviter à l’improviste, et puis des vacances scolaires, il y en a tout le temps ! » J’avais alors décidé de l’écouter, et de prendre mon mal en patience, les années se sont écoulées, et rien n’a changé. Rien. Et il y a des jours, je regrette d’avoir ouvert cette porte, j’aurais dû faire simple cette fois-ci…
« Tu as l’air bien absent ce soir, me dit-elle, tu n’as presque rien mangé ! Tu as des soucis ? Je croyais que nous avions quelque chose à fêter ? Par contre comme c’est lundi, la pâtisserie était fermée, mais j’ai acheté des bananes hier matin sur le marché, je sais que tu les adores ! » Je me suis levé, j’ai couru dans la salle de bains et m’y suis enfermé. « Ne t’inquiète pas Maman, j’ai dû choper une saloperie ! » ai-je lancé à son intention à travers la porte…
A fêter ? Quelque chose à fêter ? Finalement je ne suis pas sûr que ce soit le terme exact…
13:10 Ecrit par Rouge dans Cabinet d'histoires | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle, récit, séparation, enfants
Photoblogue moi
Pour soulager ici
(parce que ça part dans tous les sens disons le clairement),
on peut désormais aller là-bas
voir ce que voient
parfois
qui ont eux aussi ont l'avantage d'être deux...
09:31 Ecrit par Rouge dans L'Oeil de Rouge | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : photoblog, photo
Parisienne
Une bien belle récolte que celle d'hier...
Un résumé en images...
1.



07:44 Ecrit par Rouge dans En l'an 9 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : expo, grand palais, théâtre, paris, dali, tag
mardi, 21 avril 2009
Pachidermique
Un titre de note trop imposant pour entrer dans la catégorie "Minuscules"?! Et bien tant pis! Je le fais quand même!
Retour en arrière:
Alors que j'étais en pleine conversation téléphonique, et que machinalement j'allai m'asseoir sur la marche qui donne dans le jardin (sur le jardin? qui descend au jardin?), je le vis en vol stationnaire à vingt centimètres de moi... Je le reconnais immédiatement et ne l'avais pas vu depuis des années et surtout jamais ici (en Ile de France) mais toujours dans mon pays natal (la Savoie).
Je ne peux résister à la tentation de transcrire ici, assez fidèlement je l'espère, la conversation (toutes mes excuses à mon interlocuteur!):
- Oh devine ce que je vois? (je rappelle que je suis au téléphone)
- ... ... ... (le temps que je réalise combien ma question est stupide)
- Tu connais le nom de l'insecte qui a une trompe?
- Euh...? Oui, l'éléphant!
- Mouarffff! (Oh?! j'ai dit fidèlement?! il parait que mon rire fait un bruit de sac de noix que remuerait un écureuil... si ça vous aide!)
- Non, Oh merde ça ne me revient pas! Y en a plein chez ma grand-mère...
- Un papillon? ( un grand merci à mon interlocuteur pour son soutien!)
- Meuh non... Je saurais reconnaître un papillon quand même! Une sorte de bourdon avec une trompe...
- ...?!
- Non je te promets je n'ai rien bu!
- C'est pire alors! Dans le cas contraire, je me serais moins inquiété!
- Bon tant pis, je vais regarder sur google...
- Oui bien sûr, avec "insecte" et "trompe" dans le moteur de recherche? T'as pas fini!
- C'est le premier qui trouve qui a gagné... au pire, j'appellerai ma grand-mère!"
Je vous fais grâce de la suite de la conversation...
Et bien j'ai trouvé!!!...
Entre temps le nom m'est reviendu...
Mais en vérifiant sur google je me suis aperçue que dans ma famille on se trompe de nom depuis des générations! (on appelle ça un hanneton! mais ça n'en est pas un!)
Alors j'ai cherché sur google...
avec "insecte", "trompe" et "butineur"...
en passant par les images
et j'ai trouvé!
C'est un Grand Bombyle de l'ordre des Dyptères!
C'est absolument inoffensif!
Et ça me rappelle mon enfance et la glycine de ma grand-mère!
16:44 Ecrit par Rouge dans Minuscules | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dyptère, bombyle, trompe, insecte, butineur











