jeudi, 29 octobre 2009

Bienvenue à Tire-Larigot!

- Ah?!T'es contorsionniste?

-Non! J'suis le bac à légumes!

19130911_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20090626_070350.jpg     J'aime pas faire la queue au cinéma... arrrggghhhh! ça m'énerve!... par contre j'aime bien quand il y a la queue devant la porte de la salle d'à côté!

J'aime pas arriver dans une salle déjà pleine... par contre s'il y a deux places au milieu pas loin de l'écran ça me va!

J'aime pas les pubs en général... mais au cinéma j'aime bien parce qu'elles sont souvent inspirées... D'ailleurs souvent j'aime les pubs de parfum, alors quand j'ai vu celle de Jeunet pour Chanel, je me suis dit "Chouette! c'est la pub de Jeunet!" et puis tout de suite après j'ai ajouté "Zut! il y a la Audrey..."

J'aime bien les génériques qui invitent à s'installer dans l'ambiance du film, un peu comme les trois coups au théâtre ramenaient le silence dans la salle, et j'aime encore plus quand le générique, il copie celui des vieux films en noir et blanc américains...

J'aime bien les films qui me font hurler de rire, et j'aime aussi ceux qui me font pleurer... Et je dois avouer que la fille qui hurlait de rire hier soir dans la salle 2, bah c'était moi!  Par contre j'aime pas quand, le mec derrière,  il hurle de rire aussi fort que moi, mais pas aux mêmes moments, ça me déconcentre!

J'aime bien le cinéma qui fait rêver, j'aime aussi la surenchère du burlesque qui provoque ce gros rire gras qui allège tant... et puis j'aime bien quand ce sont les gentils malins qui clouent le bec des vilains méchants... ça change de la vraie vie, et ça fait du bien...

J'aime les films qui dès le début me disent "Ouvre bien tes yeux et tes oreilles ma fille, il ne faut pas en perdre une miette!": je bois tous les dialogues comme du petit lait, et je grignote l'image comme un petit beurre en commençant par les oreilles... Je ressors de là mon panier qui déborde de plaisirs minuscules...

J'aime les personnages attachants, parfois ils me rappellent des gens que je connais... Et quand cette bande de chiffonniers, façon cour des miracles, accomplit bien des exploits, je pense à un genre hybride entre la BD, l'album pour (grands) enfants et James Bond... Vous ne voyez pas du tout à quoi ça peut ressembler? Alors je ne peux que vous encourager à y aller!

Il y en a des qui diront peut-être que MicMacs à Tire-Larigot c'est du grand n'importe quoi! Bah c'est justement ce pourquoi j'aime ce cinéma...

N.B: Texte écrit d'après "Foutaises" de JP Jeunet, un court-métrage réalisé en 1989 (20 ans déjà!) et forcément je l'ai mis en ligne ci-dessous! Bonne découverte!

mercredi, 28 octobre 2009

J'ai tant rêvé de toi {Desnos}

             

              J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.

              Est-il encore temps d’atteindre ce corps vivant et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui m’est chère ?

              J’ai tant rêvé de toi que mes bras habitués, en étreignant ton ombre, à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-être.

              Et que, devant l’apparence réelle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des années, je deviendrais une ombre sans doute.

              Ô  balances sentimentales.

              J’ai tant rêvé de toi qu’il n’est plus temps sans doute que je m’éveille. Je dors debout, le corps exposé à toutes les apparences de la vie et de l’amour et toi, la seule qui compte aujourd’hui pour moi, je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres que les premières lèvres et le premier front venus.

              J’ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, couché avec ton fantôme qu’il ne me reste plus peut-être, et pourtant, qu’à être fantôme parmi les fantômes et plus ombre cent fois que l’ombre qui se promène et se promènera  allègrement sur le cadran solaire de ta vie.

Robert Desnos Corps et Biens (1930)

                                                         

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mardi, 27 octobre 2009

En attendant Jeunet

   Avec des "si"

on peut mettre un cachalot

dans une boîte d'allumettes...

   Entre deux silences, un film... Je ne sais pas quelle direction prend ce blog (en fait, je ne me suis jamais vraiment posée la question!) mais il est un fait que je devrais envisager de le faire sponsoriser par une grande salle de cinoche! Quoique?! Après je perdrais toute liberté de parler de quoi je veux quand je veux... alors oublions!

Quand j'évoquais dans la note précédente un film qui n'est pas encore sorti en salles, j'avais pris soin de la voir en avant-première... alors que là je m'apprête à évoquer un film que je n'ai pas vu et qui ne sort que demain! Cherchez l'erreur!

C'est ainsi quand on croise un auteur que l'on suit et que l'on retrouve avec plaisir à la sortie de chacune de ses oeuvres... Je ne suis pourtant pas une spécialiste, ni même une cinéphile... tout juste une amatrice de jolies choses... Et son cinéma à lui déborde toujours de ces jolies choses justement... J'aime la lumière qu'il emploie dans ses images, la musique qui les accompagne et surtout dans ses décors féériques sa collection de personnages tout droit sortis de contes pour enfants...  parfois de contes pour très grands enfants, je vous l'accorde...

18606259_jpg-r_160_214-f_jpg-q_x-20060328_020854.jpgQuand on se souvient de Délicatessen et de l'affreux et pourtant délectable Jean-Claude Dreyfus en boucher-charcutier, des grincements des ressorts du lit qui rythment la vie de cet immeuble à la manière d'un métronome (cf la bande-annonce ici), on se dit que non, décidément, son cinéma n'est pas tout à fait pour les enfants ... Et pourtant il y a cette drôlerie toujours...

Quatre ans plus tard, en 1995, sort d'entre terre et mer, sa formidable Cité des enfants18468835_jpg-r_160_214-f_jpg-q_x-20060105_073225.jpg perdus, co-réalisée avec Marc Caro.

Cette fois l'histoire tourne autour de Krank, interprété par feu Daniel Emilfork,  qui doit, pour ne pas vieillir, voler leurs rêves aux enfants... Pas encore tout à fait tout public même si on s'en approche...

On identifie alors ses acteurs fétiches... Dominique Pinon et Rufus notamment...

69198162_af_jpg-r_160_214-f_jpg-q_x-20020807_085608.jpg2001: c'est l'année du Fabuleux destin d'Amélie Poulain. Bien sûr, on retient le visage d'Audrey Tautou, et son carré court,  toutes ses petites manies passant des ricochets aux framboises enfoncées sur le bout de ses doigts avant de les manger... La musique de Yann Tiersen entendue en boucle jusqu'à m'en donner la nausée... Un des premiers Dvd que j'ai acheté... tellement la valeur était sûre... avant l'indigestion!... Et pourtant mes souvenirs restent imprégnés de poésie tant dans les images que certaines des scènes et notamment celle des endives de Jamel Debbouze, dans le rôle de Lucien...

Et puis trois ans plus tard... Un Long dimanche de fiançailles... 18390889_jpg-r_160_214-f_jpg-q_x-20041103_123108.jpgLe seul regret fut de retrouver en face du séduisant Gaspard Ulliel (Manech) Audrey Tautou (elle ressemble encore trop à Amélie)  dans le rôle d'une Mathilde bien plus valide que dans le roman mais pourtant... et rares sont les adaptations cinématographiques qui apportent quelque chose à l'oeuvre romanesque... Et le récit de Sébastien Japrisot est si complexe dans sa structure que les retours en arrière dans le film mettent en valeur cette histoire d'amour aussi magnifique que les premières images du film réalistes et violentes...

19130911_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20090626_070350.jpgAlors quand s'annonce, demain, la sortie en salle de Micmacs à tire-larigot de Jean-Pierre Jeunet, je sais d'ores et déjà que je ne laisserai pas le soleil se coucher sans avoir pris mon ticket aller vers l'imaginaire de ce monsieur dont le cinéma déborde de poésie, d'humour, de tendresse et de fantaisie un tantinet et délicieusement acide...

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samedi, 24 octobre 2009

Splendeurs et Misères des cours tziganes

19184889_jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20091019_013431.jpgVu Le Concert de Radu Mihaileanu (Train de vie; Vas, vis et deviens) en avant-première hier soir... dans une des 50 salles dans lesquelles était retransmise la projection qui avait lieu au Théâtre du Châtelet...

Et à quoi ça sert une avant-première? Mis à part voir le film avant tout le monde?!

Même si en effet,  ça permet aux plus impatient(e)s de voir le film avant sa sortie nationale (prévue le 4 novembre prochain!), ça permet surtout de participer à sa manière à la promotion du film... Et je me prête volontiers au jeu parce que le film assure grave!

Le Concert, c'est donc, avant tout, un film plein d'allers/retours:

- entre le présent et le passé (à l'époque de Brejnev),

- entre Moscou (il y a de très belles prises sur la Place Rouge) et Paris,

- entre le Bolchoï (quoique romanesque) et le Théâtre du Châtelet...

- entre le rire et les larmes (chouette!)...

- entre le communisme et le capitalisme aussi!

Et puis il y a cette musique omniprésente (notamment celle de Tchaikovsky, mais pas que !), qui participe elle aussi à ces émotions contradictoires que l'on ressent tout au long du film... Certains parlent déjà de film populaire au sens noble du terme, pour ma part je dirai juste que ce film est à voir dès sa sortie (le 4 novembre donc!): les comédiens français  jouent super juste (dans tous les sens du terme!) et ils se mêlent à des stars russes qui assurent grave! vraiment!

Je ne connaissais pas le cinéma de Monsieur Radu Mihaileanu (bah voui! j'avoue!), et très franchement, ce film donne envie de découvrir les précédents...

A voir donc!

mercredi, 21 octobre 2009

Terre brûlée

 « Rien ne pousse sur les terres brûlées ma belle, je me range, c’est toi qui as raison… » Elle poursuivit encore un peu la conversation, avec cette évidente volonté à vérifier au timbre de ma voix qu’elle pouvait me laisser seule,  m’assura de tout son soutien. Je pouvais la joindre à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, je ne devais pas hésiter, ne pas m’enfermer dans le silence. Puis enfin elle raccrocha.

Le silence : il est là, tout autour de moi à présent. Pourtant si je tends l’oreille, j’entends au loin la rumeur citadine : ici un moteur de voiture qui vrombit, là des clameurs, sûrement des enfants qui jouent. J’imagine par delà mes larmes silencieuses leurs sourires, ils me rassurent. Peu importe ce qu’il adviendra de moi, tant que les enfants rient, l’ordre du monde est à peu près en place. Je peux tranquillement m’apitoyer sur mon sort, me recroqueviller sur moi-même, mentir à mes amis et faire semblant d’avoir la voix claire au téléphone. Il parait que cela finit par passer ; il suffit juste d’être patient et d’attendre que le temps fasse son œuvre. Alors j’attends.

Je m’assois par terre sur le carrelage froid et m’appuie sur le mur. Je sais que sinon dans quelques minutes j’aurai mal au dos: et comment me complaire dans ma tristesse si j’ai vraiment mal quelque part ? Or je veux rester concentrée sur mon chagrin. Aujourd’hui c’est décidé je suis la plus malheureuse de la terre. Demain, je serai moins ingrate, c’est promis et je reconnaitrai qu’il y a pire que moi : les enfants qui meurent de faim, les victimes des guerres civiles… Mais aujourd’hui, accordez- moi ce droit, accordez-moi l’exclusivité de la douleur… Le carrelage est vraiment froid, je commence à grelotter, mes dents claquent. Je me lève tout doucement et sens malgré tout mes muscles contractés se rebiffer. Ce corps n’est même plus digne d’être habité. Je devrais le laisser choir par terre informe et vide. Et me tirer de là. Mais je ne suis pas assez courageuse ? inconsciente ? suicidaire…

Je me glisse sous ma couette ; j’ai au préalable pris soin de mettre la boite de mouchoirs en papier sur ma table de nuit. L’expérience de la douleur m’a appris ça : anticiper. Après avoir dû me moucher dans mes draps plusieurs fois, j’ai réalisé que si je pensais à prendre des mouchoirs avec moi avant de me coucher, ça me permettrait de dormir dans des draps plus propres. Ce jour-là fut à marquer d’une pierre blanche ! En même temps, qui est-ce que ça aurait bien pu déranger de dormir dans mes draps pleins de morve ?

Mais, je me suis raisonnée. Il s’agissait aussi de respect de moi-même. Comment me faire respecter, ou bien faire respecter ma douleur, si moi-même je ne suis pas capable de le faire ? Alors depuis, j’ai des stocks de boites de mouchoirs et j’en prends une neuve à chaque fois que je vais me réfugier sous ma couette pour y pleurer au chaud. Le lendemain, un cimetière de mouchoirs usagés me sert de descente de lit. Je les ramasse consciencieusement et les mets à la poubelle : geste symbolique, comme des morceaux de chagrin dont je me débarrasse au fur et à mesure. Jusqu’à ce que ça me reprenne.

Au début c’était tous les jours. Depuis quelques semaines je m’organise pour pleurer les jours où je ne travaille pas. C’est bien plus pratique et beaucoup plus commode. En plus, personne n’assiste plus au spectacle déplorable qu’offrent mes larmes noires de mascara, mes yeux rougis, mes paupières gonflées, mes cernes grises. Je garde désormais tout ça pour moi. J’ai dressé mon chagrin, bientôt je l’aurai même apprivoisé et je vivrai avec lui comme s’il était un petit animal familier.

Et puis un jour viendra qu’il mourra, comme un vieux chien devenu sourd ; la maison sera vide, et je choisirai, ou pas, de le remplacer par un chagrin tout neuf. Mais pour ça, il me faudra d’abord ouvrir de nouveau mon cœur, et accepter que sur cette terre brûlée des brins d’herbe poussent et recouvrent mes plaies et mes cicatrices…

By Rouge pour Kaléidos-Coop

Heureux habitants de l'Isère


podcast
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Parce que:
1) Ca vous débouchera les oreilles
2) Ca va être un chouette concert
3) Yaura des nouveaux titres totalement inédits, et ce, dès l'intro !
4) Yaura aussi des anciens titres qu'on a pas joués depuis très longtemps
5) Les réservations avancent bien, à ce train là ce sera complet vendredi
dixit, Simon de Chair Chant Corps...
Pour une fois que ce sont les provinciaux qui sont privilégiés!!! Profitez!!!

dimanche, 18 octobre 2009

Coup de coeur du soir

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Affronter une connexion capricieuse qui n'a de cesse de me faire perdre patience: depuis deux jours, fermer toutes les fenêtres de rage en attendant un "plus tard" meilleur qui tarde à s'annoncer... Râler derrière l'écran, faire frétiller la souris dans tous les sens comme si cette agitation pouvait agir sur cette lenteur exaspérante...

Se souvenir, avec bienveillance,  que je suis une littéraire: rien de rationnel ne commande jamais mes actes qui deviennent des plus insensés... Je ronge mon frein, clique sur le lien, pars vite et reviens le plus tard possible.

Et là de deux choses l'une: la fenêtre est enfin ouverte (ô bénédiction divine!) , et je tente de surfer sur la vague internautique, ou bien un message d'erreur s'affiche (ô malédiction divine!), et je jure alors par tous les diables...

Et puis cette accalmie (dont je profite à l'instant!): tenter le tout pour le tout et partager en direct cette découverte du soir... Vous expliquer comment je suis arrivée à elle n'apporterait rien de plus (je vous parlerais à nouveau de Rimbaud puisqu'elle a publié un album (Le Rimbaud) qui illustre certains de ses poèmes: j'avais prévenu, ça n'intéresse personne!sauf toi peut-être et accessoirement moi, c'est vrai... )

Je n'ai pas retrouvé le dessin que je cherchais mais j'ai découvert son site (http://www.chloepoizat.com/) (forcément la fonction du lien hypertexte ne veut pas fonctionner!) et elle s'appelle du doux nom de Chloé Poizat... !!!

ps: si j'arrive à publier cette note, je vais de ce pas allumer un cierge!!!

  

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mercredi, 14 octobre 2009

Question du jour: Rimbaud était-il un slameur?!

Poème à lire à voix haute avant de répondre à cette question!

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Le coeur volé

Mon triste coeur bave à la poupe,
Mon coeur couvert de caporal :
Ils y lancent des jets de soupe,
Mon triste coeur bave à la poupe :
Sous les quolibets de la troupe
Qui pousse un rire général,
Mon triste coeur bave à la poupe,
Mon coeur couvert de caporal !

Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs quolibets l'ont dépravé !
Au gouvernail on voit des fresques
Ithyphalliques et pioupiesques.
Ô flots abracadabrantesques,
Prenez mon coeur, qu'il soit lavé !
Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs quolibets l'ont dépravé !

Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô coeur volé ?
Ce seront des hoquets bachiques
Quand ils auront tari leurs chiques :
J'aurai des sursauts stomachiques,
Moi, si mon coeur est ravalé :
Quand ils auront tari leurs chiques
Comment agir, ô coeur volé ?

Arthur Rimbaud.

mercredi, 07 octobre 2009

La Belle Bio

6h45 : le réveil sonne. Je prends le temps d’émerger doucement, j’ouvre un œil, puis deux. Je regarde l’heure inscrite en rouge sur le mur. Je me lève, et m’avance près de la fenêtre pour l’ouvrir à son tour. J’ai lu un article qui expliquait que parfois la pollution est pire à l’intérieur qu’à l’extérieur. Dans le doute, j’aère.

 

6h50 : je sors dans le jardin et m’enferme quelques secondes dans les toilettes sèches que je viens d’installer. Il fait froid, il fait noir, mais c’est bio.

 

cafe-1.jpg6h55 : j’entre, je suis gelée. J’enclenche le bouton de la cafetière. Je viens de changer de marque de café : j’aimais bien celui que je buvais avant, mais il n’était pas équitable.

 

7h05 : je me presse une orange. Je l’ai payée une fortune, normal : c’est une bio.

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7h15 : j’entre dans la salle de bains. Il n’y a plus de flacons multicolores qui trainent dans tous les coins. J’ai tout jeté. Il ne reste qu’un savon d’Alep. Je m’applique à bien couper l’eau quand je ne m’en sers pas, ça fait un peu froid.

 

7h30 : je branche le sèche-cheveux et bascule ma tête loin en avant. Je me relève, je ne ressemble à rien. Il faudra que je m’achète du gel coiffant à l’aloe vera.

 

7h45 : je prépare ma  salade pour ce midi. Je me résigne à l’enfermer dans une boite en plastique que je mets dans un sac hermétique. Même bio, la vinaigrette fait des dégâts.

 

7h55 : je pars. Je vais désormais travailler en vélo. Le seul souci c’est qupierre d'alun.jpge quand j’arrive je suis trempée de sueur et la pierre d’alun n’est pas un déodorant hyper efficace.

 

8h30 : je m’excuse auprès de mes collègues, et promets de trouver une solution. Du coup, j’autorise ma voisine à fumer : on sera quitte !

 

10h30 : je pause pomme du jardin, elle est pleine de vers, mais sans aucun pesticide. Je prends de petites bouchées pour être sûre de ne pas en avaler. Ma collègue part se chercher un café à la machine, elle continue de m’en proposer un. Je continue de refuser, j’attends qu’ils nous installent enfin une machine à café équitable.

 

12h10 : je pause déjeuner pas sur l’herbe. Je rejoins mes collègues dans une petite pièce aveugle. Je sors ma boite et libère enfin ma salade : tomate, concombre, mâche (pour les légumes), féta (pour le laitage), œuf dur (pour les protéines), quelques grains de riz complet (pour les féculents), le tout acheté hier matin sur le marché bio.  Je mangerai une seconde pomme véreuse au dessert. Je fais tout bien comme ils disent, je mange mes cinq fruits et légumes par jour, je bouge, je ne grignote plus, je consomme des produits sains.

 

noix_de_lavage_2423_1_web.jpgJe vais de moins en moins manger à l’extérieur, je me sens de plus en plus seule. Mes proches me disent que j’en fais un peu trop. Depuis que je lave mon linge avec des noix, on me dit qu’il faut que j’arrête. Que tout est une question de dosage ! C’est vrai que les noix font difficilement disparaître les odeurs de transpiration que la pierre d’alun ne suffit pas à estomper. D’ailleurs les gens se moquent de moi ! Je suis au milieu d’eux, ils me fixent, ils rient avec la bouche ouverte, ils me montrent du doigt, je pleure… je veux m’échapper mais je ne peux pas, ils sont autour de moi, ils me retiennent prisonnière, je hurle !

Je sursaute.

« - Hé ?! Tu as fait un cauchemar ou bien ? Tu viens de crier dans ton sommeil ?!

   - Non, non, tout va bien ! Enfin presque ! Je fais de drôle de rêves en ce moment : là, je rêvais que nous étions en 2009… t’imagines ?

   - Euh… non, je ne préfère pas. »

 

 

By Rouge pour Kaléidos-Coop

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Et parce que je ne suis pas non plus née écologique, mais que je suis en passe de le devenir: comme un écho, la voix et les images de M.Nicolas Hulot...

 

 

mardi, 06 octobre 2009

Mary & Max

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P.S.: Savais-tu que les tortues respirent par l'anus?

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