dimanche, 22 novembre 2009
J'ai enfin visité son purgatoire!...
Samedi après-midi. L'automne a laissé sa place à une douceur printanière. Le centre-ville est animé.
Tu es en direction de ta librairie préférée. Entendre par là, une librairie indépendante, un lieu où l'on ne se contente pas de vendre des livres mais aussi où on les lit. Il y en a partout, des livres. Les rayonnages débordent. Des piles s'accumulent dans tous les recoins.
Quand tu gravis les trois marches, tu sais déjà où t'attendent les tiens. Juste en entrant à droite, derrière la caisse. Une petite étiquette bleue avec ton nom dessus. Mais tu n'auras pas à le préciser. A peine étais-tu entrée, qu'ils étaient extraits d'une des piles. Il vous fallait autre chose? Tu penses à demander Métronome mais tu apprends qu'il est en réimpression. Une question de jours. Pas grave. Tu repasseras. Et ce sera toujours avec le même plaisir.
Tu règles tes achats et poursuis quelques emplettes. Tu profites de la douceur. Tu admires les fleurs mises en scène par une fleuriste de goût. Le quartier est réservé aux piétons, tu peux avancer en regardant partout sans te soucier des dangers. Une jeune femme prépare sous les yeux gourmands des enfants des barbes à papa dont l'arôme chimique parfume la rue. Tu flânes. Mais l'impatience t'a déjà gagnée. Tu avais mis plusieurs semaines (mois?) pour penser à le commander. Chaque fois, en t'éloignant tu te tapais sur le front: zut! encore oublié! quelle distraite tu fais ma fille! Mais il y a dix jours, tu avais enfin pensé à ajouter à ta commande, le recueil de nouvelles de Manu Causse. Un petit tour sur le net pour trouver l'ISBN exact et il sera là dans dix jours.
Dix jours ont passé. Et te voilà à déambuler dans le centre-ville avec ton exemplaire de Visitez le purgatoire (emplacements à louer). Il te reste des copies à corriger. Mais sauras-tu résister à la tentation de l'ouvrir en rentrant? Et puis cette douceur tellement agréable en extérieur devient très désagréable à l'intérieur. Les boutiques sont surchauffées ou bien ton manteau est trop chaud. Toujours est-il que tu regagnes ta voiture plus rapidement que prévu.
A peine rentrée, tu te prépares un thé. Tu te connectes le temps que ça infuse, ton recueil est resté à une distance raisonnable, tu n'as pas encore décidé. En passant chez Manu tu t'aperçois qu'il est dans le coin! Drôle de coïncidence. Mais il est trop tard pour aller lui claquer la bise... dommage...
Et puis le plus naturellement du monde, tu saisis ta tasse de thé, ton bouquin, et tu t'allonges dans le canapé. Juste une, le temps du thé.
En fait tu ne lâcheras le recueil qu'une partie de la soirée. Au moment d'aller te coucher, tu vérifies qu'il est bien sur ta table de nuit. Et tu poursuis ta lecture. Jusqu'à la fin.
Tu es ravie. Tu viens d'ajouter à ta liste des plaisirs de la semaine celui d'avoir découvert Manu Causse, l'écrivain. Tu as eu envie de sourire parfois, de pleurer aussi. Ou de hurler!
La Chasse à l'homme est sans nul doute, la nouvelle qui t'aura la plus bouleversée...
Chapeau bas M'sieur Manu!
09:49 Ecrit par Rouge dans Cabinet de lecture | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : manu causse, lecture, nouvelles, coup de coeur
lundi, 24 août 2009
Hallucinée

"Je m'habituai à l'hallucination simple: je voyais très franchement une mosquée à la place d'une usine, une école de tambours faite par des anges, des calèches sur les routes du ciel, un salon au fond d'un lac; les monstres, les mystères; un titre de vaudeville dressait des épouvantes devant moi.
Puis j'expliquai mes sophismes avec l'hallucination des mots!"
A.R. " Alchimie du verbe" in Une Saison en enfer
...
Lire Rimbaud "littéralement et dans tous les sens", serait donc accepter que "le sens littéral n'exclut pas la multiplicité des sens possibles. Au contraire, il l'ouvre et il la justifie."
in Dictionnaire des littératures de langue française
sous la direction de Jean-Pierre de Beaumarchais
Moi j'dis qu'avec une conclusion pareille, je suis bien avancée!
Il me reste pas d'autre choix: Quelqu'un pourrait-il me transmettre les coordonnées du dealer d'Arthur que j'en finisse enfin?!
16:21 Ecrit par Rouge dans Cabinet de lecture, Cabinet de travail, Salon de musique | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rimbaud, barbara, absinthe, lecture
vendredi, 21 août 2009
"Le Coeur en dehors" de Samuel Benchetrit
" Au début, je croyais que Rimbaud c’était une tour. Parce qu’on dit la tour Rimbaud. Et puis mon copain Yéyé m’a raconté que Rimbaud était un poète. Je voyais pas trop pourquoi on avait donné le nom d’un poète à ma tour. Yéyé a dit que c’était parce qu’il était connu et mort depuis longtemps. Je lui ai demandé s’il était mort après avoir vu la tour. Yéyé a dit que non, il était mort vraiment avant. J’ai dit que valait mieux pour lui, parce que la tour est sacrément moche et qu’il aurait eu drôlement les boules d’avoir son nom sur un truc pareil. Yéyé a dit que lui aimerait bien qu’on donne son nom à des machins. Je lui ai dit que je trouvais débile d’habiter tour Yéyé. Il m’a dit d’aller me faire foutre et que mon nom c’était pas mieux.
Je m’appelle Charly.
— Tour Charly ça fait encore plus con que tour Yéyé.
J’étais d’accord mais je lui ai quand même dit d’aller se faire foutre.
On a continué à parler comme ça, parce qu’il y a un paquet de poètes qui ont des choses à leur nom dans le quartier. Tour Verlaine. Cité Hugo. Centre d’activité Guillaume-Apollinaire. Et tous ces machins sont plus moches les uns que les autres. Mais les poètes sont morts avant de le savoir, alors ça va. […]
J’aime bien les poèmes. J’en ai lu quelques uns de Charles Baudelaire. Et même quand je comprends pas, je trouve ça beau. J’ai l’impression que c’est pas très important de comprendre vraiment. Ces hommes-là sont différents. C’est comme de pas comprendre nos rêves. Personne nous en veut pour ça. […] "
Extrait de Le Coeur en dehors
de Samuel Benchetrit (vient de paraître chez Grasset)
N.B. : L'intégralité du chapitre 1 est ici! ( et il y a le début du chapitre 2 en prime!)
N.B. 2: Une fois n'est pas coutume, c'est grâce à une pub (d'une célèbre enseigne rouge) reçue dans ma boîte mail que je viens de le découvrir: ils viennent de marquer un point en me signalant ce coup de coeur! Bien vu les gars!
N.B.3: Aux mauvaises langues qui se demanderaient (trop justement) si je bosse vraiment, je répondrais ceci: OUI! Mais entre Voltaire et Rimbaud qui s'érige devant moi telle une ithyphallique tour imprenable, p*** j'en c***!
N.B.4: Rien. J'y retourne... " Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. [...] " (Rideau)
18:49 Ecrit par Rouge dans Cabinet de lecture | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture, rimbaud
mardi, 18 août 2009
Reviendue!
Trois jours que je suis rentrée et je commence tout juste à écrire de nouveau dans ma tête... d'ici peu les graines semées la nuit devraient commencer à germer... à suivre donc!
Trois jours que le rythme des journées est battu par le roulement du tambour du lave-linge... Il faudrait inventer le concept des
babages prêts à porter avec du linge jetable dedans! Bien sûr ce ne serait pas très écologiquement correct mais faut voir... du linge en papier recyclé, ça pourrait devenir très tendance!...
Trois jours que je rôde autour de mon bureau, que je prends la peine de m'asseoir, de me connecter, de feuilleter mes notes, de tapoter sur le clavier, comme ça, juste pour voir... pour retrouver les sensations éprouvées lorsque j'étudiais sérieusement
il y a un peu plus de deux semaines, sensations évanouies au fil de mes lectures (une mention spéciale pour le sublime Tess D'Uberville de Thomas Hardy et pour le délicieux Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patatates), sensations évanouies mais remplacées par d'autres, comme celles prodiguées par la baignade en eaux de piscine extérieure... le chlore ne s'y sent pas, et le soleil chauffe la peau... la brûle même... pas réussi à échapper aux coups de soleil mais fait mes réserves de vitamine D pour l'hiver... pas si mal! Et puis comme j'avais épuisé toutes mes lectures (lu aussi les excellentes Tribulations d'un précaire de Iain Levison)
, j'ai découvert le plaisir inavouable de... finir une grille de mots fléchés!!!... Et si!
Trois jours que je me prépare psychologiquement à m'y remettre sérieusement, je médite à chaque occasion, notamment quand j'arrose (trop?) soigneusement les fleurs du jardin, mais je crois bien que je ne vais plus pouvoir me mentir à moi-même encore longtemps... La dernière ligne droite est toute tracée... il me reste moins de deux semaines pour tout donner...
Alors c'est juré, demain je m'y remets!
11:45 Ecrit par Rouge dans Cabinet de lecture | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture, écriture, coups de coeur, iain levison
mercredi, 15 juillet 2009
En bref ou presque!
J'aurais voulu écrire plein de choses, mais je renonce officiellement à le faire dans les détails... Alors en quelques mots souverains qui m'aideront à me souvenir quand je serai si vieille que la mémoire me fera défaut...
Le retour en Terre promise fut salvateur en dépit des températures qui m'obligèrent à "légumer" en compagnie de Fred Vargas (ô le douloureux supplice!) , dont je viens de finir l'excellent Sous les vents de Neptune (il me faudra le relire pour en extraire toutes ces délicieuses expressions québéquoises), après m'être langoureusement égarée Dans les bois éternels (oui je sais, je les ai lus pas dans l'ordre!).
Et puis un mot, très bref (d'où le titre de cette note!ou presque!), sur cette satisfaction, à rebours, d'être allée au-delà de ce dont je me croyais capable , à savoir, gravir les sentiers escarpés du massif de Belledonne, découvir la linaigrette dont j'ignorais l'existence même, et atteindre son refuge de la Pierre du Carre (ils méritent un coup de pub!) ) l'accueil chaleureux, ses toilettes sèches et sa gastronomie issue de produits montés à dos d'ânes... Exit de ma mémoire, les averses et autre brouillard qui s'accroche aux crêtes... A l'heure d'aujourd'hui n'en reste que le doux souvenir d'un moment hors du temps... Un vrai luxe, par les temps qui courent...
A peine redescendue de ma montagne (pas à cheval!), prendre un virage à 360° (oui je sais! pas logique! mais c'est pour le jeu de mots!) et prendre le plus beau bain de foule de ma vie d'audieuse: U2 au Stade de France, comment dire?... ça déchire!!! Et quand près de 100000 personnes chantent en choeur, c'est juste magique (et tant pis si je dégouline de sensiblerie, j'assume ça aussi!!!), et du coup, d'une bien autre manière, on redécolle en quittant le plancher des vaches (tarines, cela va de soi!)!
Et depuis, je suis rentrée...
Et je bosse...
J'apprends de nouveaux mots...
Je vais lire et étudier des auteurs morts,
J'ai même découvert que je serai cette année "agrégative"!
Le mot est un peu fort,
mais comme je ne suis pas prête de modifier le suffixe,
j'me la pète avec le radical!!!
Du coup, quand je ne suis pas là, silencieuse et lointaine, c'est que je suis en train de souffrir sur toute cette somme de connaissances qu'il me faudra acquérir en un temps record... J'abandonne partiellement le clavier pour un bon vieux stylo, des jolies pages douces et doubles couvertes de lignes bleu transparent (ça s'appelle des copies, je sais!), avec des trous perforés à gauche... et cette fois j'écris en bleu et en noir... ça change du rouge! Je n'ai pas la moindre idée de quand je posterai une nouvelle note, mais parfois je m'octroie ce plaisir délicieux de passer chez vous, juste voir s'il y a de la lumière, à pas feutrés, comme la Josette de Fred Vargas (néanmoins je suis pieds nus sous mon bureau!), et si j'ai un peu plus de temps, je prendrai même le temps de vous lire, et peut-être même (comble du luxe!) de vous laisser un message...!!!
Un regret (et oui! pourtant pas dans ma nature!): l'image de kaléidos-coop est d'enfer et je ne suis pas sûre d'être dans une tournure d'esprit apte à écrire en ce moment...
J'avais 10 ans sur les crêtes, 17 au concert de U2, cet été, et jusqu'à l'hiver, j'en aurai 26, ce sera ma seule consolation!!!
Bien à vous,
Lili Rouge.
17:55 Ecrit par Rouge dans Cabinet de curiosités, Cabinet de lecture, Cabinet de travail, Cabinet particulier | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, musique, u2, vacances, fred vargas
mercredi, 27 mai 2009
A défaut...
Si je n'écris pas, et même si je déteste ça (ne pas écrire), je trouve le temps de lire... je dévore même... à me demander si finalement le manque de temps pour l'écriture n'est pas là, dans ce temps consacré à me nourrir des mots des autres... on en revient à ces questions de priorités... et en y réfléchissant il est un fait que je n'écris pas non plus "mentalement" en ce moment... rien... il ne se passe rien... autrement dit, j'ai comme qui dirait l'encéphalogramme d'une huître...
Toujours est-il que quand je lis, c'est comme quand j'écris, j'ai besoin de partager après... d'où l'objet de ce post...
Je ne m'étendrai pas sur les deux romans de Véronique Ovaldé (publiée dans la pourtant jolie collection Babel) dont le style ne me plaît pas... Je m'étais naïvement laissée séduire par les premières de couverture au salon du livre, et les titres aussi sûrement, et puis les 4ème de couv' aussi (il faut bien l'avouer), mais définitivement je n'aime pas son style étrange...


Donc passons vite à ce qui m'a plu:
***
Iain Levison, Un petit Boulot

Absolument génial!
Je ne vous en dis pas plus, puisque vous allez le lire!
Il me tarde vraiment de lire d'autres romans de cet auteur américain... (Ash si tu repasses par là, lis-le!)
***
Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez

Le dernier de Jean Teulé (je suis fan depuis son Rainbow pour Rimbaud publié en 1991... ) qui ne démérite pas après son Montespan ou autre Villon ou encore son excellent Magasin des suicides... Bref... ça se lit trop vite et en même temps on y repense des jours après puisqu'il aborde le pourquoi du comment c'est possible qu'un village tout entier se mette à se boulotter un jeune mec sympa du village voisin...
***
Fred Vargas, L'Homme aux cercles bleus
(lecture en cours)

L'avantage quand on découvre un auteur après tout le monde, c'est que lorsqu'on aime ce qu'il (elle) fait, on a l'embarras du choix! Dans celui-ci une mention spéciale pour Mathilde, son aveugle beau et les évocations de "petite chérie" par Adamsberg... "si Camille bougeait quelque part sur la terre, alors tout allait bien. Mais si Camille était morte ici ou là dans le monde, alors la vie s'étranglait. Alors ça ne valait peut-être plus autant le coup de s'agiter le matin et de courir le jour, [...]"
Quand je serai grande, je voudrais créer des personnages aussi beaux!...
Voilà où j'en suis... je n'écris pas mais je lis...
Après dans le vrac (car ce sera selon l'humeur ) il y aura Et si l'homme devait mourir... de Jean-marie Fonrouge (outsider), Une Education libertine de Jean-Baptiste Del Amo (depuis le temps qu'on en entend parler), Requiem pour l'Est d'Andréï Makine ( une lacune à combler), Korsakov d'Eric Fottorino (qui m'avait traumatisé avec son Rouge baiser), Ma grand-mère avait les mêmes de Philippe Delerm (sans qui ce blog se nommerait autrement!), Je te retrouverai de John Irving (l'une de mes oeuvres préférées est son Monde selon Garp), Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov (autre lacune à combler) et puis les autres dont j'ignore encore l'existence... et puis les nouvelles de Manu Causse quand je me prendrai par la main pour le commander.... puis il y aura surtout les auteurs morts qui seront au programme (lien de cause à effet?!) si je retente l'aventure...
22:02 Ecrit par Rouge dans Cabinet de lecture | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, lecture, romans, vargas, teulé, levison
mercredi, 18 février 2009
Une petite soif?
14:34 Ecrit par Rouge dans Cabinet de lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : s. meyer, saga, vampire
lundi, 14 avril 2008
Comme par hasard...
Tombée par hasard sur ce paragraphe aujourd'hui... Pourquoi sur celui-ci? ... Pourquoi aujourd'hui? Pour paraphraser Balzac... Tout a déjà été écrit... ou presque...
" Cela faisait longtemps de ça maintenant , huit ans et trente-sept jours, et l'image de Marie, de dos, longeant posément le couloir en tailleur vert , ouvrant la porte et la claquant derrière elle, s'était cramponnée à son crâne pendant deux longues années et six mille cinq cent bières. "
Pars vite et reviens tard de Fred Vargas ( "J'ai lu" p. 81)
17:40 Ecrit par Rouge dans Cabinet de lecture, En l'an 8 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fred vargas, lecture, écriture

















