dimanche, 22 novembre 2009

J'ai enfin visité son purgatoire!...

manu causse.jpg

Samedi après-midi. L'automne a laissé sa place à une douceur printanière. Le centre-ville est animé.

Tu es en direction de ta librairie préférée. Entendre par là, une librairie indépendante, un lieu où l'on ne se contente pas de vendre des livres mais aussi où on les lit. Il y en a partout, des livres. Les rayonnages débordent. Des piles s'accumulent dans tous les recoins.

Quand tu gravis les trois marches, tu sais déjà où t'attendent les tiens. Juste en entrant à droite, derrière la caisse. Une petite étiquette bleue avec ton nom dessus. Mais tu n'auras pas à le préciser. A peine étais-tu entrée, qu'ils étaient extraits d'une des piles. Il vous fallait autre chose? Tu penses à demander Métronome mais tu apprends qu'il est en réimpression. Une question de jours. Pas grave. Tu repasseras. Et ce sera toujours avec le même plaisir.

Tu règles tes achats et poursuis quelques emplettes. Tu profites de la douceur. Tu admires les fleurs mises en scène par une fleuriste de goût. Le quartier est réservé aux piétons, tu peux avancer en regardant partout sans te soucier des dangers. Une jeune femme prépare sous les yeux gourmands des enfants des barbes à papa dont l'arôme chimique parfume la rue. Tu flânes. Mais l'impatience t'a déjà gagnée. Tu avais mis plusieurs semaines (mois?) pour penser à le commander. Chaque fois, en t'éloignant tu te tapais sur le front: zut! encore oublié! quelle distraite tu fais ma fille! Mais il y a dix jours, tu avais enfin pensé à ajouter à ta commande, le recueil de nouvelles de Manu Causse. Un petit tour sur le net pour trouver l'ISBN exact et il sera là dans dix jours.

Dix jours ont passé. Et te voilà à déambuler dans le centre-ville avec ton exemplaire de Visitez le purgatoire (emplacements à louer). Il te reste des copies à corriger. Mais sauras-tu résister à la tentation de l'ouvrir en rentrant? Et puis cette douceur tellement agréable en extérieur devient très désagréable à l'intérieur. Les boutiques sont surchauffées ou bien ton manteau est trop chaud. Toujours est-il que tu regagnes ta voiture plus rapidement que prévu.

A peine rentrée, tu te prépares un thé. Tu te connectes le temps que ça infuse, ton recueil est resté à une distance raisonnable, tu n'as pas encore décidé. En passant chez Manu tu t'aperçois qu'il est dans le coin! Drôle de coïncidence. Mais il est trop tard pour aller lui claquer la bise... dommage...

Et puis le plus naturellement du monde, tu saisis ta tasse de thé, ton bouquin, et tu t'allonges dans le canapé. Juste une, le temps du thé.

En fait tu ne lâcheras le recueil qu'une partie de la soirée. Au moment d'aller te coucher, tu vérifies qu'il est bien sur ta table de nuit. Et tu poursuis ta lecture. Jusqu'à la fin.

Tu es ravie. Tu viens d'ajouter à ta liste des plaisirs de la semaine celui d'avoir découvert Manu Causse, l'écrivain. Tu as eu envie de sourire parfois, de pleurer aussi. Ou de hurler!

La Chasse à l'homme est sans nul doute, la nouvelle qui t'aura la plus bouleversée...

Chapeau bas M'sieur Manu! 

 

 

dimanche, 08 novembre 2009

Facile à dire!

Consulter-le-sommaire_imageWidth80.jpgIls me disent tous la même chose: prends de la hauteur ma fille! Travaille ton lâcher-prise! (Comme si c'était un planté de bâton!) Même le magazine Psychologies que je ne lis jamais sauf ce mois-ci : je fus, dans un moment de faiblesse, gagnée par l'envie de passer un week-end à légumer! (après 10 jours de vacances, faut bien ça pour se remettre!)

En fait sur la 1ère de couv j'ai été interpellée par ce titre "Que faire de nos émotions" et le test qui va avec "Qu'est-ce qui vous met en colère?". Alors naïvement je me suis dit que c'était une bonne occasion, ludique de surcroit, pour  trouver le début de certaines réponses...

J'ai fait le test. Je l'ai fait une première fois mentalement et comme c'était trop compliqué pour moi d'additionner des ronds, des triangles et des losanges ( voui! 10 jours de vacances que j'ai eu juste avant!) j'ai recommencé avec un crayon! Verdict: je ne suis pas en colère contre moi-même (ça aurait pu!) ni même contre les autres (le suspense est à son comble!), je suis en colère contre le monde et la société! Oui m'sieur dame! Rien que ça! Et comme ça ne suffit pas, on m'explique que plein de choses m'"énervent" (ça, je crois que mon entourage proche le sait déjà!) et me "révoltent" (ils savent ça aussi!!!): "la violence envers les faibles, l'injustice (oui! ça je confirme! je suis une vraie môme quand il s'agit de réagir devant une injustice!) et la bêtise sous toutes ses formes".... Ok... jusque là, je suis d'accord, mais qui ne le serait pas?!

Je poursuis et tombe sur ces cinq mots: "Est-ce de l'idéalisme?" Tiens eux aussi ont déniché en moi ce côté Emma Bovary... C'est suspect... Je continue malgré tout, avide de conseils avisés... C'est bien de constater, mais comment agir? Que me préconisent-ils donc?! "Vous voyez la colère comme un outil pour changer le monde." Hum... "Cette colère peut être saine, mais à condition de canaliser très vite son énorme énergie en action pour que le monde change- et non en vociférations internes ou externes." (Les miennes sont plutôt externes!)

"Que faire? (Alléluia! Nous y sommes!) Il faut de tout pour faire un monde! (hum...) Essayez d'accepter la "psychodiversité" chez les êtres humains (comprendre: les cons, les menteurs, les tricheurs, les fouteurs de gueule en tous genres en somme?!) comme vous acceptez la biodiversité dans la nature (je préfère quand même les abeilles aux cons!). Car accepter, ce n'est ni approuver ni se résigner: c'est se préparer à mieux agir, sans débordements ni gesticulations inutiles. En réinvestissant de la colère en motivation et en engagement." Voilà. C'est tout. Je deviens juste intolérante, voire acariâtre, mais ce n'est pas plus grave que ça! Non je ne me résigne pas, je poursuis donc la réflexion...  

Que dois-je donc comprendre?... Réinvestir la colère en engagement et en motivation???!!! Cela signifie-t-il que je dois fonder une association contre le foutage de gueule?! (Avis aux intéressés!!!) Mais moi si je ne gueule pas justement, si je me tais, je meurs, je m'éteins, gueuler pour moi est tout simplement une question d'équilibre... Bien sûr que si je gueule tout le temps personne ne m'écoute plus! Mais si ça me fait du bien à moi?! La question serait donc plus: comment je fais pour gueuler efficace?! (peut-être prendre un chapeau de fée pour amplifier la voix???!!!)

En tout cas, parce que quand même je ne suis pas un monstre ( merci de confirmer!), pour ne pas gueuler je recours à une thérapie efficace (à court terme en tout cas!) je lis... Je lis... je lis... et... je lis...

Et là je viens de finir le dernier Delerm qui me laisse un sentiment si confus que j'attends de prendre un peu de hauteur (hahaha!!!) pour vous en parler! Toujours est-il que du coup j'ai envie de lire le Bartleby d'Herman Melville dont le héros semble être un adepte de la résistance passive avec son "I would rather not", qui se traduit soit par "je préfèrerais pas " ou "j'aimerais mieux pas" (les traducteurs ne sont pas tous d'accord!), leitmotiv auquel celui qui a Quelque chose en lui de Bartleby fait référence...

Du coup, j'ai aussi découvert l'existence de la chick lit... mais ça j'en parlerai une fois que j'en aurai lu!

mercredi, 23 septembre 2009

Un Prophète

                                 Il eprophète.jpgst toujours difficile de parler avec justesse d'un film que l'on a aimé... et pour paraphraser Balzac, comment ne pas écrire ce qui a déjà été écrit à son sujet?

Un Prophète c'est 2h35 d'images balancées à la vitesse de la lumière d'un réalisme qui fait oublier au spectateur qu'il voit un film, que c'est pour de faux, que hors plan il y a plein de monde qui s'agite comme cette maquilleuse avec son pinceau...

Un Prophète c'est l'itinéraire de n'importe quel mec qui n'a pas eu de chance mais qui malgré tout veut vivre et non survivre dans cette "jungle" pénitentiaire...

C'est étrange comme la prison me poursuit en ce moment... Il y avait ce texte de Michel Tournier  qui propose une drôle d'écho à cet article publié par le Courrier international, écho qui pousse le lecteur à réfléchir à la relation étroite qu'entretiennent la prison et la lecture (support d'une éducation inachevée? je n'ai pas fini de me livrer à cette réflexion...), et puis il y avait eu cet été The Reader et son personnage, Hanna, qui se moque bien de faire de la prison (et peut-être des raisons qui l'y ont conduite?!)  puisqu'elle parviendra enfin à y apprendre à lire, toute seule...

 Et puis il y a eu hier soir Un Prophète... Malik et son fantôme qui lui insuffle l'urgence d'apprendre à lire "pour sortir [ de la prison] moins con que quand on y est entré" , Malik qui découvre la conjugaison et le  passé simple " - Nous mangeâmes?! ça se dit ça?! - Oui! mais je ne l'ai jamais entendu! c'est un truc de ouf!"...

Malik qui apprend à vivre dans ce monde carcéral plein d'embûches, où la hiérarchie n'est pas celle que l'on croit... Et qui m'a rappelé ce personnage de Iain Levison, Jake Skowran, prêt à accepter n'importe quel Petit Boulot pour s'en sortir...   y compris celui que lui propose Ken Gardocki : tuer sa femme...

Quand, à la une des journaux, il est question de démantèlement d'une "jungle" quelque part du côté de Calais, je me dis naïvement que la "jungle" n'est pas ce que l'on croit et qu'elle semble s'être répandue un peu partout... là où il y va juste d'une question de survie...

 

dimanche, 06 septembre 2009

Telle est prise qui croyait prendre...

eastpak.jpgUne connexion internet retrouvée après l'avoir perdue une fois de plus (je déteste les nouvelles technologies qu'on se le dise! enfin surtout l'addiction qu'elle développe en moi!!!) ,

Une rentrée échelonnée plus tard (mardi que les profs, mercredi les grands, jeudi les petits, et vendredi tous en même temps! Tous ensemble! Tous ensemble! Hé! Hé!... Une sorte de répétition générale avant d'attaquer "pour de vrai" demain! ),

Les réunions parents/profs qui se profilent déjà, celles qui consistent surtout à montrer votre tête pour les rassurer ou bien au contraire les entendre dire, juste à travers leur regard:  "Mon Dieu! Mais à qui confions-nous nos enfants???!!! (A ce propos: note pour moi-même: oublier de mettre mes kicker's ces jours-là... ils passent plus de temps à vous donner un âge qu'à vous écouter énumérer vos exigences  lire un passage de Comme un roman de Pennac... hahahaha!!!)

Rien ne saurait vraiment distinguer cette rentrée plutôt que les précédentes...

Au détail près, peut-être, de tous ces nouveaux visages, que vous vous êtes efforcée à détendre, voire faire sourire... comble du bonheur et  véritable encouragement pour la suite! (merci!...)

De toute façon, désormais votre réputation vous précède (le prix à payer de ce qu'on appelle l'expérience?!), vous découvrez derrière des noms déjà connus, des prénoms puis des visages, des regards qui vous rappellent un(e) tel(le) que vous aviez l'an dernier (parfois bien avant!)... Vous vous demandez aussi comment dans la famille Bidulle, ils vont gérer le fait que Madame Rouge enseigne dans la classe du petit ET de la grande (ou vice-versa!)... surtout que l'année dernière, Mademoiselle Bidulle a déjà passé l'année avec Madame Rouge!!!  Alors, si Madame Rouge a les oreilles qui sifflent, elle saura d'où ça vient!!!

Et puis Madame Rouge attaque fort cette année... Lorsqu'elle a déclaré vendredi "Vous prendrez votre agenda pour lundi..." Déjà ça sentait le roussi!... Aussi quand elle a donné la consigne... on s'est tous retrouvés perplexes... Bienvenue en Troisième les gars!

Mais c'était sans compter sur l'une d'entre nous... une discrète qui était attentive mais ne laissait rien transparaître de ses ressentis, ni sourire, ni même regard hostile... juste ce regard qui dit "je t'observe, je t'écoute, j'apprends à te connaître juste à travers ces quelques petites minutes qui nous sont offertes aujourd'hui"... un regard franc et honnête... patient... et cette petite voix à quelques petites secondes de la fin du cours: "Vous le ferez aussi Madame?"

...

"- Euh!... Ce n'était pas prévu mais si tu me le demandes, oui, je peux le faire! 

- Alors je vous le demande!

- Très bien, c'est noté demoiselle! Je le ferai aussi mais je ne passerai pas en premier!"

Sourires de satisfaction et/ou premiers pas vers une relation de confiance... seule la suite nous le dira...

Finalement, cette rentrée 2009 sera elle aussi marquée de sa pierre blanche...

lundi, 24 août 2009

Hallucinée

absinthe.jpg

"Je m'habituai à l'hallucination simple: je voyais très franchement une mosquée à la place d'une usine, une école de tambours faite par des anges, des calèches sur les routes du ciel, un salon au fond d'un lac; les monstres, les mystères; un titre de vaudeville dressait des épouvantes devant moi.

Puis j'expliquai mes sophismes avec l'hallucination des mots!"

A.R. " Alchimie du verbe" in Une Saison en enfer

...

Lire Rimbaud "littéralement et dans tous les sens", serait donc accepter que "le sens littéral n'exclut pas la multiplicité des sens possibles. Au contraire, il l'ouvre et il la justifie."

in Dictionnaire des littératures de langue française

sous la direction de Jean-Pierre de Beaumarchais

Moi j'dis qu'avec une conclusion pareille,  je suis bien avancée!

Il me reste pas d'autre choix: Quelqu'un pourrait-il me transmettre les coordonnées du dealer d'Arthur que j'en finisse enfin?!

 

samedi, 22 août 2009

Je est une autre

Je est une autre. Souvent quand  je regarde ces photos de moi qui date de quand j’étais petite, je me demande ce qu’il reste de l’enfant que j’étais. Facile, me répondra qui me connaît, il te reste tes joues ! Et puis tes yeux, ton regard, ils n’ont pas vraiment changé. Et pourtant je ne peux pas regarder cette petite fille sans mesurer la distance parcourue. Bien sûr qu’elle n’est pas devenue une étrangère, je suis tout de même animée par ce sentiment de l’avoir toujours connue !, mais j’ai beaucoup de mal à me convaincre que je fus ce « moi » là.

Ce sentiment, je le ressens aussi quand je regarde seulement quelques années en arrière. J’identifie certaines constantes essentiellement liées à mes traits de caractère (bien trempé pourrais-je ajouter ?!) mais c’est comme des tranches de vie juxtaposées dans lesquelles j’aurais joué un premier rôle chaque fois différent. Je serais donc chaque fois un peu la même et chaque fois un peu différente… N’est-ce pas cela que nous nommons l’évolution ? Comme ce terme est moche, on a l’impression que je parle de l’évolution de l’espèce, mais en quelque sorte oui, puisqu’il s’agit de mon espèce à (de ?) moi…  

Quand j’étais petite on m’aurait répondu que je grandissais tout simplement mais aujourd’hui comment le dire ? Bien sûr, passé un certain âge, âge auquel nous cessons de grandir d’un point de vue morphologique, nous disons « vieillir »…Or dans notre société ce verbe revêt soit une connotation péjorative, mise en exergue dans cette oxymore ridicule « vieillir jeune » qui traduit une véritable régression sociétale, soit une connotation méliorative, évoquant l’accès à la sagesse tant convoitée…Mais quand je me regarde dans la glace, si je me dis que j’ai vieilli , c’est que je focalise sur l’image que je renvoie, et notamment sur les ridules qui marquent mon front (et ce ne sont pour la plupart que des rides d’expression, puisque j’ai toujours mes joues de petite fille !). Et là je mesure de nouveau la distance entre ce que je suis en dehors de moi et que j’expose au regard d’autrui et ce que je suis au- dedans. Et je me perds sur le chemin parcouru sur ces dizaines d’années (presque quatre en tout !) et je me demande, mais qui suis-je vraiment? Suis-je cellenerval.gif d’aujourd’hui tout en étant celle d’hier ou bien suis-je déjà celle de demain ? Et là, je flirte gentiment avec la schizophrénie à un stade déjà avancé ! Pourtant j’ai beau faire, je ne renie rien de ce que je fus ou ai été, mais je ne suis pas toujours sûre de bien me (re)connaître… "Je suis l'autre" inscrivit Nerval sous son portrait...

 

Aussi lorsque j’entendis le 13 juillet dernier une interview de Marie-Christine Barrault sur RTL, pour la chronique « Parlez-moi d’amour », animée par Alain Duhault, je me dis enfin que je devais être simplement « quelqu’un comme elle »…

« Pour moi, dit-elle, l’amour,  c’est une seule chose dans la vie d’un être humain, enfin en tout cas pour quelqu’un comme moi, c’est un seul mouvement : c’est un peu comme une symphonie ou une sonate, il y a différents mouvements et c’est la même musique qui continue. Et  là où on s’arrête avec un mouvement, c’est là qu’on reprend le mouvement suivant […]. »  Et la vie c’est un peu ça aussi non ?  « une même musique qui continue » à laquelle chaque jour apporterait sa propre note, son propre rythme : des blanches pour les journées qui n’en finissent pas, des demi-croches pour les journées trop remplies… Et puis évidemment il y aurait la gamme qui se jouerait selon les sentiments éprouvés, en clé d’ut pour ma part s’il -vous-plait…   Mais tendons l’oreille, elle poursuit : «  C’est ce qui fait aussi ma fidélité à tous les gens que j’ai aimés. C’est-à-dire que je ne peux pas les oublier ou les faire disparaitre de ma vie ou même de ma mémoire simplement puisque, de toute façon, c’est eux qui m’ont menée là où le suivant m’a pris par la main. Donc il est très très important que je puisse tisser cette toile qui m’a menée jusqu’à aujourd’hui […].  » Serait-ce là la réponse ? Serais-je enfin l’essence même de cette toile tissée par les rencontres que j’ai faites, par les souvenirs que j’ai gardés en mémoire, ou pas, par les sourires que je revois les yeux fermés, par ces phrases que j’ai retenues, par ces promesses (non) tenues… cette toile qui se tisserait subrepticement sur mon visage… ?

 Et là je m’interroge de nouveau…  Comment nommerait-on cet art divinatoire qui consisterait à lire les lignes de nos visages ? La Ridomancie ?!  

 

NB : Pour entendre l’intégrale de la chronique : ici 

vendredi, 21 août 2009

"Le Coeur en dehors" de Samuel Benchetrit

benshetrit.jpg" Au début, je croyais que Rimbaud c’était une tour. Parce qu’on dit la tour Rimbaud. Et puis mon copain Yéyé m’a raconté que Rimbaud était un poète. Je voyais pas trop pourquoi on avait donné le nom d’un poète à ma tour. Yéyé a dit que c’était parce qu’il était connu et mort depuis longtemps. Je lui ai demandé s’il était mort après avoir vu la tour. Yéyé a dit que non, il était mort vraiment avant. J’ai dit que valait mieux pour lui, parce que la tour est sacrément moche et qu’il aurait eu drôlement les boules d’avoir son nom sur un truc pareil. Yéyé a dit que lui aimerait bien qu’on donne son nom à des machins. Je lui ai dit que je trouvais débile d’habiter tour Yéyé. Il m’a dit d’aller me faire foutre et que mon nom c’était pas mieux.

 

Je m’appelle Charly.

— Tour Charly ça fait encore plus con que tour Yéyé.

J’étais d’accord mais je lui ai quand même dit d’aller se faire foutre.

On a continué à parler comme ça, parce qu’il y a un paquet de poètes qui ont des choses à leur nom dans le quartier. Tour Verlaine. Cité Hugo. Centre d’activité Guillaume-Apollinaire. Et tous ces machins sont plus moches les uns que les autres. Mais les poètes sont morts avant de le savoir, alors ça va. […]

J’aime bien les poèmes. J’en ai lu quelques uns de Charles Baudelaire. Et même quand je comprends pas, je trouve ça beau. J’ai l’impression que c’est pas très important de comprendre vraiment. Ces hommes-là sont différents. C’est comme de pas comprendre nos rêves. Personne nous en veut pour ça. […] "

 

Extrait de Le Coeur en dehors

de Samuel Benchetrit (vient de paraître chez Grasset)

 

 

 

N.B. : L'intégralité du chapitre 1 est ici! ( et il y a le début du chapitre 2 en prime!)

N.B. 2: Une fois n'est pas coutume, c'est grâce à une pub (d'une célèbre enseigne rouge) reçue dans ma boîte mail que je viens de le découvrir: ils viennent de marquer un point en me signalant ce coup de coeur!  Bien vu les gars!

N.B.3: Aux mauvaises langues qui se demanderaient (trop justement) si je bosse vraiment, je répondrais ceci: OUI! Mais entre Voltaire et Rimbaud qui s'érige devant moi telle une ithyphallique tour imprenable, p*** j'en c***!

N.B.4: Rien. J'y retourne... " Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. [...] "  (Rideau)

 

mardi, 18 août 2009

Reviendue!

Trois jours que je suis rentrée et je commence tout juste à écrire de nouveau dans ma tête... d'ici peu les graines semées la nuit devraient commencer à germer... à suivre donc!

Trois jours que le rythme des journées est battu par le roulement du tambour du lave-linge... Il faudrait inventer le concept destess.jpg babages prêts à porter avec du linge jetable dedans! Bien sûr ce ne serait pas très écologiquement correct mais faut voir... du linge en papier recyclé, ça pourrait devenir très tendance!...

Trois jours que je rôde autour de mon bureau, que je prends la peine de m'asseoir, de me connecter, de feuilleter mes notes, de tapoter sur le clavier, comme ça, juste pour voir... pour retrouver les sensations éprouvées lorsque j'étudiais sérieusementcercle litt.jpg il y a un peu plus de deux semaines, sensations évanouies au fil de mes lectures (une mention spéciale pour le sublime Tess D'Uberville de Thomas Hardy et pour le délicieux Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patatates), sensations évanouies mais remplacées par d'autres, comme celles prodiguées par la baignade en eaux de piscine extérieure... le chlore ne s'y sent pas, et le soleil chauffe la peau... la brûle même... pas réussi à échapper aux coups de soleil mais fait mes réserves de vitamine D pour l'hiver... pas si mal! Et puis comme j'avais épuisé toutes mes lectures (lu aussi les excellentes Tribulations d'un précaire de Iain Levison)précaire.jpg, j'ai découvert le plaisir inavouable de... finir une grille de mots fléchés!!!... Et si!

Trois jours que je me prépare psychologiquement à m'y remettre sérieusement, je médite à chaque occasion, notamment quand j'arrose (trop?) soigneusement les fleurs du jardin, mais je crois bien que je ne vais plus pouvoir me mentir à moi-même encore longtemps... La dernière ligne droite est toute tracée... il me reste moins de deux semaines pour tout donner...

Alors c'est juré, demain je m'y remets!

mercredi, 27 mai 2009

A défaut...

Si je n'écris pas, et même si je déteste ça (ne pas écrire), je trouve le temps de lire... je dévore même... à me demander si finalement le manque de temps pour l'écriture n'est pas là, dans ce temps consacré à me nourrir des mots des autres... on en revient à ces questions de priorités... et en y réfléchissant il est un fait que je n'écris pas non plus "mentalement" en ce moment... rien... il ne se passe rien... autrement dit, j'ai comme qui dirait l'encéphalogramme d'une huître...

Toujours est-il que quand je lis, c'est comme quand j'écris, j'ai besoin de partager après... d'où l'objet de ce post...

Je ne m'étendrai pas sur les deux romans de Véronique Ovaldé (publiée dans la pourtant jolie collection Babel) dont le style ne me plaît pas... Je m'étais naïvement laissée séduire par les premières de couverture au salon du livre, et les titres aussi sûrement, et puis les 4ème  de couv' aussi (il faut bien l'avouer), mais définitivement je n'aime pas son style étrange...

Donc passons vite à ce qui m'a plu:

***

Iain Levison, Un petit Boulot

 

Absolument génial!

 Je ne vous en dis pas plus, puisque vous allez le lire!  

Il me tarde vraiment de lire d'autres romans de cet auteur américain... (Ash si tu repasses par là, lis-le!)

 

***

Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez

Le dernier de Jean Teulé (je suis fan depuis son Rainbow pour Rimbaud publié en 1991... ) qui ne démérite pas après son Montespan ou autre Villon ou encore son excellent Magasin des suicides... Bref... ça se lit trop vite et en même temps on y repense des jours après puisqu'il aborde le pourquoi du comment c'est possible qu'un village tout entier se mette à se boulotter un jeune mec sympa du village voisin...

***

Fred Vargas, L'Homme aux cercles bleus

(lecture en cours)

L'avantage quand on découvre un auteur après tout le monde, c'est que lorsqu'on aime ce qu'il (elle) fait, on a l'embarras du choix! Dans celui-ci une mention spéciale pour Mathilde, son aveugle beau et les évocations de "petite chérie" par Adamsberg... "si Camille bougeait quelque part sur la terre, alors tout allait bien. Mais si Camille était morte ici ou là dans le monde, alors la vie s'étranglait. Alors ça ne valait peut-être plus autant le coup de s'agiter le matin et de courir le jour, [...]"

Quand je serai grande, je voudrais créer des personnages aussi beaux!...

Voilà où j'en suis... je n'écris pas mais je lis...

Après dans le vrac (car ce sera selon l'humeur ) il y aura Et si l'homme devait mourir... de Jean-marie Fonrouge (outsider), Une Education libertine de Jean-Baptiste Del Amo (depuis le temps qu'on en entend parler), Requiem pour l'Est d'Andréï Makine ( une lacune à combler), Korsakov d'Eric Fottorino (qui m'avait traumatisé avec son Rouge baiser), Ma grand-mère avait les mêmes  de Philippe Delerm (sans qui ce blog se nommerait autrement!), Je te retrouverai de John Irving (l'une de mes oeuvres préférées est son Monde selon Garp), Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov (autre lacune à combler) et puis les autres dont j'ignore encore l'existence... et puis les nouvelles de Manu Causse quand je me prendrai par la main pour le commander....  puis il y aura surtout les auteurs morts qui seront au programme (lien de cause à effet?!) si je retente l'aventure...

 

lundi, 14 avril 2008

Comme par hasard...

                   1000733125.jpg               

Tombée par hasard sur ce paragraphe aujourd'hui... Pourquoi sur celui-ci? ... Pourquoi aujourd'hui? Pour paraphraser Balzac... Tout a déjà  été écrit... ou presque...

 " Cela faisait longtemps de ça maintenant , huit ans et trente-sept jours, et l'image de Marie, de dos, longeant posément le couloir en tailleur vert , ouvrant la porte et la claquant derrière elle, s'était cramponnée à son crâne pendant deux longues années et six mille cinq cent bières. "

Pars vite et reviens tard de Fred Vargas ( "J'ai lu" p. 81)