dimanche, 18 octobre 2009

Coup de coeur du soir

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Affronter une connexion capricieuse qui n'a de cesse de me faire perdre patience: depuis deux jours, fermer toutes les fenêtres de rage en attendant un "plus tard" meilleur qui tarde à s'annoncer... Râler derrière l'écran, faire frétiller la souris dans tous les sens comme si cette agitation pouvait agir sur cette lenteur exaspérante...

Se souvenir, avec bienveillance,  que je suis une littéraire: rien de rationnel ne commande jamais mes actes qui deviennent des plus insensés... Je ronge mon frein, clique sur le lien, pars vite et reviens le plus tard possible.

Et là de deux choses l'une: la fenêtre est enfin ouverte (ô bénédiction divine!) , et je tente de surfer sur la vague internautique, ou bien un message d'erreur s'affiche (ô malédiction divine!), et je jure alors par tous les diables...

Et puis cette accalmie (dont je profite à l'instant!): tenter le tout pour le tout et partager en direct cette découverte du soir... Vous expliquer comment je suis arrivée à elle n'apporterait rien de plus (je vous parlerais à nouveau de Rimbaud puisqu'elle a publié un album (Le Rimbaud) qui illustre certains de ses poèmes: j'avais prévenu, ça n'intéresse personne!sauf toi peut-être et accessoirement moi, c'est vrai... )

Je n'ai pas retrouvé le dessin que je cherchais mais j'ai découvert son site (http://www.chloepoizat.com/) (forcément la fonction du lien hypertexte ne veut pas fonctionner!) et elle s'appelle du doux nom de Chloé Poizat... !!!

ps: si j'arrive à publier cette note, je vais de ce pas allumer un cierge!!!

  

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mercredi, 14 octobre 2009

Question du jour: Rimbaud était-il un slameur?!

Poème à lire à voix haute avant de répondre à cette question!

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Le coeur volé

Mon triste coeur bave à la poupe,
Mon coeur couvert de caporal :
Ils y lancent des jets de soupe,
Mon triste coeur bave à la poupe :
Sous les quolibets de la troupe
Qui pousse un rire général,
Mon triste coeur bave à la poupe,
Mon coeur couvert de caporal !

Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs quolibets l'ont dépravé !
Au gouvernail on voit des fresques
Ithyphalliques et pioupiesques.
Ô flots abracadabrantesques,
Prenez mon coeur, qu'il soit lavé !
Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs quolibets l'ont dépravé !

Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô coeur volé ?
Ce seront des hoquets bachiques
Quand ils auront tari leurs chiques :
J'aurai des sursauts stomachiques,
Moi, si mon coeur est ravalé :
Quand ils auront tari leurs chiques
Comment agir, ô coeur volé ?

Arthur Rimbaud.

mardi, 25 août 2009

L'étoile a pleuré rose

 

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 *

"L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles,

L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins,

La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles,

Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain. "

Arthur Rimbaud.  

 

lundi, 24 août 2009

Hallucinée

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"Je m'habituai à l'hallucination simple: je voyais très franchement une mosquée à la place d'une usine, une école de tambours faite par des anges, des calèches sur les routes du ciel, un salon au fond d'un lac; les monstres, les mystères; un titre de vaudeville dressait des épouvantes devant moi.

Puis j'expliquai mes sophismes avec l'hallucination des mots!"

A.R. " Alchimie du verbe" in Une Saison en enfer

...

Lire Rimbaud "littéralement et dans tous les sens", serait donc accepter que "le sens littéral n'exclut pas la multiplicité des sens possibles. Au contraire, il l'ouvre et il la justifie."

in Dictionnaire des littératures de langue française

sous la direction de Jean-Pierre de Beaumarchais

Moi j'dis qu'avec une conclusion pareille,  je suis bien avancée!

Il me reste pas d'autre choix: Quelqu'un pourrait-il me transmettre les coordonnées du dealer d'Arthur que j'en finisse enfin?!

 

samedi, 22 août 2009

Je est une autre

Je est une autre. Souvent quand  je regarde ces photos de moi qui date de quand j’étais petite, je me demande ce qu’il reste de l’enfant que j’étais. Facile, me répondra qui me connaît, il te reste tes joues ! Et puis tes yeux, ton regard, ils n’ont pas vraiment changé. Et pourtant je ne peux pas regarder cette petite fille sans mesurer la distance parcourue. Bien sûr qu’elle n’est pas devenue une étrangère, je suis tout de même animée par ce sentiment de l’avoir toujours connue !, mais j’ai beaucoup de mal à me convaincre que je fus ce « moi » là.

Ce sentiment, je le ressens aussi quand je regarde seulement quelques années en arrière. J’identifie certaines constantes essentiellement liées à mes traits de caractère (bien trempé pourrais-je ajouter ?!) mais c’est comme des tranches de vie juxtaposées dans lesquelles j’aurais joué un premier rôle chaque fois différent. Je serais donc chaque fois un peu la même et chaque fois un peu différente… N’est-ce pas cela que nous nommons l’évolution ? Comme ce terme est moche, on a l’impression que je parle de l’évolution de l’espèce, mais en quelque sorte oui, puisqu’il s’agit de mon espèce à (de ?) moi…  

Quand j’étais petite on m’aurait répondu que je grandissais tout simplement mais aujourd’hui comment le dire ? Bien sûr, passé un certain âge, âge auquel nous cessons de grandir d’un point de vue morphologique, nous disons « vieillir »…Or dans notre société ce verbe revêt soit une connotation péjorative, mise en exergue dans cette oxymore ridicule « vieillir jeune » qui traduit une véritable régression sociétale, soit une connotation méliorative, évoquant l’accès à la sagesse tant convoitée…Mais quand je me regarde dans la glace, si je me dis que j’ai vieilli , c’est que je focalise sur l’image que je renvoie, et notamment sur les ridules qui marquent mon front (et ce ne sont pour la plupart que des rides d’expression, puisque j’ai toujours mes joues de petite fille !). Et là je mesure de nouveau la distance entre ce que je suis en dehors de moi et que j’expose au regard d’autrui et ce que je suis au- dedans. Et je me perds sur le chemin parcouru sur ces dizaines d’années (presque quatre en tout !) et je me demande, mais qui suis-je vraiment? Suis-je cellenerval.gif d’aujourd’hui tout en étant celle d’hier ou bien suis-je déjà celle de demain ? Et là, je flirte gentiment avec la schizophrénie à un stade déjà avancé ! Pourtant j’ai beau faire, je ne renie rien de ce que je fus ou ai été, mais je ne suis pas toujours sûre de bien me (re)connaître… "Je suis l'autre" inscrivit Nerval sous son portrait...

 

Aussi lorsque j’entendis le 13 juillet dernier une interview de Marie-Christine Barrault sur RTL, pour la chronique « Parlez-moi d’amour », animée par Alain Duhault, je me dis enfin que je devais être simplement « quelqu’un comme elle »…

« Pour moi, dit-elle, l’amour,  c’est une seule chose dans la vie d’un être humain, enfin en tout cas pour quelqu’un comme moi, c’est un seul mouvement : c’est un peu comme une symphonie ou une sonate, il y a différents mouvements et c’est la même musique qui continue. Et  là où on s’arrête avec un mouvement, c’est là qu’on reprend le mouvement suivant […]. »  Et la vie c’est un peu ça aussi non ?  « une même musique qui continue » à laquelle chaque jour apporterait sa propre note, son propre rythme : des blanches pour les journées qui n’en finissent pas, des demi-croches pour les journées trop remplies… Et puis évidemment il y aurait la gamme qui se jouerait selon les sentiments éprouvés, en clé d’ut pour ma part s’il -vous-plait…   Mais tendons l’oreille, elle poursuit : «  C’est ce qui fait aussi ma fidélité à tous les gens que j’ai aimés. C’est-à-dire que je ne peux pas les oublier ou les faire disparaitre de ma vie ou même de ma mémoire simplement puisque, de toute façon, c’est eux qui m’ont menée là où le suivant m’a pris par la main. Donc il est très très important que je puisse tisser cette toile qui m’a menée jusqu’à aujourd’hui […].  » Serait-ce là la réponse ? Serais-je enfin l’essence même de cette toile tissée par les rencontres que j’ai faites, par les souvenirs que j’ai gardés en mémoire, ou pas, par les sourires que je revois les yeux fermés, par ces phrases que j’ai retenues, par ces promesses (non) tenues… cette toile qui se tisserait subrepticement sur mon visage… ?

 Et là je m’interroge de nouveau…  Comment nommerait-on cet art divinatoire qui consisterait à lire les lignes de nos visages ? La Ridomancie ?!  

 

NB : Pour entendre l’intégrale de la chronique : ici 

vendredi, 21 août 2009

"Le Coeur en dehors" de Samuel Benchetrit

benshetrit.jpg" Au début, je croyais que Rimbaud c’était une tour. Parce qu’on dit la tour Rimbaud. Et puis mon copain Yéyé m’a raconté que Rimbaud était un poète. Je voyais pas trop pourquoi on avait donné le nom d’un poète à ma tour. Yéyé a dit que c’était parce qu’il était connu et mort depuis longtemps. Je lui ai demandé s’il était mort après avoir vu la tour. Yéyé a dit que non, il était mort vraiment avant. J’ai dit que valait mieux pour lui, parce que la tour est sacrément moche et qu’il aurait eu drôlement les boules d’avoir son nom sur un truc pareil. Yéyé a dit que lui aimerait bien qu’on donne son nom à des machins. Je lui ai dit que je trouvais débile d’habiter tour Yéyé. Il m’a dit d’aller me faire foutre et que mon nom c’était pas mieux.

 

Je m’appelle Charly.

— Tour Charly ça fait encore plus con que tour Yéyé.

J’étais d’accord mais je lui ai quand même dit d’aller se faire foutre.

On a continué à parler comme ça, parce qu’il y a un paquet de poètes qui ont des choses à leur nom dans le quartier. Tour Verlaine. Cité Hugo. Centre d’activité Guillaume-Apollinaire. Et tous ces machins sont plus moches les uns que les autres. Mais les poètes sont morts avant de le savoir, alors ça va. […]

J’aime bien les poèmes. J’en ai lu quelques uns de Charles Baudelaire. Et même quand je comprends pas, je trouve ça beau. J’ai l’impression que c’est pas très important de comprendre vraiment. Ces hommes-là sont différents. C’est comme de pas comprendre nos rêves. Personne nous en veut pour ça. […] "

 

Extrait de Le Coeur en dehors

de Samuel Benchetrit (vient de paraître chez Grasset)

 

 

 

N.B. : L'intégralité du chapitre 1 est ici! ( et il y a le début du chapitre 2 en prime!)

N.B. 2: Une fois n'est pas coutume, c'est grâce à une pub (d'une célèbre enseigne rouge) reçue dans ma boîte mail que je viens de le découvrir: ils viennent de marquer un point en me signalant ce coup de coeur!  Bien vu les gars!

N.B.3: Aux mauvaises langues qui se demanderaient (trop justement) si je bosse vraiment, je répondrais ceci: OUI! Mais entre Voltaire et Rimbaud qui s'érige devant moi telle une ithyphallique tour imprenable, p*** j'en c***!

N.B.4: Rien. J'y retourne... " Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. [...] "  (Rideau)